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Atlanta - 2x9 : North of the Border

Résumé

Alfred et sa bande d’amis se déplacent à l’occasion d’un concert dans une université. Mais les décisions managériales d’Earn finissent par les mettre dans une position délicate.

2x9 : North of the Border © FX - 2018

Attention : vous devez avoir vu l’épisode avant de lire cette critique.

Cinq épisodes que l’on avait plus vu notre bande d’amis au complet. Pour son neuvième épisode, cette saison deux reprend donc le cours normal des choses en revenant à son intrigue principale : la carrière d’Alfred alias Paper Boi. Cette semaine, direction le nord de l’état de Géorgie pour un concert dans une grande université. Et comme d’habitude avec nos quatre compères, la virée a de grandes chances de mal finir.

Et les choses vont réellement mal tourner. Grâce à plusieurs moments clés, North of the Border va judicieusement faire monter la pression jusqu’à un point de non-retour. Pour expliquer cette tension, il ne faut pas regarder plus loin que la semaine dernière. Après l’éprouvant rite initiatique Woods, Alfred vit dans une certaine paranoïa en pleine « Robbin’ Season » qui ne lui a fait aucun cadeau jusqu’ici. Si ses blessures physiques s’estompent, il reste mentalement à cran et porte désormais une arme à feu.

Et ce n’est pas le management de sa carrière par son cousin Earn qui va lui redonner le sourire. À plusieurs reprises cette saison, des personnages tiers ont remis en question la qualité du travail d’Earn. Après le grand changement qui s’est imposé chez Alfred, son cousin est bel et bien sur la sellette. Et une chose est sûre, le jeune homme ne fait rien pour améliorer son cas. Pire, il va même enchaîner les mauvaises décisions en s’illustrant dans un parfait exemple de contre-emploi tout au long de l’épisode.

Bien que dubitatif, Alfred accepte le plan galère qu’Earn vend comme le contrat de l’année : un concert non-rémunéré dans une université avec à la clé, peut-être, une entrée pour un événement plus conséquent l’année d’après et un chèque à cinq chiffres. Ah oui, la bande devra faire l’impasse sur l’hôtel et se résigner à loger chez une fan hardcore de Paper Boi. Pour ne rien arranger, le squatteur Tracy (Khris Davis) réussit à s’incruster et complète la bande comme agent de sécurité en herbe. Grâce à son humour, ce dernier permet de désamorcer les échanges tendus entre les deux cousins, provoquant le désespoir d’Earn. Juste après, l’épisode conclut son premier acte avec une scène toute aussi embarrassante que drôle : Alfred réalise que son hôte Violet, un poil envahissante, est une vraie tarée !

Elle en fera d’ailleurs la démonstration avec la mise en scène d’un scandale qui mettra le feu aux poudres. Peu partageuse, elle se venge d’Alfred qui discute avec d’autres filles et lui renverse une boisson depuis l’étage. Ni une, ni deux, Tracy qui prend son rôle de bodyguard trop à cœur intervient et met un violent terme à l’invective de Violet : il la pousse du haut des escaliers. Pour sauver la situation, Earn parvient à rattraper la jeune femme de justesse. Une peine perdue puisque la bande d’amis finit rapidement par se faire encercler par les amis la folle admiratrice. Alors que les deux groupes se font face, tous vêtus de pyjamas qui jurent avec l’énervement ambiant, Earn appelle à la non-violence entre Noirs. Un appel aussitôt suivi d’une rapide et brutale agression de Tracy qui laisse juste assez de temps pour la bande de se sauver dans le campus. North of the Border vient de faire monter la tension d’un cran, enlisant davantage Earn qui perd définitivement le contrôle de la situation.

La course prend rapidement un ton humoristique appréciable rappelant les buddy movies (« films de potes »). Cette soirée n’est pas prête d’être finie puisque dans leur fuite, nos quatre héros tombent sur la maison d’une fraternité. Atlanta en profite pour de nouveau mettre en scène un environnement inédit inattendu : la bande finit sur un canapé surplombé d’un immense drapeau confédéré tandis que des bizuts nus et ligotés sont esclaves des étudiants seniors. Ironiquement, nos héros poursuivis par leurs frères Noirs trouvent refuge chez de jeunes Blancs amateurs d’armes à feu et partisans d’une frange ultra-raciste de la société américaine.

L'épisode trouve un prétexte pour se débarrasser momentanément de Darius et Tracy afin de laisser les deux cousins seuls. Sur leurs gardes et après un des moments plus gênants de la série (la scène de la danse des bizuts, ndr), ils finissent par briser la tension ambiante en partageant un rire nerveux. Alfred profite du fait qu’ils soient seuls pour crever l’abcès avec Earn et lui annonce son renvoi au profit du manager de Clark County. Quand bien même Alfred a toujours privilégié la famille, le travail de son cousin est insuffisant pour faire décoller sa carrière. À l’origine de cette soirée catastrophique, Earn tente de se défendre tant bien que mal en faisant porter le chapeau à Tracy. Aux côtés de son cousin bouche bée, Alfred assène le coup de grâce en invoquant le « marche ou crève », celui là même qu’il a subit la semaine dernière. Le manager déchu vient ici de se subir une nouvelle déconvenue et perd son unique boulot en plus d’avoir abandonné Van et sa vie sentimentale. Ce second acte haut en couleurs se conclut ainsi sur cette note grave.

La fraîcheur du matin fait oublier la mésaventure de la veille. Running gag oblige, la série met en scène ses personnages –toujours affublés de leurs pyjamas colorés- en galère après une soirée mouvementée. Mais surprise, Violet a soigneusement saccagé leur véhicule ainsi que toutes leurs affaires. C’en est trop pour Earn qui, après son humiliation de la veille, entend bien reprendre les choses en main. Dans un excès de colère, il tente en vain de défoncer la porte de Violet pour récupérer son ordinateur. Les quatre jeunes hommes finissent par reprendre la route non sans une certaine haine coincée en travers de la gorge. Seul Tracy semble voir le bon côté des choses et allège la situation en se moquant de l’attitude désespérée d’Earn.

Sur la demande pressante de ce dernier, les deux hommes en viennent aux mains sur le bord de la route. Sans surprise, Earn se fait rétamer par Tracy. Si North of the Border distille régulièrement l’humour piquant et amer d’Atlanta, il instaure une certaine violence inédite dans les relations entre nos héros. Il y a quelque chose de touchant chez Earn qui tente par tous les moyens de sortir de sa spirale infernale qui l’ensevelit petit à petit. Dans une ambiance pesante, le groupe reprend la route comme si de rien était. Atlanta marque ici le début d’une probable séparation alors que la fin de saison se profile.

Membre de l’équipe d’écriture depuis les débuts de la série, Jamal Olori signe un premier scénario qui donne la part belle aux échanges entre les personnages. Earn et Alfred bénéficient d’une caractérisation soignée, soulignée par la prestation de leurs interprètes respectifs. A l’aube de la conclusion de cette seconde saison, Atlanta récolte déjà ce qu’elle a semé des derniers épisodes, entre frustrations rageantes et sacrifices obligatoires pour survivre à un quotidien qui ne fait pas de fleurs. Bien qu’il n’ait rien d’exceptionnel sur la forme malgré sa narration habilement construite, North of the Border reste néanmoins nécessaire sur le fond.

7/10

Bilan

Atlanta retrouve son rythme de croisière pour instaurer une nouvelle direction à son intrigue principale.

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