Critiques

Seriesaddict.fr  par | 1

The Good Fight - 3x4 : The One with Lucca Becoming a Meme

Résumé

Récap : Maia doit faire face aux conséquences de son affrontement avec Blum. Diane embrase la résistance. Marissa s’investit en politique.

3x4 : The One with Lucca Becoming a Meme © 2019 - CBS

« The One With Lucca Becoming a Meme » est l’un des meilleurs épisodes de la série à mes yeux. Même si je regrette toujours l’absence de procès, The Good Fight assume pleinement son aspect satirique et tape avec cet épisode sur un sujet primordial : le racisme.

Ce thème dans sa généralité n’est pas nouveau dans la série. Mais ce quatrième épisode apporte un point de vue très intéressant et juste sur la question. La réalisation de Nelson McCormick, très dynamique, fait ressortir toute l’ébullition à l’intérieur du cabinet. J’ai beaucoup aimé le dernier tiers de l’épisode avec cette montée en pression, la caméra qui s’agite, enchaîne les plans très vite puis vient l’heure de l’annonce et tout ralenti pour laisser place à l’émotion. Cette dernière scène en contraste avec la première entre Diane et Maia est une belle conclusion, en particulier avec le regard lointain de Lucca qui sans le vouloir a provoqué le licenciement de son amie.

Le scénario de Jacquelyn Reingold est génial car même s’il est séparé sur deux arcs, le spectateur peut vraiment ressentir l’effet boule de neige dès la scène d’introduction. Il fallait deux personnages pour aborder le thème du racisme. D’abord Maia qui est à la fois privilégiée et innocente de ce qu’on l’accuse. Puis Lucca qui devient une victime et le point de départ d’une injustice sociale au sein du cabinet. Il y a des scènes qui marquent dans cet épisode car elles sont souvent inspirées de la vie réelle comme celle du parc ou Sabrina qui est une référence à Taylor Swift. Mais ce sont les dialogues qui à mes yeux donnent toute sa noblesse à cet épisode. Chaque personnage met en porte à faux un autre.

— pour Maia par exemple, son histoire était géniale car tout est dans la zone grise. Elle met en évidence le manque de cohérence de Diane qui la défend à raison malgré une politique tolérance zéro. C’était intéressant d’observer Diane dans une position de minorité face à ses collègues. L’épisode rappelle que si les disparités sont importantes en bas de la chaîne, les changements peuvent s’opérer grâce à un conseil majoritairement de couleur.

— pour Lucca, son arc présente Marissa sous un autre jour. Il y a celle qui défend contre son père un homme auquel elle croit même si leurs convictions ne s’alignent pas. Puis il y a celle qui s’insurge contre Lucca au lieu de reconnaître une simple réalité. La scène des noms de victimes est un peu cliché mais elle résume aussi le communautarisme de certaines communautés à tort ou raison et l’indifférence des autres. Par exemple, la séquence où Diane tente de mémoriser les prénoms est vraiment frappante. Dans cet épisode, l’important est le groupe et non l’individu. Cela se perçoit avec l’arc de Marissa aussi du côté politique.

Du côté de Diane, il est intéressant de noter comment le scénario modifie des faits réels pour les adapter à la série. Dans cet arc, Diane et Liz deviennent des antagonistes. J’ai d’ailleurs été surprise de leur dernière conversation au vu de leur choc face aux agissements du groupe radicalisé. La fin justifie clairement les moyens donc la suite de la saison promet beaucoup.

10/10

Bilan

Excellent épisode qui frappe fort et bien sur un sujet de société encore trop peu mis en avant.

1 Commentaire

  • Toff63
    Le 14/05/2019 à 14h25

    J'ai bien aimé moi aussi comment tout s'imbrique et se déchaîne à la fin sur le racisme, les différences salariales, les postes haut gradés pour les blancs, la mémoire collective variable (les victimes noires de la police US dont les blancs ignorent les noms), la séquence hallucinante du parc (à la fois raciste mais aussi mettant en avant la tension latente, la suspicion qui règnent dans nos sociétés sur ses questions) et bien sûr les insultes immondes sur les réseaux sociaux (le Sieg Heil notamment).
    La façon dont tout cela retombe sur Maia est intéressante et confirme principalement les désaccords du cabinet, avec Liz qui choisit de virer Maia, Diane pas d'accord (ce qui est étonnant, c'est que Diane et Liz sont copines comme cochon dans la trame anti-Trump et opposées sur Maia) et Boseman qui s'abstient (on aurait pu attendre plus de cojones de la part d'un pilier du cabinet).

    Sinon, la saison aborde souvent la thématique des Fake News, propose encore un animé hilarant et intelligent (la grenouille nazie) et traite habilement les célébrités à qui on oblige de choisir un camp politique. Elles ne sont pas les plus légitimes à la faire mais paradoxalement, leur avis induit celui d'une masse importante de la population.
    On notera aussi une référence aux mauvais traitements que peuvent subir les transsexuels, avec la soeur de Sabrina.

    Enfin, mon seul bémol serait du côté de Marissa et Julius. Certes, cette partie démontre que certains sont prêts à être moins radicaux et clichés dans leurs choix (Julius acceptant que Marissa soit sa responsable de campagne alors qu'elle ne partage pas ses idées) mais je regrette la justification hasardeuse de Marissa sur ses raisons (son père lui ayant appris à privilégier le succès aux convictions), une explication d'autant plus bancale que Marissa est en froid avec son père (elle se fait engueuler par l'ami de papa). À ce titre, je ne serais pas contre un petit retour d'Eli Gold!!! 9/10

Ajouter un commentaire







 Spoiler