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Once Upon a Time (2011) - Bilan saison 7

Bilan saison 7 © ABC - 2018

Résumé : Une dernière malédiction plonge Henry, Regina, Rumple, Crochet et d'autres êtres de la forêt enchantée dans une nouvelle ville bien éloignée des contes de fée. L'occasion de refermer les derniers chapitres de personnages en quête d’un bonheur incertain.

Attention ! Cette critique n'hésite pas à spoiler des évènements majeurs de cette dernière saison alors mieux vaut l'avoir vue pour pleinement apprécier ce qui en est dit ;)

L'idée d'une septième saison en « reboot » partiel n'était donc qu'une manière pas vraiment subtile de libérer des acteurs épris de liberté (Ginnifer Goodwin, Jennifer Morrison et bien d'autres). Cependant, ce constat passé, on ne peut que saluer le beau travail effectué par l'équipe créative pour bâtir une saison cohérente à défaut d'être essentielle. Imposant une fois pour toute la Méchante reine comme personnage principal du show, cette dernière saison de la série féérique d'ABC aura su renouer avec les réussites d'une première saison parfois torturée par des intrigues abracadabrantesques dans les saisons suivantes. En se resserrant sur un petit groupuscule de personnages, les scénarios de cette ultime saison se sont révélés aussi dynamiques qu'intéressants à suivre ! Et l'on se prend à imaginer ce qu'aurait pu être la série si elle avait eu le courage de diversifier ainsi son casting dès la deuxième saison...
Une malédiction, et tout recommence, un ressort narratif que les scénaristes n'ont eu de cesse d'exploiter pour relancer des intrigues enlisées dans des bons sentiments dégoulinants au fil de ses sept années de bons et (loyaux) services. En figure de proue, une méchante reine magnifiée par une actrice passionnante et des arcs narratifs faisant évoluer avec intelligence un personnage finalement très humain. Mise en avant par une dernière saison déterminée à lui offrir le dénouement qui lui était dû, le dernier épisode scelle avec brio sa sublime rédemption. Once Upon a Time (2011) a fait de la réinvention de nos contes d'enfance sa marque de fabrique et nous ne verrons plus jamais la méchante et jalouse reine de Blanche-Neige comme avant, c'est un fait.

La septième saison permet également de revenir sur certains contes saccagés par des narrations inconstantes dans les saisons précédentes. Par le biais d'une subtile justification narrative – les nouveaux personnages viennent d'un autre livre de contes dans lequel les histoires ne sont pas les mêmes qu'auparavant – on redécouvre l'histoire de Raiponce, devenue belle-mère de Cendrillon (on retrouve là le goût immodéré des scénaristes pour les réinventions improbables), mais également le destin macabre d'Hansel, devenu meurtrier vengeur. Même Alice retrouve un second souffle après son récit vivement critiqué dans Once Upon a Time in Wonderland. Bien que ces histoires ne soient pas si développées qu'elles pourraient l'être, elles ont amorcé un tournant plus adulte dans le show. Des décors jusqu'aux personnages plus torturés, tout est plus sombre et, indirectement, plus réaliste à Hyperion Hights cette saison (c'est un véritable plaisir de découvrir les nouveaux quotidiens de nos personnages préférés à l'image des cours de sport donnés par Zelena !)

Cette noirceur aura également permis à Rumple d'enfin obtenir le dénouement qu'on lui prévoyait tous. Une mort obtenue après des années de stratagèmes torturés et de quêtes vaines pour accéder au bonheur. Ce qui aurait pu être une vraie prise de risque lors des précédentes saisons s'est transformé en émouvante conclusion pour un personnage brillamment incarné par Robert Carlyle. Si les nouveaux personnages n'ont pas tous obtenu une véritable conclusion en fin de saison, nous avons cependant définitivement découvert le sort des plus anciens d'entre eux. Là où le season finale de la saison six laissait planer le doute sur le sort de Regina, celui de la septième saison lui offre un bonheur pérenne.

Malheureusement, cet arc narratif d'une vingtaine d'épisodes aura accusé quelques ventres mous, à l'image de la vilaine Gothel, vrai pétard mouillé en fin de saison qui n'aura pas réussi à faire planer une réelle menace sur les personnages. A ce titre, l'avant-dernier épisode de la saison, voyant s'achever le règne de terreur de la nymphe (règne qui n'a pas fait trembler grand monde) n'a fait que confirmer l'absence d'enjeu d'un personnage redouté en première partie de saison puis relégué à des plans fumeux en seconde partie. C'est d'autant plus dommage que le show n'avait eu de cesse, au fil des saisons précédentes, de puiser sa force dans les figures maléfiques de sa mythologie. Once Upon a Time (2011) est avant tout une réflexion sur la noirceur des âmes, et ses origines. Et puis nous avons pu profiter d’une vilaine ambivalente en première partie de saison, lorsque Javotte complotait contre sa mère pour fomenter une vengeance originale !
Mais n'imputons pas tous les problèmes de la saison à Gothel, contrainte qu'elle a été de faire appel à une énième malédiction pour rappeler la nature auprès d'elle. Le show n'aura jamais vraiment su se détacher d'un ressort narratif magique pour créer des menaces d'envergure : on ne compte plus les malédictions ayant pesé sur les personnages. Cependant, le plus gros problème de la saison aura été celui de choisir des interprètes parfois peu inspirés par leurs personnages. Cendrillon/Jacinda, élue au rang de personnage principal de la nouvelle intrigue, n'avait pas les épaules pour porter une intrigue pourtant charmante sur l'impossibilité de vivre avec celui qu'elle aime (d'autant plus qu'elle était incarnée par l'insipide Dania Ramirez...) Son jeu très restreint était déjà un supplice dans Devious Maids, son rôle n'était donc pas le problème...

On pourrait également regretter la première partie du series finale, qui s'attarde trop sur la conclusion hâtive des intrigues en suspens, qui fait intervenir deux Henry dans un mélange quelque peu improbable des temporalités. Même si cela nous permet de constater que Jared Gilmore a enfin appris à jouer, après six saisons à cabotiner dans la peau d'un adolescent perdu, on ne pouvait se satisfaire d'une telle débandade pour achever la série. Fort heureusement, les dix minutes refermant le show sont là pour nous émouvoir et faire revenir les principaux acteurs des intrigues. Blanche-Neige, Charmant, les sept nains, Zelena (qu'on a pu retrouver avec grand plaisir dans plusieurs épisodes de la saison, Rebecca Mader faisant partie des meilleurs atouts du show depuis son apparition dans la troisième saison), Crochet et j'en passe : ils étaient tous là pour le sacre bienveillant d'une reine désormais bonne. Les défauts paraissent nombreux, mais ils font finalement partie intégrante de la mythologie de la série : bons sentiments, interprétations en dents de scie, fonds verts trop visibles, méchant alambiqué... rien de nouveau sous le soleil du Maine mais un bel enthousiasme général qui permet de dire au revoir aux personnages suivis de longues années.

En conclusion, la découverte de cette ultime saison de Once Upon a Time (2011) fut un véritable plaisir. Même si tout n'est pas à garder (on pense notamment à certains personnages et leurs interprètes), la clôture apportée aux innombrables intrigues laissées en suspens par le season finale de la saison précédente est savoureuse. Il me tarde déjà de découvrir la prochaine création du duo Kitsis-Horowitz et surtout de retrouver Lana Parrilla sur nos écrans, quels qu'ils soient, tant son talent a magnifié le show au fil de sept années de magie et de mystères. En finir avec une série ayant rythmé sept années d'une vie n'est jamais facile, mais la dernière séquence pendue au bon vouloir d'une caméra divaguant dans les rues d'une Storybrooke apaisée était le point d'orgue parfait pour refermer le livre de contes. Adieu Storybrooke...

P.S : Cette critique aurait pu faire des pages et des pages tant la saison avait des choses à raconter, mais il faut savoir synthétiser...

7/10

Bilan

Une dernière saison ayant rappelé les meilleurs heures du show. Bien que son aboutissement n'ait rien apporté à la mythologie générale, on quitte une fiction touchante avec l'impression d'avoir vécu une dernière aventure dynamique en compagnie de personnages que l'on n'oubliera jamais.

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