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American Horror Story - 8x7 : Traitor

Résumé

Désormais au fait de la menace que représente Michael Langdon, l'assemblée de la Suprême Cordelia s'empresse de rassembler ses forces pour éliminer les soutiens de l'Antéchrist. L'heure de l’affrontement a sonné.

8x7 : Traitor © FX - 2018

Une fois n’est pas coutume, ce nouvel épisode nous plonge encore dans les méandres d'un monde pré-apocalyptique. Alors que la menace représentée par Michael est explicitement connue du monde des sorcièr(e)s depuis la visite de Behold et Madison à la maison du meurtre dans l'épisode précédent, Cordelia et ses « filles » entreprennent d’attaquer les premières pour s’assurer une victoire (que l’on sait vouée a l’échec, ayant connu l’apocalypse lors du season première). Cette année, les scénaristes nous content donc l’histoire au passé, avec un plaisir non feint (un peu à l'image de la deuxième saison d'American Crime Story qui se faisait à rebours). L'occasion de comprendre les tenants et aboutissants de la fin du monde selon l'esprit imaginatif des scénaristes. Un septième épisode aussi nécessaire que dynamique qui n'a pas l'excellence du précédent mais qui se devait d'être proposé pour combler les vides scénaristiques de la saison.

Véritable suite de la troisième saison, cette nouvelle itération de l’anthologie de Murphy et Falchuk parvient à offrir à ses innombrables personnages des intrigues passionnantes. De séquences en séquences, le plaisir s’impose au détriment de la surprise pourtant si chère aux créateurs hier encore. Le show de Myrtle est exquis (bien que peu horrifique), d’autant plus que la narration justifie enfin sommairement sa résurrection, tandis qu’Adina Porter prend les traits d’une successeur à la fascinante Marie Laveau campée par Angela Bassett en saison 3 (depuis partie arrêter les criminels dans 911). American Horror Story joue avec sa mythologie tout en la densifiant au contact du cercle masculin de sorcellerie. Et une fois encore, la palette d'interprètes se donne à cent pourcents pour faire vivre ces personnages hauts en couleurs : Kathy Bates est glaçante dans le rôle d'une prêtresse satanique que l'on s'apprête à retrouver en androïde dans les épisodes restants.

Ce septième épisode est véritablement l’avènement de l’assemblée de sorcières face au déclin vain des sorciers (en ces temps de féminisme presque exacerbée, la série est parfaitement adaptée). Le plan magnifique qui clôture l’épisode, entre les bûchers des condamnés et les sorcières au ralenti est une vraie réussite. Ce que l’épisode perd en émotions par rapport au précédent, il le gagne en intensité narrative. Tous les éléments sont désormais en place pour que Michael Langdon refasse son apparition. En se mettant en retrait, il permet à la série d’avancer avec efficacité. Son absence n'empêche d'ailleurs pas la présence d'une vraie horreur graphique, avec l’ingurgitation forcée d’un cœur mixé ou l’ouverture de la chair d’un cou humain pour retirer un gâteau coincé dans la trachée. Mais l'héritage d'une troisième saison plus axée sur l'humour que sur l'horreur mène tragiquement à une prédominance de répliques comiques dues au fan service.

Du fan service, l'épisode en sert d'ailleurs à n'en plus finir, tout en prenant le soin d'introduire grossièrement des personnages anecdotiques, pour justifier le casting quatre étoiles rassemblé par Ryan Murphy et son équipe. A ce titre, l'apparition de Bubbles, sorcière capable d'entrer dans l'esprit d'autrui est un bon exemple. Même si le talent de Joan Collins n'est plus à démontrer – et la séquence post-générique singeant des films d'horreur low-cost est savoureuse – il aurait été sage de capitaliser sur une sorcière déjà installée dans l'intrigue pour éviter l'éparpillement (quid de Coco ? La sorcière détectrice de gluten et de calories est réduite à une exploitation grossière par sa Suprême...) L'absence de Misty se fait également ressentir. L'épisode a beau être dynamique et cohérent, il n'en demeure pas moins frustrant quant à l'abondance de personnages qui a des allures de défilé mondain (on se souvient encore de l'apparition inutile de Stevie Nicks en début de saison).

En somme, un septième épisode (trop ?) dense qui ne lésine pas sur les bonnes répliques pour auréoler le scénario cohérent d'une touche humoristique appréciée. Point d'horreur par ici, mais une émouvante suite à la troisième saison et ses fabuleux personnages. Espérons que les trois épisodes restants garderont le cap de cette belle saison, sorte de nouveau souffle qualitatif misant sur le passé.

8/10

Bilan

Accompagnée de quelques grains de folie, la densité de l’épisode fait avancer l’intrigue principale d’un pas de géant. Même si l’horreur n’est plus vraiment au rendez-vous, le plaisir est clairement de retour cette année. Cette huitième saison est une réussite !

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Note de la série :
9/10