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Arrow - Bilan saison 6

Bilan saison 6 © 2018 - CW

Attention, il faut avoir vu la sixième saison avant de lire le bilan

La septième saison d'Arrow s'apprête à débuter, l'occasion de revenir ensemble sur la sixième saison, à travers un petit bilan.
Pour la saison 6, les producteurs de la série avaient opté pour une même continuité que les années précédentes à savoir, un ton et une ambiance terre-à-terre, en mettant en scène des méchants sans caractère mystique, comme ce fut le cas autrefois avec Ra's Al Ghul ou Damian Darkh. Après Prometheus donc, une batterie de super-vilains " sans pouvoirs " s'installaient cette saison à Star City, dont l'antagoniste annuel, Richard Dragon. Un pas gentil garçon, adversaire de Green Arrow dans les pages de la série comics New 52 de chez DC Comics, mais qui se révélera très différent de son alter-ego sur papier, adaptation oblige.

Mais alors, que vaut cette saison 6 ? Après la menace Prometheus, qui n'avait convaincu que peu de fans, Arrow a t-elle rectifié le tir avec Richard Dragon ? Réponse !

Arrow : Part I

Pour la production de Greg Berlanti, cela commençait plutôt bien. Avoir intégré au casting l'acteur Michael Emerson permettait d'avoir un type de personnage qui lui collait parfaitement à la peau et dont les téléspectateurs sont friands. Mystérieux, fourbe et extrêmement intelligent, les personnages incarnés par Michael Emmerson sont souvent redoutables, comme c'était le cas dans Lost ou plus récemment dans Person of Interest. En le choisissant, la série se dotait donc d'un élément charismatique, mais s'offrait également des possibilités énormes en terme de narration.
Malheureusement, les scénaristes d'Arrow ne savent pas exploiter le potentiel de leurs acteurs, ni même créer des antagonistes forts, avec une réelle profondeur dramatique et aux intentions claires et efficaces. Pourtant, je le disais, le début de cette sixième saison était prometteur. Les motivations de Cayden James et l'exécution de son plan étaient à la hauteur de mes ambitions et des attentes des fans, du moins, j'aime à le croire. Cependant, il n'aura pas fallu attendre longtemps avant qu'Arrow ne retombe dans ses vieux ressorts scénaristiques clichés et prévisibles, pour faire oublier les quelque excellents premiers épisodes. En cause, notamment, l'association entre les super-vilains. En effet, celle-ci a vite tourné court, et c'est la première grosse erreur de cette saison. Arrow avait ici l'occasion de se débarrasser du " méchant annuel " et former une véritable ligue de super-vilains à combattre, permettant ainsi d'avoir un héros mis à rude épreuve, autant physiquement que psychologiquement. Seulement, on apprend rapidement que tout avait été orchestré par Richard Dragon qui, on ne sait pour quelle.s raison.s, avait formé cette étrange collaboration. D'autant qu'il s'en sortait très bien tout seul, un constat que l'on pouvait voir une fois l'alliance brisée. Alors pourquoi une union, qui fut une erreur fatale ?

Arrow : Part II

Si le plan de Richard Dragon était basé sur une idée très intelligente, la façon dont les scénaristes ont conclu cet arc narratif fut maladroit. Parce qu'au lieu d'assumer pleinement une réelle ligue d'antagonistes, les scénaristes ont préféré user de ficelles grossières pour démanteler une association de qualité. Prenons les autres membres un par un.

- Vincent Sobel, alias Le Vigilante. Vu dans la saison précédente, ce dernier combattait le crime à Star City de manière radicale, puisqu'il tuait, ni plus, ni moins, ses victimes. Plus tard, on apprit rapidement, là encore, qu'il était le petit ami de Dinah Lance et qu'elle-même le croyait mort, à la suite de l'explosion de particules de National City.
Mais vous l'aurez compris, Vincent Sobel n'était pas vraiment méchant et avait lui-même infiltré le groupe de super-vilains. Retrouvailles, embrassades, déclarations d'amour, bref, du pathos à gogo. La mort de ce dernier, des " sons " de Laurel Lance, n'a rien arrangé, puisque Dinah s'est alors lancée dans une quête de vengeance (ridicule !), prouvant ainsi que l'actrice Juliana Harkavy n'a réellement aucun talent de comédienne, notamment lorsqu'elle veut jouer la badass sérieuse-colérique. Une sous-intrigue - médiocre -, qui reflète le syndrome CW, mais également un souci qu'ont les scénaristes pour développer leurs personnages secondaires.

- S'en suit logiquement Anatoly, le meilleur ami d'Oliver Queen alias Je-Change-De-Camp-Comme-De-Chemise. Ce dernier aurait pu être un adversaire redoutable si les scénaristes avaient véritablement exploité le potentiel du personnage, sans en faire un homme avec des états d'âme. Certes, cela s'inscrit dans une logique éducative due à sa formation dans la BRATVA, mais qui finit par être lassante, au fil du temps.
De plus, ses hommes se font fracasser comme des brindilles (c'est ça la BRATVA ?), donnant des scènes d'actions surréalistes, où Oliver peut venir à bout d'une vingtaine d'hommes dans un hangar, sans la moindre égratignure.

- Et un dernier, dont j'ai totalement oublié le nom (si vous le retrouvez, signalez-le-moi en commentaire), oubliable et sans intérêt.
Il sera d'ailleurs le premier à mourir au combat, des mains du Vigilante.

Au final, cette bande de joyeux lurons, si elle aura causé quelques ennuis à Oliver et sa Team, aura été fragilisée par les ambitions de chacun, comme c'est souvent le cas pour les associations de super-vilains. Et là où Arrow aurait pu sortir du lot en mettant en scène un groupe, où les motivations sont les mêmes pour tous, la série plonge tête baissée dans le cliché d'une communauté qui ne peut perdurer. Premier échec de Richard Dragon.
Alors oui, certains diront que sans cette association, Oliver n'aurait jamais vécu quelques drames, mais quand on voit les dégâts causés par Richard Dragon seul, on se demande pourquoi tant de chichis. D'autant qu'après cela, les longueurs scénaristiques s'accumulent. Au fil des épisodes, les plans de Dragon sont de moins en moins clairs et identifiables, l'impression que tout ce qui a été provoqué (notamment la division du groupe) n'est en réalité née que des erreurs d'Oliver et non de la manipulation de Dragon.

Le cas Laurel Lance

Je peux m'avancer sans risque pour dire qu'une des pires protagonistes de cette saison est Laurel Lance alias Black Siren, tout droit venue de la Terre-2 (elle aurait peut-être dû y rester, qu'en pensez-vous ?). Je ne vais pas m'y attarder trop longtemps, simplement, le constat est sans appel : les scénaristes ont voulu réintégrer Katie Cassidy comme personnage régulier, mais n'ont jamais su lui donner de profondeur, ni même de force de caractère qu'on était en droit d'attendre pour un tel personnage. Toute cette saison, Laurel n'aura fait que subir, au point que cela en devenait désolant.
C'est un des autres problèmes de la CW, cette obsession de vouloir conserver ses personnages, pour les ramener plus tard, au cas où, ici ou ailleurs dans le Arrowverse. Malheureusement, le " au cas où " ne suffit pas pour avoir de bonnes idées. On l'a vu cette année, par exemple, avec Damian Darkh dans la saison 3 de Legends of Tomorrow.
Ainsi, Laurel passe son temps à changer de camp et ce n'est jamais crédible une seule seconde. Même si un petit doute subsistait (on espère toujours que les scénaristes feront le bon choix.), il n'était pas assez puissant pour croire qu'elle basculerait définitivement du mauvais côté. Une sous-intrigue mal gérée, notamment par l'attitude, les regards, dans lesquels on pouvait déjà percevoir la rédemption.
L'actrice aurait du avoir un visage neutre, impartial, pour semer le doute chez le téléspectateur et ainsi offrir une réponse quant à sa décision, et au dénouement final.
C'est assez triste de constater à quel point les scénaristes ne prennent pas de risques et foncent tête baissée dans la facilité, avec une arrogance déconcertante. Pourtant, il me semble qu'une production télévisuelle ou cinématographique est faite pour surprendre, non ?

Quant à sa décision de " balancer Richard Dragon avec son cri dans le fleuve ", j'ai trouvé cette scène complètement idiote.
Si on saisit l'intérêt de laisser le personnage en vie, une scène plus subtile pour nous le faire comprendre aurait été préférable.

La Team Arrow : Entre confiance et trahisons

La division entre Oliver et le reste de la Team était un des gros points noirs. Si vous avez lu mes critiques précédentes, vous savez que j'ai dénoncé avec véhémence l'absurdité de la situation et les raisons qui ont poussé René, Dinah et Curtis à faire bande à part. Le plus énervant a très certainement été leur attitude adolescente et la gaminerie de leurs propos. Insupportables.
Quant à Monsieur Diggle, son attitude infantile pour obtenir le costume de Green Arrow était désespérante. Et lorsque ce dernier ose dire, en fin de saison, que ce n'était pas le costume d'Arrow qu'il souhaitait porter, croyez-moi, j'ai doucement rigolé.

Arrow : Part III

On retiendra de cette saison le crossover Terre-X, suffisamment divertissant pour ne pas qu'on l'oublie, le double-épisode avec Deathstroke (toujours un plaisir de revoir Manu Benett, même si j'aurais préféré que le personnage reste froid, extrêmement violent et sans cœur) ainsi que les 5 derniers épisodes, qui ont relevé le niveau (notamment celui centré sur Richard Dragon - un bijou ! -, et le procès, intense et riche en rebondissements). Cependant, cela n'aura pas été suffisant pour que cette sixième saison soit efficace et redonne à Arrow ses lettres de noblesse.

5/10

Bilan

Une saison en demi-teinte. Les bonnes surprises et les coups de théâtre ont rapidement été balayés par des longueurs scénaristiques trop importantes et des choix scénaristiques douteux et/ou ratés.
La formule Arrow ne surprend plus. Les scénaristes ne vont jamais à contre-sens de leurs propres idées, et les rebondissements paraissent fades, presque prévisibles. Il y avait de la matière pour proposer une saison plus intense, mais Greg Berlanti et son équipe sont totalement passés à côté (encore!) d'une excellente année avec Arrow.
Je ne suis pas persuadé que le changement de showrunner pour la saison prochaine sera plus pertinent. Tant que les producteurs ne changeront pas la vision globale de leurs héros et du reste. Selon le moi, le virage aurait dû se faire dès la fin de la saison 3, en changeant également de formule. En effet, le format 22 épisodes est trop difficile à maîtriser et à appréhender pour ce type de productions. Si cette année le méchant n'a pas été dévoilé dès le premier épisode, il n'en reste pas moins que combler une série de super-héros à 22 épisodes est un exercice délicat. Longueurs scénaristiques, épisodes avec des sous-intrigues secondaires peu passionnantes, personnages peu intéressants aux développement quasi-inexistant, tout cela contribue à noyer un format qui ne convient peut-être plus.

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