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Fear The Walking Dead - 4x14 : MM 54

Résumé

Martha parvient à dynamiter les plans du groupe mené par Morgan. Se considérant responsable, ce dernier tente le tout pour le tout pour remédier à la situation.

4x14 : MM 54 © AMC - 2018

Attention : vous devez avoir vu l’épisode avant de lire cette critique.

Après plusieurs épisodes de mystère absolu autour de Martha, Fear the Walking Dead lève enfin le voile sur les origines de ce nouveau nemesis pour le moins original. À l’occasion d’une très longue introduction de huit minutes, MM 54 (pour borne kilométrique 54) dépeint celle qui deviendra une femme désaxée semant la mort sur son chemin.

Retour vers le passé donc, au bord d’une route de campagne sur laquelle Martha (Tonya Pinkins) et son compagnon ont été victime d’un violent accident de voiture. Si la série ne précise aucun repère temporel, on peut deviner que la scène se passe quelques temps après l’épidémie comme le montrent les différents véhicules de survivants fuyants à vive allure. Tout autant de chances de survie qui s’envolent malgré les supplications de Martha qui se voit rapidement obligée de tuer son mari transformé suite à ses blessures. Un choc brutal qui la fait plonger dans une spirale de folie, terreau de la violence sans nom qui l'animera. À jamais écorchée, la veuve vouera sa survie à l’extermination de tout ceux qui tenteront de venir en aide à leur prochain. Une manière de se venger de ceux qui ne l’ont pas aidée ce jour là au bord de la route. C’est ainsi qu’elle décimera le fameux gang de routiers altruistes avant de croiser la route d’un certain Morgan beaucoup plus tard. MM 54 connecte ici les deux temporalités en entrechoquant les deux personnages aux volontés diamétralement opposées.

Et c’est bien la philanthropie de l’homme au bâton qui va paradoxalement mener le groupe en route vers Alexandria à sa perte. Avec leur semi-remorque parti en fumée et Martha de nouveau sur les routes avec le blindé du SWAT, leur survie dans le secteur se voit fortement limitée. Cerise sur le gâteau, le raffut de la fusillade a attiré une horde inarrêtable de rôdeurs. L’équation parfaite pour instaurer une réelle menace pour les personnages alors que les derniers épisodes manquaient cruellement d’enjeux. On quitte alors les routes de campagne pour un hôpital abandonné. Un changement de décor appréciable, la franchise ayant tendance à beaucoup trop s’attarder sur les routes qui constituent des décors certes peu onéreux mais qui après plusieurs années ne recèlent plus aucun intérêt. On apprécie le soin apporté à la lumière dans les couloirs saccagés du bâtiment. Les images désaturées reléguent les personnages à de simples silhouettes sombres, dénotant avec le soleil de plomb du Texas.

Dos au mur, le groupe emmené par Morgan grimpe les étapes dans l’urgence, poussés par la masse de rôdeur. Débarqués in extremis sur le toit, les survivants atteignent le bord du précipice. Une situation qui ébranle l’homme au bâton qui se considère responsable de cette déroute. Quand on connaît le fragile équilibre émotionnel du personnage, il est fort à parier que la fin de saison lui réservera un sort tragique. La morsure de Jim, et par conséquent sa mort prochaine, n’arrange pas les choses quand on sait que Morgan considère qu’il « court à sa perte » quand il perd ses compagnons, à l’image ses nombreux pétages de câble dans The Walking Dead. Sur le thème de l’assistance portée à autrui, le personnage est tiraillé par un paradoxe. Sa mission, qu’il considèrerait presque comme divine, apporte autant de mal que de bien aux autres. Un non-sens quand on sait par exemple que Jim aurait pu mourir bien avant de se faire mordre ici et que l’intervention de Morgan lui a permis de survivre plus longtemps. Dans ce moment de doute, le support de June est une aide précieuse. Avec la skyline de la ville d’Austin comme toile de fond, l’échange entre les deux personnages se révèle profond grâce à l’interaction juste et naturelle entre Lennie James et Jenna Elfman.

Pour accompagner cette dense intrigue principale, MM 54 montre Alicia et Charlie sur les traces du groupe désormais réfugié à Austin. Les quelques scènes ici et là n’apportent rien de pertinent au duo qui ne fait que nourrir son désaccord sur leur destination. Et c’est avec elles que se conclue ce quatorzième épisode qui, sans le montrer, indique que les deux jeunes femmes viennent de tomber sur la petite île où John et Victor sont coincés. La série en profite par ailleurs pour rendre hommage à Dwayne Haevischer via un sobre carton in memoriam. Bien qu’il ne soit pas directement crédité sur le show, le technicien faisait partie du local crew (équipe locale) de nombreuses séries et films tournés dans le secteur. Une manière de souligner le travail méconnu de ces professionnels de l’ombre qui participent à la fabrication des épisodes, bien loin des titres prestigieux des réalisateurs et autres directeurs de la photographie.

Hallelujah ! Fear the Walking Dead sort enfin la tête de l’eau après ces dernières semaines de torpeur malheureuse. Qu’il s’agisse du décor urbain hautement appréciable ou de ce nouveau nemesis aux motivations originales, la série montre qu’elle peut toujours sortir des codes établis par sa grande sœur. Quand bien même le scénario d’Anna Fishko et de Shintaro Shimowasa reste classique pour la franchise, il a le mérite d’être solide en relançant de véritables enjeux pour les personnages. Mais la véritable surprise vient de derrière la caméra en la personne de Lou Diamond Phillips (Numb3rs, Stargate Universe) plus connu pour sa carrière de comédien que pour sa casquette de metteur en scène. Il illustre avec brio toutes les nuances de menace de ce monde post-apocalyptique à travers des cadres et des mises en scènes pertinentes et léchées. De quoi relever efficacement le niveau de la série après un enlisement qui aurait pu s’avérer fatal. Dans sa dernière ligne droite avant le finale, cette quatrième saison n’a pas d’autre choix que de maintenir le niveau.

8/10

Bilan

Avec un scénario somme toute classique, l’épisode se démarque grâce à une mise en scène de qualité au service de solides enjeux pour l’intrigue. Un résultat salvateur pour la série après plusieurs semaines de déconvenue.

2 Commentaires

  • Toff63
    Le 10/10/2018 à 11h43

    Un très bon démarrage visuel et scénaristique avant que l'épisode ne s'enlise dans une intrigue de combat contre les zombies (bizarrement très nombreux) extrêmement classique, où le personnage de Morgan continue d'agacer. Les petits twists comme la morsure de Jim sont inefficaces car on se fout de Jim depuis le départ.
    Quant à Alicia et Charlie, c'est le désert niveau écriture. 5/10

  • Toff63
    Le 10/10/2018 à 11h51

    J'oubliais, mais certains dialogues (de Jim notamment) sont navrants.

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Note de la série :
7.6/10