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American Horror Story - 8x6 : Return to Murder House

Résumé

Madison Montgomery et Behold Chablis, sorcier de l'assemblée masculine, se lancent dans une quête de réponses à la maison du meurtre, théâtre de l'ascension diabolique de Michael Langdon et des évènements de la première saison.

8x6 : Return to Murder House © FX - 2018

Cela fait plusieurs années que le show de Ryan Murphy et Brad Falchuk n'arrive plus à proposer des personnages touchants au sein des histoires horrifiques qu'ils content : c'est en rappelant les personnages d'hier que les scénaristes parviennent enfin à renouer avec cette émotion si caractéristique des saisons passées. Subtil mélange de cohérence, de nostalgie et d'horreur, le sixième épisode de l'Apocalypse version American Horror Story est une belle réussite à hisser au niveau des meilleurs épisodes de la série. Point d'originalité par ici mais si c'est le prix à payer pour retrouver des lignes narratives émouvantes, on signe tout de suite.

Pour sa grande première à la réalisation, Sarah Paulson laisse la place aux autres interprètes de l'anthologie. Malgré une courte apparition dans le rôle de Billie Dean Howard, medium connectée au monde des esprits, elle s'implique davantage derrière la caméra pour un épisode rondement mené. Ouvert et clôturé par la grille entourant la « Murder House », l'épisode joue la carte de la nostalgie sans oublier de justifier les choix narratifs de la première partie de saison. Aux côtés d'Emma Roberts (enfin exploitée à sa juste valeur, loin des clichés qui la portent depuis sa première apparition dans la série) et de Billy Porter, l'on découvre la genèse du mal ayant initié l'Apocalypse du season premiere. Etonnamment, leur duo fonctionne, en témoigne leur discussion à cœur ouvert au-dessus d'une tombe, alors qu'ils libèrent l'esprit de Moira, la servante de la première saison, de sa prison éternelle. C'est un plaisir de voir s'achever l'histoire de ce personnage brillamment incarné par Frances Conroy. Sa confrontation avec Jessica Lange est un plaisir nostalgique, rappelant d'intenses séquences du passé. Clairement, l'objectif de cet épisode est de profiter du cross-over pour finaliser les intrigues toujours en suspens depuis de longues années.

On retrouve ainsi le couple Tate-Violet, aidé par une Madison Montgomery amicale et touchante (une grande première). On retrouve également la famille Harmon qui aide le duo de sorciers à mieux comprendre l'étrange personnalité de Michael devenu Suprême dans l'épisode précédent. L'épisode a une structure un peu mécanique, chaque ancien personnage dévoilant un nouveau pan du passé du fils du Diable, mais American Horror Story est apparemment décidée à se construire avec cohérence cette année. Par ailleurs, le retour le plus important n'est autre que celui de Constance, interprétée par Jessica Lange. Celle qui ne voulait plus apparaître dans la série de Murphy et Falchuk renoue avec le premier personnage qu'elle a incarné, avec un plaisir non feint. Et dire qu'il s'agit là de la meilleure interprète du show est un euphémisme : en quelques scènes seulement, elle plonge le spectateur dans une émotion palpable. Celle qui a toujours voulu être une mère comme une autre, essuie encore une fois les plâtres de la déception en élevant le monstre Michael. Et son jeu subtil fait mouche, une fois encore. L'épisode répond évidemment au fan-service de rigueur (avec les apparitions de nombreux fantômes croisés durant la première saison), mais ne se restreint pas aux clins d’œils forcés.

Quelques surprises s'immiscent d'ailleurs au fil de l'épisode, à l'image du personnage de Kathy Bates que l'on pensait être une réincarnation de la conscience de Constance, alors qu'il n'en n'est rien. L'apparition de cette secte satanique, dans laquelle on redécouvre Naomi Grossman avec grand plaisir, immisce la dose d'horreur qu'il manquait à la saison jusque-là. La scène du sacrifice humain est affreusement morbide et fait écho aux meurtres jalonnant l'épisode : des animaux lors de l'enfance de Michael jusqu'au massacre des nouveaux arrivants lorsqu'il grandit. L'occasion de confirmer l'indéniable talent de Cody Fern qui se démène dans son rôle d'antéchrist. D'années en années, American Horror Story peut compter sur ses interprètes pour rendre ses univers vraisemblables et efficaces.

En somme, un sixième épisode tant attendu qui finalise le cross-over annoncé par l'équipe créative. Avec nostalgie et sérénité, le scénario nous dévoile les mystères de l'Apocalypse en offrant le dénouement d'une intrigue entamée il y a huit ans déjà. Ces cinquante-cinq minutes délivrent une partition essentielle (et pour une fois, les scénaristes ont le temps de construire un propos sur la durée), en attendant la reprise de la confrontation des sorcières et de l'entité diabolique. Cette huitième saison nous sert un plat quelque peu réchauffé garni d'un supplément d'âme très apprécié. En laissant place à l'émotion, et le retour des thèmes musicaux de la première saison y est pour quelque chose, la mise en retrait de la folie est justifiée. Serait-ce l'une des meilleures saisons du show ?

9/10

Bilan

Le point culminant du cross-over, sommet d'émotion et de cohérence narrative. Malgré l'explosion des ambitions premières (le format anthologique), cela faisait longtemps que la série n'avait pas atteint un tel niveau de qualité.

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Note de la série :
8.9/10