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Pose - 1x4 : The Fever

Résumé

Candy Abudance souhaite concourir dans la catégorie « corps » lors d'un bal, mais elle comprend que la mode est aux formes généreuses. De son côté, Elektra poursuit ses réflexions au sujet de la transition sexuelle. Enfin, Damon, Pray Tell et Ricky se retrouvent menacés par l'ombre du SIDA.

1x4 : The Fever © FX - 2018

Avec ce quatrième épisode, la scénariste Janet Mock tient à rappeler que la force de Pose ne réside pas en un seul personnage autour duquel gravitent d'autres figures stéréotypées (comme il est trop souvent le cas à l'écran) : il y a bien une ribambelle de héros du quotidien qui doivent faire face à des problèmes de société. En mettant en scène d'innombrables problématiques sociales et/ou médicales, cet épisode enfonce le clou : ce qui entrave l'accession au bonheur de l'individu, c'est le regard d'autrui et les dangers extérieurs. De la menace silencieuse qu'est le SIDA jusqu'à la dictature du physique dans une société portée sur l'apparence, les thématiques sont nombreuses. Une fois encore, le propos du show prend aux tripes et ne cesse d'émouvoir alors que les destinées de ces personnages si attachants se complexifient.

Dans le même élan que l'épisode précédent, les personnages que l'on pensait secondaires dans les deux premiers épisodes prennent de l'importance. Ainsi, Candy Abudance et ses insatisfactions physiques lui offrent un véritable temps de présence à l'écran après avoir fait de la figuration. Contrainte de se faire injecter du silicone bon marché dans le corps pour obtenir des formes et convenir aux exigences de beauté de son temps, elle met sa santé en danger. Nous ne sommes jamais loin des coups de bistouris douteux prodigués dans [[Nip/Tuck]], autre show du duo Murphy/Falchuk, alors que l'univers médical est plus présent que jamais (pour les injections, pour les changements de sexe et pour les dépistages du VIH). Pose rappelle tous les sujets de prédilection du duo : de la scène musicale découverte dans Glee jusqu'au « crime » sous-entendu de la société envers les victimes du SIDA qui sont délaissées, tout y passe. Pose est une œuvre somme qui vise juste.

Par ailleurs, la société dépeinte dans le show a beau avoir plus de trente ans, les problématiques sont actuelles. L'universalité du propos est une force évidente du script produit par Janet Mock. Aujourd'hui encore, le dépistage du VIH est d'une importance capitale : en ce sens, l'émouvant personnage de Pray Tell, déjà magnifié par l'épisode précédent, s'érige en martyr. La prévention dont parle Blanca à ses « enfants » (alors que Damon craint d'avoir contracté le virus) la rapproche du prédicateur des bals. Tous deux s'apprêtent à affronter le quotidien rendu difficile par la maladie. C'est simple, toutes les scènes qui rassemblent ces deux personnages usés par la vie et les non-dits d'une société préférant taire les dangers menaçant la communauté LGBT sont fortes en émotions. La série ne se contente donc pas d'accumuler les difficultés pour les personnages, elle se permet de critiquer explicitement les dysfonctionnements de la société (et le pouvoir actuellement en place en Amérique est loin de permettre d'aller de l'avant...)

Autre point fort de l'épisode : le personnage d'Elektra, qui se révèle d'épisode en épisode. On découvre sa relation longuement entretenue avec un homme possessif (interprété avec surprise par Christopher Meloni) qui lui refuse de s'accomplir en changeant de sexe. L'intervention d'un nouveau personnage au cours d'un bal, Miss Aphrodite (sera-t-elle développée par la suite?), permet à la reine des shows nocturnes de comprendre la prédominance de sa volonté sur celle d'autrui. La réalisation revient avec justesse sur la souffrance permanente engendrée par un corps non désiré lors d'une belle séquence intimiste. Elektra s'y dévoile sans artifices devant un miroir, alors qu'elle procède au « tucking » qui lui permet de dissimuler l'unique partie masculine qui lui empêche d'être la femme qu'elle désire. Même si le jeu de Dominique Jackson manque de subtilité lorsqu'elle interagit avec un autre acteur, sa justesse est réelle dans la solitude. Elle habite pleinement le cadre lorsque la caméra ose lui laisser l'espace nécessaire à la sincérité.

Evidemment, face à une telle abondance de sujets forts, certains personnages moins « marqués » par la violence de la société sont en retrait, à l'image de Stan Bowes (Evan Peters) qui peine à exister face à de si belles personnalités. Un rapide détour par un flash-back rappelle ses propres souffrances : lui aussi est contraint de dissimuler son attirance pour les êtres hybrides. Mais cela ne permet pas de justifier un comportement nombriliste aux côtés d'Angel, déjà tourmentée par son absence lors du réveillon de Noël dans l'épisode précédent.
En somme, un épisode émouvant – c'est apparemment le registre préféré de l'équipe créative – qui continue de percer à jour les angoisses de tous les personnages de la série. Même si quelques fausses notes dans l'interprétation ternissent un peu le merveilleux tableau offert à nos yeux, l'ensemble est aussi passionnant qu'essentiel. Et finalement, cinquante cinq minutes ne suffisent pas à nous rassasier ! Ne reste plus qu'à espérer que les audiences très modestes de ces quatre premiers épisodes n'entravent pas l'obtention d'une seconde saison...

9/10

Bilan

De sujets lourds en séquences essentielles, la dernière série du duo Murphy/Falchuk pour FX continue de briller. Un quatrième épisode riche en thématiques qui fait le choix d'élever tous les personnages au rang de personnage principal.

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