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Proven Innocent - Bilan saison 1

Bilan saison 1 © 2019 - FOX

Parfois une série se rajoute comme ça dans votre liste et au lieu de la mettre à plus tard car vous êtes déjà en retard sur tout, vous la regardez en deux jours et décidez d’écrire un bilan de saison. Ça n’arrive pas qu’à moi n’est ce pas ?


Proven Innocent est une série produite par Fox avec laquelle j’ai autant de bonnes que de mauvaises expériences. Créee par David Elliot, la série raconte l’histoire de Madeline Scott, une femme emprisonnée avec son frère à tort pendant dix ans pour le meurtre de sa meilleure amie. Rachelle Lefevre campe le personnage principal durant 13 épisodes. La série est à ce jour annulée par Fox sans rumeur de reprise par une plateforme (Netflix ayant déjà capté Lucifer…). Les scénaristes ont eu la gentillesse et l’intelligence d’écrire une véritable fin avec quelques sous arcs d’ouverture mais dans l’ensemble le final apporte une réelle satisfaction à la série.

La série est classique, des procès/enquêtes différents à chaque épisode avec en fond l’arc principal autour du meurtre de Rosemary. Quelques sous arcs pour les personnages secondaires au passage. Sous ses airs de déjà vu, la série s’investie dans des thèmes importants avec toujours un message à faire passer. Celui-ci est donné dans l’épisode par le podcast de l’agence et le personnage de Violet. Cette technique a bien un effet répétitif dans la saison surtout dans la première partie. Cet aspect apparaît pourtant plus cliché que forcé car si ces moments sont souvent un peu ringard, ils apportent aussi de très belle scènes pleines d’émotions.

L’avantage principal de la série à mes yeux et qu’elle monte crescendo son niveau en abordant des thèmes parfois complexes mais de manière toujours simple. Si la finalité de certains épisodes est parfois rapide, d’autres donnent matière à réflexion. Je pense à « The Shame Game », « The Struggle for Stonewall » ou encore “Shaken”. La série a su frapper sur des thèmes importants : religion, racisme, homosexualité, égalité homme/femme… La qualité du scénario est que les scénaristes ont su ne pas aller trop loin et mesurer leur ambition. De ce fait, les histoires fonctionnent sans être superficielles.

Ensuite il y a l’arc principal qui a ses défauts comme le manque de surprise dans le dernier tiers de la saison sur l’identité du coupable. Mais aussi un twist génial dans le dernier épisode qui me fait tout pardonner. L’histoire de Madeline m’a vraiment fait penser à Veronica Mars : un personnage principal fort et indépendant, une meilleure amie disparue entourée de mystère… Si ce n’est pour les deux derniers épisodes, cet arc reste trop souvent en arrière plan pour s’imposer dans la série. Pour autant, il apporte de temps en temps un enjeu qui prend tout son sens dans le dernier tiers de la série.

J’ai aimé tous les personnages dans cette série. Même les antagonistes car ceux-ci sont montrés comme des êtres humains et pas seulement les méchants. Kelsey Grammer en particulier est génial. Le cast dans son ensemble est formidable, même ceux relégués en seconde zone arrivent à nous offrir des performances émouvantes. Rachelle Lefevre en tête que beaucoup reconnaîtront grâce à Under the Dome donne vie à un personnage haut en couleur, drôle, touchant et même inspirant. L’actrice réussit à balancer efficacement humour et émotion avec des scènes parfois difficiles. Je pense par exemple à l’épisode « Acceptable Losses » dont la fin tragique fait sortir les mouchoirs.

Ensuite nous avons Russell Hornsby dans le rôle d’Ezekiel qui manque d’histoire personnelle mais compense par de très jolis moments. L’acteur est d’ailleurs assez surprenant dans sa performance : opposé au feu de Madeline, il est celui qui pleure en silence. Du coup, il est toujours intéressant de voir ce style de personnage en difficulté dans le scénario. Enfin je citerai, Nikki M. James qui avec Rachelle Lefevre possède le meilleur jeu de la série. Son personnage à la fois pétillant et touchant apporte souvent une fraîcheur bienvenue notamment dans son duo avec Bodie. Je citerai aussi l’épisode « Cross to Bear » dans lequel l’actrice donne juste tout ce qu’elle a.

Pour conclure, je me dois de pointer le fait que Proven Innocent a choisi de créer un personnage principal bisexuel qui finit en couple avec une femme. A l’heure où les productions voient trop souvent la bisexualité (en particulier chez les femmes) comme un effet de mode ou un moyen de faire de l’audience (ou simplement le buzz), la série fait un autre choix. Le scénario nous présente une histoire d’amour tellement simple et efficace. Une introduction, quelques flashbacks, une conversation importante sur la sexualité, pas de drama inutile et le tour est joué. Voilà un couple LGBTQ sain avec un happy ending. Difficile de demander plus pour une saison de 13 épisodes.

Note : 8.5/10

8/10

Bilan

Proven Innocent n’est pas une pépite de l’année 2019 mais c’est une belle surprise qui aurait mérité plus d’audiences, voire une suite. Grâce à un beau casting et des histoires intéressantes, la série se regarde facilement et apporte des sujets de réflexion parfois surprenants.

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