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Fear The Walking Dead - 4x5 : Laura

Résumé

Le quotidien paisible du survivant solitaire John Dorie se voit perturbé par l’arrivée inopinée d’une autre survivante.

4x5 : Laura © AMC - 2018

Attention : vous devez avoir vu l’épisode avant de lire cette critique.

À l’instar d’Another Day in the Diamond, ce cinquième épisode situe son action presque exclusivement dans le passé. Sobrement intitulé Laura, sa mission est simple : étayer la caractérisation des nouveaux personnages qui évoluent aux côtés d’un casting historique qui comptent déjà trois saisons de développement.

Les cinq premières minutes mettent en scène le quotidien paisible d’un John Dorie (Garret Dillahunt) seul au monde. Sa petite maison difficile d’accès au bord de la rivière semble être figée dans le temps. Comme suspendu, le cours des choses s’écoule tranquillement à mille lieux du chaos de l’apocalypse zombie. Mais cette dernière n’est jamais loin et ses quelques rôdeurs échoués viennent rappeler à John Dorie la réalité du monde qui l’entoure.

La narration prend le pas de ce quotidien monotone avec un rythme lent qui s’attarde sur les rares actions de ces jours qui s’enchaînement et se ressemblent tous sous le soleil plombant du Texas. Des habitudes qui se voient bafouées par un élément perturbateur qui n’est autre que Naomi (Jenna Elfman). Fear the Walking Dead dissipe ainsi le flou sur la vraie identité de la fameuse Laura désespérément recherchée par le cow-boy. Il s’agit simplement d’un surnom attribué face à son refus de révéler sa réelle identité. Blessée et tombée à l’eau, la survivante s’échoue dans un état inquiétant sur le perron de la porte de John Dorie. Les dix minutes suivantes montreront la rescapée faire petit à petit confiance à son sauveur après avoir tenté, fidèle à elle-même, de lui fausser compagnie.

Malheureusement, l’épisode s’enfonce dans un ventre mou malgré quelques scènes censées nous sortir de la torpeur de ce quotidien peu rythmé. Raté, on continue de s’impatienter et on finit par se contenter d’observer le duo se rapprocher à travers leurs activités journalières. Alors qu’il entame son dernier tiers, Laura donne un coup de fouet bienvenu à son intrigue. Tout d’abord la réparation du pont, pour éviter l’afflux de zombies-nageurs, offre des corps à corps maîtrisés.

Ensuite, la menace prend une forme intéressante à travers le prisme du personnage de Dorie. On apprend que l’as de la gâchette n’a pas toujours été à l’aise avec les armes. L’accidentelle mort par balle d’un braqueur l’a profondément marqué. Sur le pont, Naomi/Laura est forcée d’intervenir après l’avoir poussé – en vain – à tirer sur un menaçant rôdeur. Les confessions du cow-boy sont touchantes et nourrissent la psychologie du personnage mais force est de constater que le tout est expédié assez grossièrement.

Dans la nuit, une vague de rôdeurs s’échoue et attaque l’abri des survivants. Pour la grosse scène d’action de la semaine, Laura ne déçoit pas avec de nouveaux des affrontements au corps à corps à la chorégraphie efficace et maîtrisée. À noter la gestion de la lumière qui donne à cette scène de nuit l’atmosphère parfaite pour figurer la menace. Une proposition dans la lignée de la colorimétrie soignée de la timeline du passé. Le flashback se clôt sur un retour au quotidien monotone de John Dorie qui subit le départ inattendu de Laura après que les deux aient déclaré leur flamme la veille. Du déjà-vu dans la franchise qui ne cesse de mettre en scène ces décisions à contrecœur pour protéger tel ou tel proche.

Ce cinquième épisode se conclut sur un retour dans le présent où John Dorie finit de raconter cette histoire à Morgan qui a décidé de rester avec lui tandis que le reste du groupe partait faire la peau aux Vautours. L’intéressant échange entre les deux hommes fait la part belles aux questions existentielles en cette période sombre. Morgan (Lennie James) fait de nouveau office de sage. Un rôle qu’il s’est attribué en début de saison pour faire face à ces nouveaux amis à fleur de peau. Un changement de comportement très rapide décidé par la série alors que dans un passé proche, l’homme au bâton était encore victime de troubles psychologiques violents.

C’est une véritable parenthèse que propose Fear the Walking Dead cette semaine. Jusqu’ici membre de l’équipe de production, Anna Fishko (Tyrant, Colony) signe un scénario au rythme particulier presque entièrement maîtrisé. On s’ennuie quand même un peu mais c’est inévitable. Michael E. Satrazemis, déjà aux commandes de l’épisode 2, transpose correctement à l’image l’atmosphère particulière de l’intrigue. Laura est un passage obligé pour nourrir la caractérisation de ces deux personnages qui ont rejoint le casting cette année. On pardonne assez vite -non sans les regretter- les ellipses faciles pour gagner du temps. Garret Dillahunt prouve qu’il est l’homme de la situation et brille grâce à son naturel à toute épreuve. Jenna Elfman complète habilement le tableau pour une alchimie parfaite entre les deux personnages. En filigrane, l’épisode traite le thème de la solitude et ses conséquences avec soin.

En lui-même, l’épisode ne pose donc aucun problème puisque le parti pris de la narration est assumé et contrôlé. C’est quand on le met en perspective avec les autres que ça se gâte : était-il pertinent à ce moment de la saison alors que la série faisait monter la pression autour de la vengeance contre les Vautours ? Je suis tiraillé entre l’audace pas si incongrue de proposer un tel épisode maintenant et la nécessité de correctement construire l’arc principal de cette première partie de saison. En attendant, Fear the Walking Dead continue de maintenir le suspens sur plusieurs questions brûlantes à propos des évènements tragiques du Diamant et de leurs conséquences sur Madison et Laura dont le sort n’est pas clairement arrêté dans la timeline du présent.

6/10

Bilan

Parenthèse inattendue bien qu’obligatoire pour nourrir la caractérisation de deux nouveaux personnages. Si l’épisode en lui-même est correct, il vient ralentir la montée en pression opérée par la série en vue du mid-season finale.

3 Commentaires

  • Toff63
    Le 23/05/2018 à 11h23

    En effet, un épisode sous forme de parenthèse sur 2 protagonistes qui font face à la solitude avant de se rencontrer. Globalement, le scénario joue sur les symboles (le scrabble qui obsède John toute la journée comme si il s'affrontait lui-même; les chaussures offertes à Naomi qui lui servent... à fuir; John qui se remet à dormir peu de temps après l'arrivée de Laura; John qui écrit son état d'esprit chaque jour où il va à l'épicerie) et la sympathie des personnages (le dévouement de John envers l'inconnue), puis délivre 2-3 informations sur leur passé (avec un parallèle entre John et Morgan sur la question des armes et de la violence). Dommage que Naomi s'en aille au moment même où on commençait à mieux la connaître.
    Niveau rythme, c'est relativement lent et parfois ennuyeux, mais les scènes d'action font le boulot pour dynamiser tout cela.

    Par rapport à la saison dans sa globalité, la série a lancé tellement de choses dans l'épisode 1 qu'il est difficile de tout gérer. On ignore notamment tout des motivations d'Althéa.
    Concernant Madison, il me semble qu'à la fin Morgan affirme à John qu'elle est vivante, tout comme Strand, un détail pas anodin. 6.5/10

  • SukaiChan
    Le 24/05/2018 à 11h53

    Merci Yazid pour ta critique très intéressante comme toujours !
    Merci Toff63 pour ton commentaire il y a des détails que je n'avais pas forcement vu notamment le coup des chaussures !

    J'ai beaucoup apprécié cet épisode.
    Maintenant Yazid tu dois commencer à me connaitre un peu... Amour dans l'air et mon petit cœur fait boum boum... et John Dorie ! C'est mon chouchou de la saison ! Alors ça sera un joli 7/10 pour ma part !

    John Dorie survit seul et ce peut-être depuis de nombreuses années... qu'il ne compte plus étant semble-t-il hors du temps. Un peu comme le faisait le personnage de Eastman dans la série mère. Au final tout part en cacahuète quand ces solitaires rencontrent et s'attachent à une tierce personne. La moral de la série serait au final qu'il vaut mieux vivre seul en cas d'Apocalypse ?!

  • Yazid
    Le 29/05/2018 à 20h38

    Toff63 : en effet visuellement beaucoup de détails sur la solitude et le comportement de John, c'était appréciable.

    SukaiChan : je suis fan de John également (grâce à l'excellent Garret Dillahunt). Ton coeur de guimauve te perdra ^^

    Merci de me lire, c'est un plaisir de suivre la saison avec vous :)

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Note de la série :
7.6/10