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American Horror Story - 8x4 : Could It Be... Satan?

Résumé

Trois ans avant l’Apocalypse, Michael Langdon est recruté par une congrégation de sorciers à la recherche de leur Alpha, équivalent masculin de la Suprême féminine.

8x4 : Could It Be... Satan? © FX - 2018

Le temps des éclaircissements est enfin arrivé ! Comme de coutume, les scénaristes ont choisi de priver les spectateurs d'éléments importants en accumulant les mystères pendant trois épisodes avant d’enfin dévoiler les véritables intentions de la saison. Cette huitième itération de la série serait-elle finalement la suite de la troisième saison saupoudrée d'autres saisons ? La plupart des personnages principaux des épisodes précédents ont passé l’arme à gauche, il ne reste donc plus que le fascinant Michael Langdon et les sorcières de Coven pour nous abreuver de nouvelles intrigues dans un quatrième épisode surprenant. Dès le générique passé, la narration se restreint à un long flash-back retraçant les prémices de l'Apocalypse : en faisant confiance à celui qui mènera le monde à sa perte, les sorcier(e)s accélèrent l'inévitable chute.

L'équipe créative se devait de légitimer le retour des sorcières du cliffhanger de l'épisode précédent. Passée une séquence pré-générique sur la rencontre entre Michael Langdon allié à Mrs. Mead et les sorcières et leurs camarades ressuscitées, la narration se propose de revenir sur l'ascension de la menace de la saison. L'occasion de densifier le propos du show, au cœur du bunker de l'Apocalypse servant auparavant d'école de sorcellerie pour des jeunes hommes doués de magie. Sorte d'académie de Miss Robichaux au masculin dans laquelle le potentiel de Langdon est élevé au rang d'exception. On ne peut qu'imaginer la tournure que va prendre la saison, à grands coups de pouvoirs décuplés et de confiances trahies. C'est d'autant plus intéressant que le propos de l'épisode réfléchit aux thématiques socialement ancrées dans notre réalité. Si la septième saison réfléchissait aux répercussions de l'élection de Trump sur la société américaine, cet épisode, quant à lui, pense aux relations hommes-femmes. Tandis que les femmes sont naturellement préposées à la magie (la testostérone masculine inhibant les pouvoirs), le clan de sorciers cherche à égaler la suprématie féminine. Jusqu'au point de non retour que nous connaissons.

Ce retour en arrière opéré par les scénaristes est également l'occasion de retrouver les personnages d'hier, et des lieux emblématiques de la série. Les ambitions anthologiques du show ne sont plus alors que s'invite à la fête l'hôtel Cortez. Mais ce qui pouvait s'apparenter à une mauvaise idée sur le papier se révèle plutôt cohérent et savoureux. Au lieu de seulement faire revenir les personnages morts dans les saisons précédentes sans légitimer leur retour, l'épisode prend le temps d'expliquer la plausibilité de leur arrivée tout en tissant des liens avec le personnage principal de la saison en cours. Michael Langdon, être diabolique dissimulé, ramène ainsi à la vie les sorcières disparues. C'est également l'occasion de retrouver des personnages appréciés, à l'image du Dr. March dans lequel Evan Peters se glisse à nouveau avec plaisir. Cependant, d'autres protagonistes sont de retour sans que la narration ait pris le temps de l'expliquer : quid de Myrtle Snow ? Si l'on retrouve avec un plaisir non feint l'exubérance de Frances Conroy dans le costume de cette sorcière raffinée (les références pleuvent, entre la haute-couture et le monde artistique – le fameux « ice and fire » tout droit sorti d'un poème américain), l'on ne sait toujours pas comment elle a fait pour revenir d'entre les morts.

A défaut d'effrayer, American Horror Story offre enfin une clarté dans ses enjeux. La lutte entre la Suprême et l'Alpha ayant probablement mené à l'Apocalypse vécue lors du season premiere. Il est également appréciable de constater que le comique bas de gamme servi par les personnages désespérants des trois premiers épisodes est enfin passé à la trappe, au profit de dialogues plus inspirés (l'absence de Leslie Grossman y est sûrement pour quelque chose) et d'un propos plus consistant comme dit précédemment. Toutefois, comme d'habitude, les personnages sont très (trop?) nombreux et entravent tout attachement à certains d'entre eux, à l'exception de la fascination exercée par Langdon, magnifié par un plan en contre-jour en fin d'épisode. Y aura-t-il à nouveau un jeu de massacre pour débarrasser l'intrigue des nombreux sorciers apparus au cours de cet épisode ? Réponse au prochain épisode !

En somme, un quatrième épisode éclairant qui sacrifie l’horreur sur l’autel des références et de l’intelligence narrative. En faisant le choix d'abandonner l'ambition anthologique, l'équipe créative établit une proximité efficace avec les spectateurs désormais impatients à l'idée de retrouver des personnages hauts en couleurs. Si la saison continue sur cette lancée, nous tiendrons enfin une saison cohérente et passionnante, à défaut d'être un modèle d'originalité !

8/10

Bilan

Même s’il s’agit plus d’une suite à la troisième saison qu’un véritable nouvel univers, ce quatrième épisode convainc parce qu’il dévoile les véritables intentions de la saison tout en tissant des liens entre de nombreuses saisons. Passionnant !

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Note de la série :
9/10