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American Horror Story - 8x1 : The End

Résumé

Une salve de missiles nucléaires détruit plusieurs capitales à travers le monde. À Los Angeles, plusieurs personnes tentent de fuir avant la fin programmée et rejoignent une certaine Coopérative prête à aider les plus fortunés...

8x1 : The End © FX - 2018

À grands coups de teasers et autres affiches peu inspirées (alors que le show a toujours soigné son entrée en scène), le fameux cross-over des saisons une et trois arrive enfin au beau milieu d’une intrigue apocalyptique et radioactive. Un lourd programme qui risque de sacrifier sur l’autel de l’originalité l’objectif premier de l’anthologie qui proposait par essence de se renouveler chaque année. Le décorum de cette huitième saison est nouveau (un monde irradié dans lequel survit un bunker stylisé) mais les intrigues qui s’y jouent déjà manquent d’ambition. La huitième saison enfoncera-t-elle définitivement le clou du manque d’inspiration ? Après tout, Ryan Murphy a fait part de son envie de laisser son bébé télévisuel entre les mains de quelqu’un d’autre...

Le temps d’une séquence d’ouverture dynamique les promesses sont pourtant nombreuses : les tensions politiques du monde entier mènent à la troisième guerre mondiale tant redoutée. Quelques personnages caricaturaux cherchent à s’en sortir (l'occasion pour Evan Peters de surjouer dans son rôle de coiffeur gay) tandis que le monde vit ses dernières heures civilisées. Démarrant sur les chapeaux de roue, ce season premiere sait attiser la curiosité des spectateurs impatients, celle de retrouver le panel d'acteurs du show dans la peau de nouveaux personnages. Mais c'était avant l'apparition du générique décevant (il n'a d'ailleurs pas été dévoilé pendant la promotion comme d'habitude et l'on comprend pourquoi) qui amorce l’intrigue enfermée en huis-clos. La saison prendra-t-elle vraiment le chemin d'une unité de lieu ? Cela rappellerait évidemment la deuxième saison, cloitrée dans un asile mais également la cinquième, dans un hôtel.

Malheureusement, l’ensemble commence déjà à sentir la routine au bout de quarante minutes. Les acteurs jouent ce qu’ils ont l’habitude de jouer (Leslie Grossman est déjà insupportable dans le rôle de Coco tandis que Billie Lourd est, une fois encore, reléguée au rôle de faire-valoir) et les intrigues sentent le réchauffé. Des complots au sein d’une bâtisse qui n’est pas sans rappeler celle de la troisième saison. Une histoire d'amour impossible, entre deux nouveaux arrivés dans le bunker, bien peu attachants pour l'instant. En l'état, le premier épisode de cette huitième saison manque d'émotion. Tout passe trop vite (et les ellipses abondent) ce qui empêche un quelconque attachement envers des personnages stéréotypés. Même s'il est appréciable de retrouver Sarah Paulson dans un rôle moins gémissant que le précédent, elle devra se montrer plus subtile dans l'interprétation d'une dirigeante à la main de fer pour convaincre. Il en ira de même pour Kathy Bates, une fois encore choisie pour incarner un personnage glacial. Les saisons se suivent, mais les acteurs ne peuvent réellement déployer leur palette de jeu...

American Horror Story a toujours été une série chaotique. S'éparpillant dans d'innombrables intrigues, elle a toujours été décriée pour ses sauts narratifs et autres incohérences scénaristiques. Pourtant, elle a toujours pu compter sur ses personnages fort attachants pour guérir ces carences narratives. La quatrième saison (Freakshow) est loin d'être un exemple de réussite narrative mais les personnages si bien caractérisés la rendent magnifiquement émouvante. Apocalypse, quant à elle, s'ouvre sur une palette de personnages appauvris par de lourds stéréotypes (ce qui était déjà le cas dans la saison précédente).

Par ailleurs, sur le plan thématique, la saison s’annonce également moins riche que les précédentes. Le sous-texte socio-politique si important lors de la saison dernière (les élections américaines et la terreur d’une ère Trump) est désormais réduit aux menaces radioactives des missiles nucléaires dans la séquence d’ouverture. Le clivage des costumes violets (pour symboliser la richesse) et des apparats gris (comme marque de pauvreté) au sein du bunker ne fait pas illusion longtemps : l'inspiration manque à l'appel. L'esthétique, fidèle aux cadrages déviants des saisons précédentes, manque également d'audace. Tous les poncifs de la dystopie nucléaire répondent présents : les masques à gaz pour insuffler de l'étrangeté, les plans fixes sur des paysages embrumés, etc. Evidemment, tout cela est nouveau pour le show, mais cela l'est moins dans le monde télévisuel. Les images sont léchées et les plans sont soignés, mais le grain de folie reste à déceler !

Autre erreur du show : l'insistance sur le cross-over. Désormais, les spectateurs s'attendent à retrouver les personnages appréciés dans les saisons précédentes mais ce season premiere se concentre sur les nouveaux protagonistes. C'est une très bonne idée – après tout, American Horror Story est surtout une anthologie – qui risque pourtant de rendre la promotion contre-productive. L'Apocalypse se concentrera surtout sur les nouveaux personnages, rejoint à la fin de l'épisode par le bébé du Diable, qui a bien grandi en la personne de Cody Fern. Difficile de savoir les chemins qu'emprunteront les intrigues, avec des personnages si anecdotiques. L'épisode aurait d'ailleurs probablement gagné à durer plus longtemps, en approchant les soixante minutes, pour installer avec plus de cohérence l'univers choisi. Au contraire, l'épisode préfère accumuler les scènes doucement choquantes pour justifier son titre : du repas cannibale aux meurtres brutaux.

En somme, cette première incursion dans un monde post-apocalyptique confirme le mauvais départ initié par la promotion de mauvais goût (entre les premières affiches rougeoyantes et les élucubrations violettes des dernières en date). En se reposant sur des personnages majoritairement insupportables et des intrigues décousues, la saison ne s'ouvre pas sous les meilleurs auspices. Reste à savoir si le coup sera rattrapé par les prochains épisodes où si nous assisterons à la mort déclarée d'un show autrefois si inventif. D'autant plus que le show est connu pour révéler son véritable potentiel au bout de quelques épisodes...

6/10

Bilan

Un season premiere fainéant qui offre d'intéressantes images tout en s’enlisant déjà dans des mécaniques trop bien huilées pour encore surprendre aux côtés de personnages antipathiques. Un départ en demi-teinte.

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Note de la série :
9/10