Critique Pose - 1x7 : Pink Slip - Series Addict



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Pose - 1x7 : Pink Slip

Résumé

Tandis que la maison Abundance vole en éclats et que la réussite d’Elektra s'amenuise après son opération, Blanca, de son côté, doit faire face aux mensonges de Papi. L’heure est aux conflits.

1x7 : Pink Slip © FX - 2018

Et voici venir le temps d’un épisode aux attraits pathétiques : après la célébration des corps et des envies de ses protagonistes, Pose lève le voile sur leurs échecs en confrontant leurs désirs respectifs. Un septième épisode moins porteur de messages que de fils narratifs en maturation. Les tragédies arrivent là où on ne les attend pas et les rares personnages encore en retrait obtiennent un bout de la scène dans le récit mais également à l'écran (Papi ou Lulu Abundance par exemple). Quarante-cinq minutes placées sous le signe du désespoir alors qu’une nouvelle maison entre en course pour le titre de la Maison de l’année : la Férocité !

Depuis son premier épisode, Pose n'a eu de cesse d'aborder des thématiques fortes telles que la contamination au VIH ou le rejet de certains êtres dans la société à cause de leur(s) différence(s). Ce nouvel épisode fait, quant à lui, le choix de la simplicité narrative – quitte à convoquer quelques lignes narratives stéréotypées. Rien de dommageable, mais il s'agit peut-être de l'épisode le plus faible de la série jusque-là. En se reposant seulement sur des conflits entre les personnages, la narration perd l'intensité qui la porte depuis le début. On suit donc les revers essuyés par Papi, rare personnage qui manquait de développement pour l'instant, à cause de sa vente de stupéfiants, tout comme nous découvrons les ambitions de Candy et Lulu. Décidant de prendre leur envol, elles délaissent Elektra, alors que cette dernière est également rejetée par son amant à cause de son opération. Tous ces éléments préparent le terrain d'un dernier épisode qui devrait voir s'affronter les trois maisons de cette première saison : Abundance (mais Elektra est désormais seule), Evangelista (mais les discordes au sein de la famille mettent en péril sa réussite) et Férocité (menée par Lulu et Candy).

On ne peut pas vraiment reprocher aux scénaristes de faire avancer leur histoire en restreignant la dimension sociale de leur propos (bien que la condition précaire des transexuel(le)s soit évidemment abordée en filigrane à travers les choix contraints des personnages). Elektra perd tout parce qu'elle est une femme « entière » comme elle le dit : en accédant à son bonheur, elle doit faire le deuil d'une réussite qui lui plaisait. De plus, l'épisode nous sert un bal plus déluré que d'ordinaire, célébrant l'étrangeté. L'épisode le plus banal sur le plan narratif nous offre le bal le plus original de la saison : c'est un paradoxe qui incarne à merveille l'ambivalence des bals auxquels les personnages participent. Au quotidien, ces hommes et ces femmes sont « bizarres » mais en défilant, ils ne sont que des originaux parmi tant d'autres. Le personnage d'Evan Peters ne s'y trompe pas : abasourdi par le surplus de « liberté » offert par les bals, il se détourne de ce qu'il est vraiment, quitte à abandonner celle qui l'a initié.

La force de l'épisode est plutôt à trouver du côté d'Elektra qui ressort définitivement gagnante de cette nouvelle incursion dans le New York underground des années 80. L'une des dernières séquences, qui la voit rejoindre un travail humiliant dans un peep-show, la magnifie en la rabaissant. Contrainte de s'exhiber devant des hommes (et des femmes?), elle voit ses ambitions s'effondrer alors que le montage parallèle la rapproche d'Angel, elle aussi condamnée par un amant indécis. Difficile de ne pas ressentir de la pitié en observant ces femmes éprises de liberté et de bonheur, dorénavant contraintes de vivoter dans des espaces sombres et clos. Considérée comme une antagoniste en début de saison, Elektra attire désormais la sympathie du spectateur, conscient qu'elle n'a pas toujours fait les bons choix mais qu'elle ne mérite pas les revers qu'elle essuie. Dominique Jackson était finalement le bon choix à faire pour l'incarner : surjouant dans son rôle de mère autoritaire, elle se révèle dans les cadres intimistes.

En somme, un septième épisode dynamique qui parvient à faire avancer les fils narratifs avec intelligence. Même si le propos social y est moins dense que d’habitude, l’ensemble convainc parce que le cœur continue de motiver l'équipe créative. A trop viser l'excellence, Pose peut parfois décevoir (un peu) en se contentant d'accumuler des tensions entre ses personnages. Mais c'est un épisode qui reste très bon, d'autant plus qu'il prépare le season finale avec méthode.

8/10

Bilan

Un septième épisode tragique qui se referme sur un pessimisme peu habituel pour le show. En nous habituant à l'excellence, Pose s'ouvre aux légères déceptions avec des épisodes juste très bons.

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