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American Horror Story - 8x10 : Apocalypse Then

Résumé

De retour dans le présent, les sorcières survivantes unissent leurs forces pour combattre Michael Langdon et tenter d'annuler l'Apocalypse en retournant dans le passé.

8x10 : Apocalypse Then © FX - 2018

Après une saison en dents de scie, ayant fait alterner des épisodes passionnants et d’autres fort dispensables aux enjeux moindres, la saison 8 d’American Horror Story s’achève dans une cohérence trop mécanique. En cédant aux sirènes du fan-service (le cross-over entre deux saisons du show alors que nous devrions être face à une anthologie sans cesse renouvelée), l’équipe créative s’est enlisée dans une mécanique trop bien huilée qui n’aura réservé que trop peu de surprises en dix épisodes. Une conclusion satisfaisante, à défaut d’être passionnante, qui nous questionne encore une fois sur l'incapacité des scénaristes à nous surprendre à nouveau.

Sans aucune surprise, si ce n’est la dernière séquence, l’épisode de quarante-cinq minutes déroule toutes les scènes imaginées par les spectateurs dans une étonnante sobriété. Ce n’est pas forcément un mal puisque cela permet aux scénaristes de répondre à toutes les questions en suspens tout en rameutant l’ensemble des personnages croisés au fil de l’intrigue (y compris quelques oubliés du bunker des trois épisodes). Evidemment, le fan-service n’est pas en reste avec le retour d’Angela Bassett dans la peau de Marie Laveau pour une apparition un brin anecdotique (l’occasion de nous resservir Kathy Bates dans la peau de Delphine Lalaurie au détour d’un plan), tout comme les références aux autres saisons perdurent (l'hôtel Cortez est une fois encore évoqué).

A ses débuts, la série de Ryan Murphy et Brad Falchuk prenait des risques et n'hésitait pas à partir dans tous les sens pour nous raconter des histoires horrifiques, quitte à délaisser un peu la cohérence narrative. En 2018, ce show a oublié ses ambitions premières. Il y est évidemment toujours question d'histoires glauques (les morts s'enchaînent au cours du combat entre Michael et les sorcières et certaines sont particulièrement gores) mais elles sont voilées par d'innombrables séquences inutiles et/ou touchantes réduisant l'impact horrifique. Certes, la relation pleine d'émotions entre Cordelia et Myrtle atteint son apogée avec le « Je t'aime » tragique de Cordelia mais qu'en est-il vraiment lorsque l'on comprend que rien de tout cela n'aura finalement eu lieu ? Au final, l'épilogue de ce dixième épisode nous ramène à la fin de la saison 3 du show. A défaut d'avoir encore des choses à raconter, l'équipe créative s'amuse avec ses personnages.

Et concrètement, la trop grande cohérence narrative de la saison aura été sa faiblesse : en se faisant succéder des séquences attendues par les spectateurs, les scénaristes retirent toute implication. Le rôle providentiel de Mallory était évident, tout comme l'annulation de l'Apocalypse était prévisible. Comment pouvait-il en être autrement alors qu'il ne restait qu'un épisode pour boucler les intrigues ? La prise de risques scénaristique aurait été de tuer Mallory pour relancer les enjeux. On pourrait également se questionner sur la mort rapidement justifiée de l'Antéchrist. Il suffisait donc d'écraser Michael avec une voiture pour s'en débarrasser (la narration ayant tout de même pris le soin de nous préciser qu'il était trop faible pour survivre). Le Diable, son père, ne pouvait-il pas intervenir ?

Sur le plan technique, rien de transcendant non plus. Les séquences se suivent et se ressemblent, sans véritable parti-pris. Même le retour de Jessica Lange, pour une séquence symbolique, manque d'envergure. A l'arrivée, cette huitième saison d'American Horror Story n'aura pas vraiment tenu ses promesses mise à part en son centre (épisodes 6-7), joliment nostalgique de ses meilleures années. Une huitième saison étrangement banale, faussement intitulée « Apocalypse » alors qu'il y était surtout question de « Coven, Part II ».

En somme, un dernier épisode qui a le mérite de clôturer toutes les intrigues de la saison (fait assez rare pour le show qui s’achève souvent dans l’incompréhension) en oubliant de surprendre ses spectateurs. L’Apocalypse n’aura finalement pas eu lieu, et le cercle vicieux peut reprendre, dans une ultime séquence rappelant explicitement celle de la première saison. Eliminez une menace, une autre surgira : c’était aussi le credo de la saison précédente. American Horror Story est, finalement, un éternel recommencement. Et il apparaît désormais essentielle pour l'équipe créative de profondément renouveler leurs scénarios et leurs interprètes pour insuffler un nouvel élan à leur show déjà annoncé pour deux nouvelles saisons.

PS : Un épisode final juste bon, qui mériterait plutôt un 6,5/10 parce qu'il s'est révélé plus intéressant que le précédent.

6/10

Bilan

Pour une fois, American Horror Story nous sert un final complet qui se tient bien en achevant tous les fils narratifs entamés au fil de la saison. Seule grande absente et non des moindres : l'originalité. Et si tout n’était qu’un éternel recommencent ?

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Note de la série :
9/10