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Killing Eve - Bilan saison 1

Bilan saison 1 © 2018 - BBC America

Présentation

Killing Eve est une série crée par Phoebe Waller-Bridge, qui a travaillé sur plusieurs séries anglaises comme Broadchurch. Elle s'est inspirée des romans de Luke Jennings : Villanelle (T1 et 2). On retrouve au casting Sandra Oh connue pour son rôle dans Grey’s Anatomy et Jodie Comer dont la filmographie se situe du côté de l’Angleterre avec Doctor Foster, The White Princess ou encore Thirtheen.
L’histoire est celle de deux femmes, l’une agent du MI5 et l’autre assassin professionnel. Un jeu de chat et la souris se met en place après une rencontre qui va bouleverser chacune des protagonistes.

Avant de commencer cette critique, je précise que je n’ai pas lu les romans de Jennings donc il n’y aura aucune comparaison avec la série.

Un succès logique

La première chose à dire sur cette série est qu’elle a été renouvelée avant même d’être diffusée. Ce qui en dit long sur la confiance et l’espoir placée sur les épaules des deux actrices. Cela a aussi créé une publicité importante autour de la série avant la diffusion du pilote. L’autre facteur est la mise en place du retour de Sandra Oh, actrice populaire aux USA après son rôle de Cristina Yang dans Grey’s Anatomy. La production savait déjà que la série pouvait se reposer sur une fan base importante. Ensuite je pense que le format a aussi contribué à ce futur succès : 8 épisodes de 45 minutes ! Même pour une chaîne britannique, ce choix est assez étrange. BBC America offre un schéma inédit à ma connaissance qui pouvait susciter la curiosité des spectateurs.

Un scénario et une réalisation efficace

Avec huit épisodes au compteur il fallait accrocher le téléspectateur dès la première minute et continuer sans temps mort jusqu’à la dernière scène. C’est le cas avec en conséquence des facilités scénaristiques et à la fin de la série de nombreuses questions sans réponse. L’histoire est simple, ce qui permet d’enchaîner rapidement les arcs. Ce scénario est soutenu par une réalisation dynamique souvent accompagnée d’une bande son moderne. Je pense à la scène de la boîte de nuit par exemple. On retrouve en huit épisodes trois réalisateurs différents : John East, Damon Thomas et Harry Bradbeer. J’ai surtout retenu de ces hommes, une mise en scène qui rappelle vraiment les films d’actions/espions. Il y a le coté américain avec l’éternel méchante Russie mais aussi la version british avec notamment cet humour omniprésent qui l’une des grande qualités de la série. Je citerai Phoebe Waller-Bridge car c’est elle qui a écrit le plus d’épisodes. Cet humour qui est distillé à la fois dans les dialogues, du comique de situation et même la manière dont le cast est dirigé. Il faut rire car contrairement aux premiers abords je pense que la série est assez sombre dans son thème principal. On peut s’appuyer sur le titre Killing Eve et quelques indices dissimulés pour supposer que la série peut à tout moment basculer vers le drame.

Deux performances

Pour moi il ne fait aucun doute que le succès de cette première saison repose sur la rencontre de Jodie Comer et Sandra Oh. Plus que cela, leurs personnages Eve et surtout Villanelle subliment la série. J’ai lu beaucoup de commentaires en ligne qui comparaient cette relation à celle de la série Hannibal. Je n’ai jamais regardé mais je peux comprendre le parallèle dans ses grandes lignes. Parce que la force de Killing Eve est d’assumer une relation toxique sur une grande chaîne d’écoute. Le scénario nous présente une addiction/obsession sans fioriture. Villanelle est une psychopathe. Point. Il n’y a pas d’histoire de vengeance ou de traumatisme. Ce qui est tellement rafraîchissant dans ce genre de série. Les scénaristes jouent même avec le spectateur au début de la saison en laissant entendre qu’un tragique événement a bouleversé la vie de Villanelle… mais pas du tout. Elle est le personnage que le spectateur aime détester. Un point intéressant dans son écriture est que le jeu de l’actrice pousse parfois à la sympathie voire à l’empathie. Tout comme Eve, le spectateur est entraîné dans une relation toxique à laquelle il est difficile de résister. Le personnage de Sandra Oh est aussi très ambigu et cela dès le pilote. Sa relation avec son mari par exemple qu’elle repousse mais qu’elle aime… On rajoute à cela la formidable alchimie des actrices et Killing Eve devient un phénomène.

Pour clore et parce que c’est un sujet qui me tient à cœur : la série n’échappe pas à Bury your gay avec la mort de trois personnages LGBT. Après il est vrai qu’entre le casting réduit et les quotas de la chaîne, ce sont des morts auxquelles on pouvait s’attendre.

8/10

Bilan

Un vent de fraîcheur souffle sur la télévision américaine ! Merci les anglais ! Un duo d’actrices incroyables et beaucoup d’humour. L’une des révélations de 2018.

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Killing Eve
Note de la série :
8.3/10