Critiques

Seriesaddict.fr  par | 3

The Good Fight - 3x1 : The One About the Recent Troubles

Résumé

Récap : blabla Trump, blabla gun, blabla bébé, blabla #metoo…

3x1 : The One About the Recent Troubles © 2019 - CBS

Whao quelle reprise ! Ce premier épisode démarre fort avec beaucoup de qualités mais aussi des défauts pour une raison qui semble simple : la production affirme une direction esthétique et scénaristique. Si la série nous a habitué à crier haut et fort ce qu’elle pense, j’ai quand même eu l’impression que le niveau montait d’un cran pendant cet épisode. Il y a une folie dans l’écriture, déjà un peu présente dans la saison 2, qui surprend le spectateur.

Robert King s’éclate derrière la caméra. Il faut le dire car cela se ressent à l’écran je trouve. Je n’ai pas de plans de caméra spécifique à citer car les scènes sont certes bien tournées mais de manière assez classique. La série a su se montrer plus innovante de ce côté. Par contre, King réussit avec le soutien du scénario à créer un premier épisode très dynamique notamment dans son montage. Les séquences s’enchaînent rapidement et il faut attendre quelques scènes clé pour que le spectateur puisse respirer. Il y a quand même plusieurs moments marquant comme la réaction de Liz que j’ai trouvé très touchante ou les révélations autour de Kurt.

Il faut bien sûr que j’écrive sur les scènes WTF de l’épisode : la présentation de l’accord de non divulgation et l’hématome parlant de Kurt. Ok c’est du grand n’importe quoi mais c’est à la sauce The Good Fight donc il y a une envie, une intelligence derrière ces instants burlesques qui forcent au choix le rire ou la réflexion. J’aime aussi que ces scènes remettent parfois en question la réalité de la série : par exemple, le dialogue entre l’hématome et Diane pourrait être un signe que le personnage a complètement perdu pied. Le doute subsiste car la série se veut aussi très réaliste et ancré dans son temps. Le spectateur a le choix de l’interprétation. Il y a aussi beaucoup d’humour dans cet épisode et certaines scènes étaient tout simplement géniales. Je pense à Diane qui se tape la tête contre le mur ou la scène de Maia dans l’ascenseur. L’épisode reprend les bases de la série c'est-à-dire allier la comédie au dramatique mais en flirtant avec les extrêmes.

Je finis avec deux réflexions sur le scénario même :

- Si les scénaristes décident de frapper fort avec une histoire de viol au sein du cabinet, j’ai trouvé que le thème était abordé de manière plus superficielle que lors des autres saisons. En effet, il y a un aspect émotionnel certain et l’arc apporte immédiatement un enjeu important pour le spectateur. Mais au delà de ces éléments, je n’ai pas compris cette vision des victimes que la production souhaitait mettre en avant. Mon souci n’est pas que chacune décide de laisser le passé dans le passé. Par contre, je trouve que le scénario aurait dû aborder voire s’attarder sur la question de la légitimité. Qui sont ces femmes ? Pourquoi s’être tu ? Pourquoi parler ? En tant que spectateur, je pense que l’épisode aurait dû poser ces questions avant d’ériger Carl Reddick dans le rôle du méchant. Attention je ne dis pas que la série ne doit pas mettre en avant la parole des victimes mais dans ce cas particulier certaines questions peuvent être posées. Elles le sont au début par un ou deux personnages puis le scénario passe très vite à autre chose. Personnellement j’étais un peu gênée devant le discours de la sténographe : il ne faut pas détruire aujourd’hui l’image, la mémoire d’un homme noir… même si celui-ci est un violeur ?

- Pour finir, si son introduction m’a amusé je reste perplexe devant l’écriture autour du personnage de Maia. J’ai lu certains internautes qui voyaient dans cette transformation un hommage à Peggy Olson (Mad Men). Si la comparaison est juste alors la saison 3 sera celle de l’évolution pour Maia qui disons-le mérite bien mieux qu’un simple siège à l’arrière.

Note : 8.5/10

8/10

Bilan

Un très bon épisode qui nous rappelle à quel point la série est unique en son genre. Quelques remarques malgré tout car rien n’est parfait mais dans l’ensemble, cette saison démarre de belle manière.

3 Commentaires

  • Toff63
    Le 16/04/2019 à 14h36

    The Good Fight revient fort. J'ai adoré le fil rouge de l'accord de Confidentialité (la partie animée est bien délirante), qui concerne autant l'histoire de harcèlement, Kurt qui s'est fait tiré dessus par un fiston Trump et la maîtresse dont Trump voulait payer l'avortement.

    Sinon, la série est toujours brillante pour traiter Diane, qui bascule de plus en plus dans la folie (elle se cogne la tête contre le mur, faut pas s'étonner après!!! Parler à un hématome!!!). Le plus drôle selon moi, c'est qu'elle imagine le pire (l'adultère de Kurt) mais que ce n'est rien à côté de la vérité (la partie de chasse avec Trump). J'y vois là l'illustration d'un monde qui part tellement en vrille que Diane n'y est pas préparé, c'est pourquoi elle veut tenter de changer les choses (balancer la maîtresse à la journaliste).

    Concernant les autres personnages, c'est furtif sur Lucca (qui ira peut-être aux Divorces) mais énorme sur Maia. Tu as été perplexe là-dessus, pas moi! Je pense que le côté radical de la transformation de Maia (avec l'aide de inénarrable Marissa; le test de voix, les lunettes, le site sexy, plus de répondant (Julius en fait l'amère expérience)) est une nécessité pour que le personnage s'affranchisse définitivement des actions illégales de son père, qui étaient au coeur de la saison 1 et évoquées un peu en saison 2. Désormais, les actes de Maia ne sont plus dictés par cela et elle doit prendre le contrôle de sa vie.

    Pour revenir sur la trame du harcèlement/viol, The Good Fight s'empare légitimement de la thématique brûlante du harcèlement sexuel et je trouve cela osé et original de faire d'un mort noir et démocrate le coupable, ça permet d'évacuer les clichés habituels sur le harceleur blanc, riche, républicain et bedonnant.
    Si l'aspect MeToo qui traverse l'épisode est louable (Wendy avoue avoir été violée, comme la secrétaire de Carl) et que l'opposition entre la secrétaire et sa fille sur la façon de procéder fait étalage d'une différence générationnelle pertinente (les jeunes femmes sont plus enclines à se battre que les autres car leur parole s'est libérée), j'ai eu plus de soucis quand la trame tombait dans le piège de la pourriture BalanceTonPorc, à savoir l'absence totale de présomption d'innocence (Julius évoque furtivement la question de "croire ou pas croire la secrétaire" et il se fait immédiatement incendié alors qu'objectivement il n'y a aucune preuve!!!). J'aurais aimé que The Good Fight soit plus nuancée à ce niveau.
    Aussi, j'ai pas trouvé très crédible le coup de Marissa parvenant en 24h à monter un dossier avec toutes les femmes violées ou harcelées par Carl, le tout sans que rien ne s'ébruite!!!

    Pour finir, tu n'en parles pas dans ta critique mais il y a plein de petites séquences a priori anecdotiques, mais en réalité significatives, dans l'épisode.
    Par exemple, la réflexion de Diane sur l'omniprésence des séries de serial killer en dit long sur son état mental et son besoin de plus de paix intérieure.
    Enfin, la scène où Lucca tire son lait au bureau et met mal à l'aise Julius constitue un débat actuel sur l'allaitement en public. Personnellement, sauf si la femme allaitante le demande, je ne vois pas pourquoi qui que ce soit devrait lui tourner le dos pour lui parler quand elle allaite. Un sein est un sein, pas besoin d'en faire un fromage et il n'y a rien de bien lubrique dans l'allaitement, au contraire, quelque chose de simplement très beau à mon sens.

    Un bon 8/10 pour moi.

  • Lexaa
    Le 16/04/2019 à 19h53

    Pour Maia je suis d'accord avec toi sur le fond mais la forme était vraiment surréaliste ^^ : lorsqu'elle s'étale sur son bureau par exemple c'est juste too much.

    Oui malheureusement je ne peux pas parler de tout mais c'est vrai que la nouvelle situation de Lucca sera certainement la base de son nouvel arc et du coup la série va aborder des sujets de société intéressant. J'ai hâte !

  • Toff63
    Le 19/04/2019 à 10h56

    Oui, c'est too-much pour Maia, mais pas plus que le personnage de Diane, donc je trouve que la série reste dans sa douce folie, celle qui se développe dans un monde devenu complètement dément (le mensonge devient facilement la vérité (Fake News, etc...)) et en perte de repères.

Ajouter un commentaire







 Spoiler