Critique Fear The Walking Dead - 4x3 : Good Out Here - Series Addict



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Seriesaddict.fr  par | 3

Fear The Walking Dead - 4x3 : Good Out Here

Résumé

Assiégés par les Vautours, les gens du Diamant doivent s’aventurer au delà de leur zone pour trouver des vivres.

4x3 : Good Out Here © AMC - 2018

Attention : vous devez également avoir vu l’épisode avant de lire cette critique.

Pour cette nouvelle saison, le choix a été fait d’appuyer la narration sur deux temporalités différentes : Après un season premiere introduisant les événements dans le présent, on avait droit à des explications sur le passé récent des Clark et compagnie la semaine dernière. Pour ce troisième épisode, les deux temporalités s’entremêlent pour évoquer principalement l’état d’esprit de Nick.

Le tout début de saison dépeignait le jeune homme comme instable et profondément marqué par la catastrophe du barrage de Tijuana. La menace des Vautours sur le cocon sécuritaire du Diamant le place dos au mur : face à l’inéluctable, il accepte un run de la dernière chance pour espérer trouver des vivres en compagnie de sa mère. Une peine perdue face à la longueur d’avance des Vautours. Dans une ville voisine, Nick passe sa haine sur Ennis (Evan GambleHap and Leonard), bras droit et frère du nemesis Mel. Dans l’affrontement tendu, on note que le jeune homme n’hésite pas à user de la violence tandis que sa mère prône une entente cordiale. Des comportements diamétralement opposés à ceux que les personnages avaient à la fin de la saison dernière. Ils restent inexpliqués pour l’instant, Fear the Walking Dead laissant le voile sur la suite directe de la fin de sa troisième saison.

Flotte tout de même, dans cette atmosphère tendue de paix relative, un parfum de mauvais pressentiment. Madison et Nick partagent une rare complicité qui interroge de part sa poésie presque macabre. Absente de la timeline du présent, on imagine rapidement que la mère de famille ne s’en est pas sortie. Dans le passé, elle partage des moments simples très poétiques sublimés par la photographie à la colorimétrie soignée du jeune réalisateur Dan Liu.

Une fin tragique qui expliquerai la soif de revanche de Nick dans le présent. Après une mutinerie d’Althea, notre bande de héros est victime d’un accident de la route avec le blindé du SWAT. Tandis qu’une bonne partie du groupe part à la recherche d’une solution de dépannage, Nick reste sous la garde de Morgan. Faire se rencontrer ces deux personnages est la vraie bonne idée de cet épisode. Morgan qui avait quitté la Virginie en quête de paix intérieure fait face à ses propres démons personnifiés par Nick. Après autant de souffrance, il tente tant bien que mal de raisonner le jeune homme. Ce dernier est pris d’un accès de rage quand il aperçoit la voiture du leader des Vautours dans le secteur. Un peu plus loin, il y trouve Mel qu’il affronte de nouveau malgré l’intervention de Morgan. À l’issue d’une lutte incertaine, Ennis finit par succomber empalé sur une tige en fer. La caméra s’attarde sur le visage de Nick torturant sa victime et jubilant de ses plaintes. Il ne la lâchera qu’une fois son dernier soupir envolé.

Si figurer cette violence sanguinaire est obligatoire, Good Out Here saisit l’opportunité d’en montrer à la fois les causes et les conséquences. Et ces dernières ne sont pas négligeables pour Nick dont l’instabilité se répercute à travers les tremblements de sa main gauche. Il finit par accepter à contrecœur le fameux livre « L’art de la Paix » de Morgan qu’il glissera dans sa poche avec son autre main elle aussi couverte du sang d’Ennis. Un peu plus tard, Nick est atteint par un coup de feu aussi brutal qu’inattendu. Et son auteur l’est tout autant : la jeune Charlie qui accompagne Ennis à chaque voyage prend elle aussi sa revanche. La franchise continue ainsi son entreprise de montrer les conséquences de l’apocalypse zombie sur ces enfants à l’innocence perdue. Sur la forme, cette scène qui sert de conclusion à l’épisode est une réussite : la mise en scène est pertinente, tout comme la musique et les choix de cadrage. Frank Dillane offre une prestation profonde notable tandis que Alycia Debnam-Carey est d’une justesse poignante dans l’interprétation de la douleur de son personnage.

Voilà où menait donc cette ambiance pesante ressentie tout au long de l’épisode qui constitue un tour d’honneur tout aussi dramatique que poétique pour le personnage de Nick. Présent dès les débuts de la série, on aurait aimé une réelle conclusion au long traitement du personnage pendant trois ans. On apprécie néanmoins l’audace de Fear de ne pas passer par quatre chemins quand il s’agit de prendre une décision aussi lourde comme ce fut le cas avec la mort de Travis. On en saura tout de même davantage sur les derniers mois de Nick puisque les prochains épisodes – peut-être la première partie de saison entière – continueront d’aborder le passé récent des protagonistes au Diamant.

Tout n’est malheureusement pas parfait pour Good Out Here qui pêche ici et là sans sérieusement impacter sa qualité globale. Je pense notamment à l’action légère du dépannage du blindé qui gâche de précieuses secondes. Je réitère ma position sur le personnage d’Althea (Maggie Grace), maillon faible de ce début de saison. Sa mission de journaliste qui avait de quoi intriguer est devenu un boulet intempestif dans l’action. Ce le sera tant que l’on n’en saura pas plus sur le but de ces interviews. J’émets également un doute sur la viabilité d’une narration sur deux temporalités à long-terme. Si elle est maîtrisée cette semaine, elle ne pourra visiblement pas le rester éternellement. Tuer un personnage emblématique est un pari risqué qui peut payer s’il est exploité et suivit d’effets. Espérons néanmoins que la série ne grille pas toutes ses cartes dès le départ et ne tire pas un trait définitif sur son passé historique au profit de sa nouvelle destinée.

Sur le papier, Shintaro Shimowasa –novice sur la série- signe un scénario profond sublimé par les choix de narration visuelle de Dan Liu. Après s’être illustré comme monteur sur un quart des épisodes de The Walking Dead, le professionnel offre ici des plans symboliques lourds de sens qui alimentent qualitativement la narration. Good Out Here restera certainement comme un des meilleurs épisodes de la série grâce à sa vision de l’intrigue moins axée sur l’action et plus sur la psychologie des personnages. L’équipe créative prouve que les grandes scènes d’action plébiscitées par le public ne sont pas nécessaires pour raconter l’histoire. Une vision ambitieuse de la franchise instaurée la saison dernière qui porte ses fruits aujourd’hui encore et creuse le fossé créatif avec la série mère. L’épisode offre à Lenny James et Frank Dillane le terrain de jeu idéal pour la rencontre entre leurs personnages. Les deux acteurs marquent l’écran avec un naturel implacable dans des prestations de haute qualité. Fear the Walking Dead poursuit un début de saison rythmé qui affiche un quasi-sans faute pour l’instant.

9/10

Bilan

Poésie, profondeur et audace font de ce troisième épisode singulier une réussite notable.

3 Commentaires

  • Toff63
    Le 10/05/2018 à 11h52

    Cet épisode a un impact émotionnel indéniablement très fort, incarné par les dernières minutes extrêmement poignantes (Frank Dillane est brillant), mais principalement dans sa seconde partie. Personnellement, j'ai eu du mal à rentrer dans l'épisode, avec une narration en allers-retours assez déconcertante et cassant le rythme, ainsi que de nombreux défauts (les négociations entre les 2 groupes sont inintéressantes et longues, le remorquage est chronophage pour rien, les répliques entre Madison et Nick sont inégales).

    Concernant Nick, j'ai bien aimé le parallèle fait avec l'ancien Morgan à propos de la folie meurtrière, l'explication selon laquelle Nick ne voulait plus sortir car il avait peur de ce que le dehors faisait de lui (et a transformé aussi Charlie), la fin tragique, la violence de Nick et surtout la symbolique poétique des belles choses (les fleurs bleues, la tactique de Madison pour gérer sa colère).
    En revanche, j'ai trouvé les passages initiaux entre Morgan et Nick assez ridicules, comme le fait que Morgan s'éloigne du camion pour s'entraîner et profère une menace risible vis-à-vis de Nick alors qu'il est incapable de marcher avec sa blessure!!!
    Enfin, si l'épisode gère bien la dualité de Nick et que l'on ressent la forte émotion de sa soeur à sa mort (après tout, les 2 ont connu des moments délicats (drogues, séparation, désaccords) pendant 3 saisons avant de se retrouver), le scénario torche un peu l'histoire entre Nick et Luciana.

    Pour finir, il faut que la série en dise plus sur Althea et ce qu'elle cache. J'aime beaucoup Maggie Grace mais son personnage peine à sortir du schéma d'introduction du premier épisode. Pourtant, la Tourbière (que l'on peut lire sur certaines cassettes) a le potentiel pour être un lieu riche en explications.

    Un épisode à la volonté très louable sur Nick et particulièrement touchant à la fin, mais souffrant aussi de défauts narratifs et scénaristiques. 6.5/10

  • SukaiChan
    Le 17/05/2018 à 13h51

    Je me suis pris une claque...
    Si il est évident pour moi que Madison ne s'en est malheureusement pas sortie... je ne pensais pas voir Nick disparaître du show avant plusieurs saisons. Le parallèle de Nick qui meurt et celui où il est allongé en paix dans un champ de fleurs est particulièrement beau et réussi.

    Merci Yazid pour ta critique et surtout pour parler du côté réalisation, de la photographie des épisodes... C'est toujours intéressant et instructif !

  • Lexaa
    Le 12/06/2018 à 20h26

    Merci Yazid !

    J'ai pleuré comme une madeleine donc je pense que c'était un bon épisode...
    Après le piège de ce FTW 2.0 est que sur la longueur le spectateur soit déçu par certaines explications ou que celles-ci arrivent trop tard

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Note de la série :
7.5/10