Critiques

Seriesaddict.fr  par | 0

Orange Is the New Black - Bilan saison 6

Bilan saison 6 © 2018 - Netflix

Après une cinquième saison assez critiquée par les médias mais aussi les fans, la production avait annoncé du changement pour cette année. Un retour aux sources nécessaire afin de ne pas perdre les fans. Un reset qui se base sur un nouveau lieu et de nouvelles règles. Malheureusement cette reprise se fait aussi dans la simplicité : autant dans le scénario que la réalisation, la saison manque d’ambition. Pour autant, cette volonté de retrouver une base solide permet d’apporter une stabilité avant ce qui sera peut-être la dernière saison. Le traitement des personnages reste différent pour chacun, pour autant cette saison nous propose une vue d’ensemble cohérente. Certains arcs marquent par leur intensité ou leur potentiel. D’autres délivrent un message pour rappeler que ce visage de la société américaine existe. Mais est-ce suffisant ?

Ce manque de risques dans cette saison est encore plus percutant après les événements et les choix de l’année dernière. Si la saison 5 était imparfaite, elle aussi emblématique d’une série qui a cherché à se renouveler. C’est malheureusement tout le contraire avec cette sixième saison. La production choisit une remise à niveau avec quelques exceptions ici et là. Je peux citer deux scènes marquantes au niveau de la réalisation… Deux sur treize épisodes. Bien sûr ce n’est pas pour autant que les épisodes étaient mal tournés. Au contraire, dans l’ensemble j’ai trouvé la saison agréable à regarder. Mais à part la scène du pilot avec les hallucinations de Suzanne et la scène muette du procès… Ce n’est pas la réalisation qui restera dans les mémoires.

Alors qu’en est-il du scénario ? Le défaut majeur est toujours le même : trop de personnages donc trop d’arcs scénaristiques. Cette saison est plus structurée que la précédente pour autant il y a clairement des vides que la production n’a pas réussi à cacher. Certains départs comme celui de Diane Guerrero se ressentent un peu trop souvent. Le problème est que les nouveaux personnages sont utilisés et deviennent intéressant le temps d’un ou deux épisodes. Daddy par exemple devient au fur et à mesure une plante verte alors que le scénario lui consacre un épisode avec flashback. J’ai été aussi frustrée par le choix autour de Barbara et Carol. Ces vilains avaient tellement de potentiel et apportaient un renouveau à la série. Je comprends que le grand méchant reste la prison, le contexte pur qui entoure les protagonistes. Le scénario a bien su utiliser la nouvelle maison des protagonistes. Tout semble plus étroit, ce qui permet de donner un effet cocotte minute assez intéressant. Pour autant, cette saison manque de subtilité dans le portrait de ses gardiens. Bonjour la caricature ! C’est dommage car le scénario offre aussi des histoires non seulement intéressantes mais aussi importantes.

Je pense à deux arcs en particulier, celui de Taystee et Artesian. Le spectateur a toujours pu compter sur les acteurs pour émouvoir, faire réfléchir ou simplement rire. Cette saison n’est pas une exception donc je ne reviendrai pas sur les superbes performances de chacun. L’arc de Taystee est formidable car il permet à la fois de faire évoluer les protagonistes et de mettre en avant un réalisme brutal pour choquer le spectateur. L’injustice l’emporte. Point. Sauf que le contexte autour de ce thème manque de cohérence. Par conséquent, l’impact du procès de Tasytee est purement émotionnel. Il n’a pas de véritable fond. Comme la mort de Poussey, les scénaristes cherchent à aborder un sujet de société en évitant de se mouiller. On retrouve le même schéma avec Artesian : une bonne idée, une mauvaise exécution. Car la production aurait pu aller loin avec ce personnage. Une femme dépressive, hantée par l’émeute mais obligée de côtoyer ses tortionnaires tous les jours… Où est le drama ? Heureusement l’une des grandes qualités de cette saison a été de chercher des duos complètement nouveaux. Cela a permis à la fois d’affirmer cette remise à zéro car qui aurait pensé que la paire Suzanne/Frieda fonctionnerait aussi bien ? Mais aussi de dévoiler des facettes non explorées des personnages comme Cindy/Flaca. A travers ces groupes, la série retrouve aussi son capital comédie qui manquait à la saison précédente.

Bref, cette saison a montré beaucoup de belles choses mais le besoin de la production de retrouver une certaine simplicité atténue le potentiel de nombreux arcs. On rie, on pleure mais il manque ce petit plus que la série peine à exprimer depuis deux saisons.

Note : 7.7/10

7/10

Bilan

Une saison 6 intéressante sur de nombreuses idées qui malheureusement n’utilisent pas suffisamment le potentiel des personnages ou des histoires en général. On sent et comprend le besoin d’établir une nouvelle base après les critiques de l’année dernière. L’ensemble est agréable à suivre malgré ses défauts mais il faut que la production ose plus. Heureusement on peut toujours compter sur le cast qui impressionne par son immense talent.

0 Commentaire

Soyez le premier à laisser un commentaire!

Ajouter un commentaire







 Spoiler