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Pose - 1x8 : Mother of The Year

Résumé

L’élection de la Mère de l’année approche alors que la maison Férocité menace les ambitions humanistes de la maison Evangelista. De son côté, Elektra trouve du réconfort auprès d'une alliée inattendue.

1x8 : Mother of The Year © FX - 2018

Le huitième et dernier épisode de la première saison de Pose est une parfaite conclusion après huit épisodes passionnants. Dans un ballet frénétique de corps et de résiliences, tous les personnages des intrigues déployées au fil de la saison sont présents et achèvent leurs parcours narratifs. La série aurait pu s'arrêter ici car les intrigues sont bouclées mais nous ne pouvons cacher notre plaisir de les retrouver dès l'année prochaine. Avec un scénario quelque peu conventionnel – et là est le seul défaut de l'épisode – Pose s'achève dans l'optimisme et la réussite. Encore une belle initiative du duo de showrunners Ryan Murphy et Brad Falchuk.

L'issue de l'épisode (de la saison) était balisée : en soutenant en permanence ses enfants, Blanca Evangelista s'est imposée en mère modèle au cœur des bals new-yorkais. Portée par une interprète pleine de justesse (M.J Rodriguez), ce personnage atteint définitivement ses ambitions en creusant sa relation avec Elektra Abundance. Depuis le début, la narration de la série donne de l'importance aux deux modèles de maternité incarnés par ces deux personnages mais dans ce dernier épisode, le modèle Blanca s'impose. Elektra, esseulée à la fin du précédent épisode, l'est encore dans une séquence d'ouverture déchirante au montage assassin. Les pièces de monnaie déposées par les clients dans le peep-show rythment le quotidien de l'ancienne reine des bals. L'idée est efficace et permet de reprendre là où l'épisode précédent s'était arrêté, sur la déchéance d'une reine. Reine métamorphosée par la narration, Dominique Jackson pouvant enfin prouver qu'elle a les capacités d'interpréter à merveille le rôle qui lui a été attribué sans être contrainte de stagner dans les stéréotypes de la vilaine mère.

Ce n'est donc pas l'aboutissement narratif qui compte dans Pose, mais l'émotion instillée dans cette conclusion : la relation touchante entre Blanca et Elektra, faite d'entraide, est magnifique tout comme l'ascension humaniste de la maison Evangelista. De même, le nouveau départ offert à Pray Tell, autre personnage essentiel au show, est réconfortant – malgré sa séropositivité, il va de l'avant et croit en une nouvelle relation amoureuse. Enfin, Angel s'affirme enfin face à celui qui l'aura tant fait souffrir au fil de la saison. Dans une scène intimiste, la jeune femme comprend enfin qu'elle doit s'extirper d'une relation néfaste (d'autant plus qu'elle entrevoit sa nécessité de soutenir sa famille dans les épreuves qu'il lui reste à vivre, dont la maladie de Blanca). Avec subtilité, les personnages espèrent enfin accéder à un avenir radieux.

A l'exception de la maison Férocité, salie par de multiples échecs au bal. La narration va un peu vite, après les promesses de la naissance de cette maison en fin d'épisode précédent, mais elle s'empresse de mettre un terme aux agissements brutaux de la maison en question. Candy et Lulu Ferocité suivent le modèle d'Elektra, modèle qui l'a pourtant mené à la déchéance. Construite en opposition à la bienveillance d'Evangelista, Férocité ne peut qu'imploser en pleine ascension. Malgré les horreurs proférées par Candy à Blanca avant le bal, on ne peut qu'être peinée de la voir être ridiculisée dans une catégorie non appropriée. C'est aussi la force du show de FX : nous présenter des personnages ni entièrement bons, ni entièrement mauvais. Point de manichéisme dans ce monde : la détestable Elektra se révèle être un soutien de taille dans ce dernier épisode, alors que Candy devient l'antagoniste. Finalement, l'élection de la mère de l'année est cousue de fil blanc mais elle parachève tous les enjeux de la saison.

La réalisation n'est pas en reste, avec un bal démesuré qui impose son rythme au spectateur lessivé. Les innombrables catégories se succèdent et la confrontation entre la maison Evangelista et la maison Férocité est dynamique au possible. Billy Porter en sueurs synthétise à merveille l'euphorie de ces bals historiques. Tout y est plus grand, tout y est plus impressionnant. Pose aura permis à la génération actuelle de découvrir ces bals si importants dans le quotidien des exclus de la société normée.

En somme, un dernier épisode fidèle à l'excellence de la première saison. En faisant le choix de l'émotion et de la sincérité, l'équipe créative à l'origine du show nous offre une série aux charmes attrayants. Tous les personnages ont leur importance et le propos véhiculé tout au long de la saison est à son apogée : pour bien vivre, il faut vivre ensemble et se soutenir. Une célèbre chanson française affirme que l'on ne choisit pas sa famille, les protagonistes de Pose, eux, ont décidé de choisir la leur pour mériter une vie meilleure.

9/10

Bilan

De l'émotion, de la cohérence et du dynamisme : tous les secrets d'une réussite made in Pose. Un épisode final grandiose qui permet à tous les personnages de s’affirmer. La première saison du show de FX est un must-see !

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