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Game of Thrones - 8x5 : The Bells

Résumé

Les troupes de Daenerys et Cersei s’affrontent à Port-Réal dans la dernière ligne droite pour le Trône de Fer.

8x5 : The Bells © HBO - 2019

Attention : vous devez avoir vu l’épisode avant de lire cette critique.

Disclaimer : Le fait que ce soit une critique implique une vision totalement subjective, et donc personnelle, en plus de ne pas être exhaustive. Vous êtes donc libres de partager votre point de vue, en accord ou non avec le mien, dans la partie « Commentaires » ci-dessous. Vos critiques constructives ou vos avis seront toujours les bienvenus. Bonne saison et bonne lecture !

La semaine dernière, The Last of the Starks s’occupait de mettre en scène les conséquences de la Bataille de Winterfell tout en préparant le terrain pour la Dernière Guerre. Et c’est de cette dernière dont il est question cette semaine dans The Bells qui signe la dernière ligne droite pour le Trône de Fer. Game of Thrones nous avait laissé avec l’exécution de Missandei qui mit le feu aux poudres dans l’antichambre tendue de la guerre à venir. On retrouve la série peu après à Peyredragon où Varys s’affaire à mettre en oeuvre son plan de révéler la vraie identité de Jon Snow dans l’optique de voir s’asseoir un meilleur leader sur le Trône. Clairvoyante, la Mère des Dragons court-circuite sa tentative de discréditation – voire d’assassinat - et condamne Varys à mort. Bouc émissaire de la trahison de Jon et de Tyrion, l’Araignée disparaît dans les flammes de Drogon, la peur au ventre mais la satisfaction d’avoir au moins essayé d’éviter un probable bain de sang à Port-Réal. Conleth Hill offre un tour d’honneur plein d’émotion à son personnage dans une prestation d’une justesse inouïe, fidèle à ce qu’il a proposé ces sept dernières années dans la série. Après Littlefinger, disparaît ainsi le dernier marionnettiste du pouvoir dont l’influence s’est étendue sur tout le Royaume des Sept Couronnes.

Cette sombre introduction d’une dizaine de minutes enfin terminée, The Bells dévoile enfin les dernières heures avant la Dernière Guerre. L’épisode dépeint une Daenerys de plus en plus isolée, emplie d’une vengeance froide et amère. Face aux multiples écarts de Tyrion, à un amant peu chaleureux à son égard et à la trahison à distance de Sansa, la jeune Targaryen essuie revers sur revers et bascule peu à peu vers le côté obscur. Sans expérience de règne, le conseil de guerre qu’elle s’est constitué, son entourage le plus proche, explose en morceau au moment précis où elle en a le plus besoin. La première demi-heure offre un au revoir plein d’émotion entre Tyrion et son frère Jaime. L’échange est soigné, chaque mot prononcé et chaque regard lancé lourd de sens. En parallèle, The Bells finit de nous montrer la préparation défensive de Port-Réal entre les civils rassemblés comme bouclier humain ou encore l’alignement des troupes de la Compagnie Dorée. L’allure de cette dernière tranche foncièrement avec l’amas de guerriers de la coalition rincés par la bataille de Winterfell : en pleine forme, les mercenaires venus d’Essos sont parfaitement alignés et arborent des armures de bronze et d’or brillantes.

Au bout de trente minutes d’une atmosphère tendue, The Bells donne un coup de fouet tonitruant à l’intrigue, donnant le signal de départ de quarante-cinq minutes d’une Dernière Guerre rythmée. Juchée sur Drogon, Daenerys décoche une attaque frontale foudroyante sur la flotte d’Euron Greyjoy et en vient à bout en quelques bouchées. La figure du dragon, affaiblie après une exténuante bataille de Winterfell, retrouve ses lettres de noblesse et impose une surpuissance qui transcende l’écran. La percée d’un rempart grâce à Drogon permet aux troupes au sol de lancer l’assaut sur la Capitale en éliminant les quelques casques dorés dispersés encore vivants après le souffle de l’explosion. En quelques secondes, la redoutable Compagnie Dorée teasée depuis la saison dernière disparaît dans une facilité scénaristique difficile à avaler.

Après cet assaut éclair aux allures de blitzkrieg, Port-Réal se retrouve acculée. Comme les personnages, nous retenons notre souffle en attendant que les cloches sonnent pour ordonner la reddition de la Capitale. Au sol, la coalition fait face aux dernières troupes Lannister tandis que Daenerys posée sur l'un des remparts de la ville observe le Donjon Rouge au loin, symbole de toute l’injustice subie par sa famille depuis des générations. Rongée par la rage, la Mère des Dragons finit par succomber à son désir profond de vengeance et fait s’abattre un déluge de feu sur Port-Réal encore occupée par des dizaines de milliers de civils. Vers-Gris quant à lui prend la décision d’attaquer les soldats au Lion qui s’étaient pourtant rendus. En un clin d’œil, The Bells renverse les rôles : les libérateurs deviennent des tortionnaires à l’origine d’un massacre sanglant. Au loin, Tyrion observe impuissant la Reine des Dragons devenir la Mad Queen qu’elle s’est toujours refusée être. Quant à Jon Snow, il assiste, sonné, aux agissements ignobles de ses propres troupes assoiffées de sang alors que Davos essaye tant bien que mal de sauver quelques civils. Et Game of Thrones ne lésine pas sur les moyens pour mettre en scène l’horreur du massacre comme rarement elle l’avait fait ces deux dernières années avec des séquences qui comptent parmi les plus sanglantes du show.

Petit à petit, le ciel de Port-Réal s’assombrit par la fumée de la ville qui se consume au grès des puissantes incursions enflammées de Drogon. Mise de côté ces deux dernières saisons à cause de l’intrigue cristallisée dans le Nord, Port-Réal bénéficie de nombreux décors réels qui apportent une plus-value non-négligeable à l’action. Plusieurs rues et bâtiments ont été recréés en dur, jusque dans les moindres détails, puis détruits pour les besoins du tournage. À souligner l’extraordinaire travail des pyrotechniciens qui donne à ce déluge de feu toute l’ampleur qu’il mérite à l’écran. Ces effets spéciaux pratiques sont magnifiés en post-production grâce à des effets spéciaux numériques soignés qui rendent au mieux la destruction de la Capitale. Si l’attente de cette ultime saison aura été un supplice pour beaucoup, elle aura néanmoins permis de prendre le temps de peaufiner la qualité cinématographique de la série à l’heure où les grosses productions s’enchaînent à un rythme effréné néfaste pour leur identité visuelle.

En parallèle, deux affrontements plus intimes se jouent en marge de l’apocalypse urbaine. Jaime Lannister, bien décidé à sauver sa sœur, voit sa route barrée par l’impertinent Euron Greyjoy qui a survécu à la déroute de sa flotte. Expédiée, pour ne pas dire bâclée, ce qui se résume à une néanmoins honnête bagarre de chiffonniers ne restera pas dans les annales. Au cœur de la Cité, le Cleganebowl si longtemps attendu est quant à lui à la hauteur des attentes. Alors que le grand escalier du Donjon Rouge s’effondre, les deux frères ennemis s’affrontent sans merci sur une toile de fond apocalyptique qui voit Drogon survoler la scène et continuer de détruire les alentours. Au terme d’un corps à corps haletant qui voit le Limier se faire écraser par l’imperturbable Montagne, le plus jeune des frères finit par emporter son aîné dans une chute vertigineuse à l’issue fatale : celui dont la peur du feu avait forgé son caractère mourra au cœur d’un brasier en contrebas qui signe la fin d’une quête de vengeance teintée de rédemption. Quelques minutes auparavant, un émouvant échange sous forme d’adieux avec Arya scellait le destin du personnage qui était devenu, malgré lui, un ange gardien pour la jeune Stark.

L’apocalypse de feu et de sang bien entamée, The Bells quitte les airs pour adopter le point de vue des civils au sol, victimes collatérales des décisions des leaders et de leurs conflits personnels. Pour cela, l’épisode offre sept minutes de chaos intense dans les rues de la Capitale grâce à une caméra embarquée suivant Arya charriée par la foule en panique qui tente d’éviter les attaques du dragon. Daenerys ne sera quasiment plus visible à l’écran, comme si elle avait fusionné avec Drogon qui continue inlassablement d’écraser Port-Réal sous une avalanche de flammes. Comme si ce n’était pas assez, les réserves de feu Grégeois s’embrasent et dévastent le peu de bâtiments encore debout. En transposant les récits des conflits historiques modernes dans leur fiction, les équipes créatives parviennent à nous immerger au cœur de l’action avec efficacité.

Dans son épopée vengeresse, Daenerys a manqué une occasion en or d’éliminer Cersei de ses propres mains. On peine encore à comprendre pourquoi elle a préféré cracher toute sa haine dans les rues de Port-Réal pendant de longues minutes plutôt que de foncer détruire le Donjon Rouge dès le début. Ce n’est pas pour autant que la Reine Mère va échapper à la vendetta de son ennemie. Si Cersei est parvenue à esquiver les flammes de Drogon grâce à l’entêtement de Qyburn, elle finira écrasée dans un souterrain de la Capitale en tentant de s’enfuir avec Jaime. Quand bien même Lena Headey joue une partition parfaite d’une Cersei acculée en pleine débâcle, la séquence manque d’un petit quelque chose qui aurait pu lui donner plus d’ampleur et d’émotion. Quant à la cause de la mort elle-même, elle est l’objet d’un débat houleux chez les fans déçus de ne pas voir Cersei subir le même sort que Ned Stark. Un contre-pied assumé pour David Benioff et D.B. Weiss qui, face à la prévisibilité naturelle du dénouement de certaines intrigues, ont préféré déjouer les théories.

Après avoir destitué deux des plus grands symboles de la série, Port-Réal et Cersei Lannister, Game of Thrones conclue sa Dernière Bataille sans cliffhanger. Plus que jamais proche de la fin du show, l’action est bouclée sans détour et c’est le cas ici pour The Bells qui s’attarde quelques instants sur le calme après la tempête de feu. À l’image de la ville, Arya se réveille hagarde, couverte de cendres et de sang, dans un paysage aux allures de fin du monde. Dans cet enfer, une apparition quasi-mystique lui offre une occasion de s’échapper en la personne d’un cheval blanc aussi symbolique que salvateur. Port-Réal désormais tombée, Daenerys Targaryen peut enfin accomplir sa destinée en s’asseyant sur le Trône de Fer pour écrire une nouvelle Histoire après avoir annihilé l’ancienne. Gageons que si la Mère des Dragons a pleinement endossé le costume de Mad Queen, les Tyrion et autres Jon Snow auront du souci à se faire la semaine prochaine.

En attendant, il n’y a pas que Daenerys qui est furieuse après cet épisode. Dans les rangs des fans, la colère monte contre les showrunners accusés d’avoir pondu le « pire » épisode de la série. Leurs choix créatifs étant soumis à subjectivité, ils allaient forcément en décevoir plus d’un, c’est pourquoi je vais plutôt m’attarder sur la forme. Comme je le dis depuis que j’écris sur Game of Thrones, Benioff et Weiss ne sont pas les meilleurs scénaristes que la série ait pu connaître. Et pour ces ultimes épisodes cruciaux, ils auraient clairement dû ne s’occuper que de la mise en œuvre générale du dénouement en laissant les détails de l’écriture à d’autres scénaristes autrement plus talentueux. On regrette amèrement les intrigues secondaires bouclées en toute hâte ou des pans entiers de l’action expédiés à vitesse grand V (la Compagnie Dorée, la défense de Port-Réal ou le sort de figures historiques pour ne citer que ça). Poids créatif insupportable pour conclure la saga télévisée la plus regardée ou simple hâte d’en finir ? La polémique sur la vitesse de résolution d’intrigues pour certaines lancées dès les débuts de la série n’en finit pas d’enfler et la rumeur non plus : HBO aurait proposé aux deux showrunners de financer plus d’épisodes pour conclure Game of Thrones. Bien entendu, plus d’épisodes – ou des épisodes plus longs – ne sont pas un gage de qualité, et la série l’a déjà prouvé par le passé. Une chose est sûre, les choix créatifs de Benioff et Weiss ne satisferont jamais tout le monde, le duo devenant un inévitable bouc émissaire pour les fans déçus. Probablement un revers de médaille inéluctable comme l’ont pu connaître les George Lucas et autres Peter Jackson au cinéma après avoir offert des suites décriées à leur succès mondiaux.

Bien heureusement, si les fans peuvent être amers et rancuniers, ils ne sont pas aveugles. Les prouesses techniques du show sont largement saluées par le public qui, s’il regrette le fond, applaudit la forme. Bien sûr, l’interprétation des comédiens, emmenés par une Lena Headey et une Emilia Clarke d’une justesse folle, participe à la réussite de cet épisode. Ramin Djawadi propose une bande originale soignée de circonstance qui souligne les moments épiques au même titre qu’il donne de la profondeur aux séquences émotion. Métier de l’ombre trop souvent oublié, le montage de The Bells lui donne toute l’ampleur nécessaire pour nous faire vibrer dans les moments d’action autant que les phases de tension grâce à une gestion du temps maîtrisée. Profitons-en pour saluer les innombrables petites mains qui font la qualité de Game of Thrones entre les dizaines de costumiers, maquilleurs, cascadeurs, figurants et autres plâtriers, charpentiers ou encore peintres.

Débarrassé du poids d’une Bataille de Winterfell trop attendue, Miguel Sapochnik impose une mise en scène finement menée et prouve, s’il le fallait de nouveau, tout son talent pour sa dernière réalisation sur la série. Son binôme Fabian Wagner derrière la caméra signe quant à lui une photographie sobre et soignée foncièrement différente de son travail sur The Long Night mais tout aussi qualitative. Le directeur de la photographie a mis en œuvre des moyens techniques de pointe en termes de machinerie ou de dispositifs de captation (jusqu’à 9 caméras en même temps) pour restituer au mieux ce tournant symbolique du dénouement du show.

Les chiffres suivants résument assez bien la réception publique et critique de ce cinquième épisode. Game of Thrones pulvérise de nouveau son record d’audience avec 18,4 millions de téléspectateurs devant l’épisode dimanche soir aux Etats-Unis. En revanche, la série enregistre son pire score sur Rotten Tomatoes alors que ce cinquième épisode entre dans les top 3 des épisodes les moins bien notés sur IMDb.

8/10

Bilan

Le pénultième épisode de la série souffre des problèmes inhérents à cette ultime saison qui use de facilités scénaristiques parfois déconcertantes pour mettre en œuvre son grand dénouement. Sur la forme, Game of Thrones propose ce qu’elle sait faire de mieux avec une copie de très haute qualité qui permet à l’épisode de s’en sortir avec les honneurs malgré un fond fragile.

6 Commentaires

  • SukaiChan
    Le 16/05/2019 à 15h36

    Un très très grand Merci Yazid pour ta critique tout en nuance et en finesse. Merci de saluer et ainsi rappeler le travail titanesque des épisodes qui se joue en coulisse.
    Je te rejoins entièrement sur ta critique de ce cinquième épisode.

    Aerys II le Roi Fou " comptait brûler avec nous et ressusciter... renaître sous la forme de dragon et réduire ses ennemies en cendres. " racontait Jaime à Brienne. Finalement son vœu aura été exaucé grâce à sa fille, Daenerys Targaryen, Queen of the Ashes. Le fantôme de son père planait sur cet épisode... et sur sa fille.

    Grosse déception concernant la Compagnie Dorée... autant ne pas inclure cette dernière et la remplacer à l'écran par une faction de l'armée Lannister.

    Ma deuxième déception étant Jaime Lannister et son évolution à revers. Je tiens d'ailleurs à m'excuser auprès de @Cassidy. Je pensais vraiment qu'il allait tenter de tuer Cersei... le voir retomber dans ses travers de la première saison et oublier totalement Brienne a été une grosse déception.
    Néanmoins je dois tirer mon chapeau aux acteur Lena Headey et Nikolaj Coster-Waldau qui ont réussi a m'émouvoir lors de leur retrouvaille.

    Merci encore Yazid pour ta critique.
    Encore un dernier épisode... une dernière critique et j'espère un bilan de la saison... voire de la série ?!

    8/10

  • Pascal
    Le 16/05/2019 à 16h56

    " Leurs choix créatifs " : tu parles des ficelles , du manque de finesse , de la bêtise des personnages et des foreshadowing et développements des personnages balancés à la poubelle ?
    Il y a une petite vidéo qui circule sur YouTube où on peut voir la réaction des acteurs quand on leur demande leur avis sur cette dernière saison ; ça résume bien la situation...

    C'est plus qu'un débat forme / fond à ce niveau là malheureusement.

    Et vu les leaks qui circulent le dernier épisode risque de battre tous les records en terme de critiques négatives.
    Ces deux scénaristes auront réussi l'exploit de faire rejoindre Game Of Thrones dans la catégorie des fins de saison de merde avec Lost et Dexter...

  • cyp
    Le 16/05/2019 à 17h54

    Pareil que SukaiChan concernant ta critique, Yazid: bravo !

    Les mêmes déceptions, aussi: gâcher Jaime, la compagnie Dorée (qui aurait mieux fait de changer de camp pour apparaître si peu), même Varys qui n'en était qu'à l'ébauche de ses plans et en espérant qu'on en reparlera dans le dernier épisode. Mais quelle mort !

    J'ai quand même beaucoup aimé la construction de l'épisode, presque en miroir/opposition avec The Long Night, jusque dans certains plans avant le déclenchement (revues des troupes, franchissement de la porte). Il y avait une belle progression des thèmes musicaux, de l'enchaînement des plans, de l'évolution de la lumière... beaucoup plus naturels que Daenerys devenant Mad Queen.

    J'ai également trouvé visuellement très beau le combat des frangins et la sécheresse de la fin de Qyburn.

    Grosse déception par contre concernant Cersei, trop statique quand son rêve s'écroule, et comme beaucoup j'aurais préféré qu'elle souffre plus dans ses derniers instants. Mais j'avais sans doute projeté trop d'attentes personnelles sur sa mort. Et pareil, je n'ai pas compris que ni Daenerys, ni Grey Worm ne se ruent sur le donjon pour lui faire payer la mort de Missandei.

    Il manquait effectivement beaucoup de scènes de dénouement, dommage car ce n'était pas forcément les plus chères à produire, et que le fan service, ça devrait quand même compter un peu plus !

  • Toff63
    Le 17/05/2019 à 11h38

    Ben alors là mon cher Yazid, je ne suis pas du tout d'accord avec ta critique, pour ce qui est pour moi le pire épisode de Game of Thrones pour l'instant (j'ai peur que le series finale me déçoive encore plus).

    Certes, on voit du budget à l'écran mais j'attendais autre chose de cet épisode que 45 minutes de chutes de pierres, de feu et de gens brûlés par Drogon. Quant à la réalisation, si l'excellent Miguel Sapochnik a quelques fulgurances, le combat Euron-Jaime est très mal filmé (et chorégraphié aussi d'ailleurs) et celui entre Clegane et Gregor n'est pas exceptionnel.

    Maintenant, passons aux choses qui fâchent grandement. Si on excepte la séquence touchante entre Jamie et Tyrion et la mort de Varys, le scénario est un amas de ratés colossaux.
    - Déjà, on rentre dans King's Landing comme dans un moulin, c'est pratique pour Jaime, Arya et Clegane!!!
    - Comment Drogon, mal en point auparavant face au Scorpion a t-il fait pour tout détruire en 2 temps 3 mouvements ici???
    - Qu'est ce que c'est que ce traitement de la Compagnie Dorée??? Brûlée en 2 secondes, bizarrement positionnée devant le château (c'est complètement idiot!!!!) et ne servant qu'à fournir un cheval à Arya...
    - Franchement, n'y avait-il pas mieux que Jaime pour tuer Euron?? Le coup du Jamie tue Euron car il a couché avec Cersei est sacrément nul. Daenerys (pour le meurtre de Rhaegal) et surtout Yara Greyjoy (pour sa capture) étaient des candidates bien plus légitimes, mais visiblement, Yara a été libérée en début de saison juste pour l'arc rédempteur de Theon!!!
    - Comment Tyrion et Jon peuvent-ils être aussi naïfs sur le futur pétage de plomb de Daenerys alors que Missandei a été tuée sous ses yeux et qu'elle clame haut et fort que Jon l'a trahie??? Les motivations de Ver-Gris sont plus légitimes mais pourquoi les soldats l'écoutent-ils d'abord puis suivent les ordres de Jon (pour battre en retraite)???
    - J'ai pas aimé du tout ce qui a été fait avec Arya. L'inversion des rôles entre elle et Clegane est dommageable. On est passé d'un Clegane qui a peur du feu et une Arya courageuse (elle tue le night king) à un Clegane qui court à la mort et une Arya qui semble être redevenue toute frêle, un comble alors que la série a mis 8 saisons à l'endurcir!!!
    - Je passe vite sur la mort de Qyburn, massacré par la créature qu'il a créée.
    - La disparition du duo Jamie-Cersei n'a généré aucune émotion, c'est bâclé comme c'est pas permis et la pauvre Cersei a passé la saison à siroter du vin sur son balcon et met 3 siècles à comprendre que Drogon détruira le Red Keep!!!
    - Quid du prince anti-Cersei à Dorne??? Va t-il profiter de la fragilité de King's Landing pour tout rafler à la dernière minute? Ce serait très bizarre, je crois plutôt qu'on le verra jamais...
    - Enfin, pourquoi Daenerys ne va pas directement tuer Cersei? Surtout, quelle idée de détruire tout King's Landing alors que c'est le siège du trône convoité par Daenerys???

    J'ai sûrement oublié d'autres éléments grossiers qui confirment que Weiss et Benioff sont en train de boucler la série de manière catastrophique, alors même que HBO était prête à mettre la main à la poche pour plus d'épisodes et plus de saisons... Si je peux comprendre que les 2 créateurs aient voulu arrêter d'être sur la série pour causes personnelles (emploi du temps chargé), pourquoi ne pas avoir laissé la série à d'autres showrunners qui auraient amené de la fraîcheur et de la motivation pour terminer cette épopée grandiose???

    Bref, on en prend plein la tronche pendant 1h15 mais les choix scénaristiques sont dans leur quasi-totalité mauvais. C'est bien beau de vouloir surprendre le téléspectateurs en allant à rebours des théories, encore faut-il que ça ait du sens, ce qui est rarement le cas. 3/10

    Quid de l'épisode final? Je verrais bien Tyrion tuer Daenerys, Jon tuer Drogon (car sa force de destruction est terrible) et Sansa prendre le contrôle du royaume. Pour les autres personnages, la déception devrait être de mise (j'ai peur pour Arya)...

  • Cassidy
    Le 17/05/2019 à 23h08

    Encore un très bonne critique, très complète, merci Mr. Doudou.
    Quel gâchis, mais quel gâchis! D&D avaient de l'or en barre dans les mains et ils en ont fait de la bouse!
    Je ne vais pas revenir sur les énormes facilités scénaristiques et les choix incohérents, tu les a pointés et les coms précédent aussi.

    Dany qui devient Mad Queen oui, 3 fois oui...mais pas comme ça.
    Le plus gros souci pour moi c'est la progression du perso vers son rôle de Mad Queen est pour moi totalement raté. Oui on a vu qu'elle pouvait être cruelle, sans pitié...avec ceux qui lui ont causé du tord ou qu'elle considère comme des ennemis.
    Mais de là à atomiser la population innocente de KL, pendant 30mn, 30 longues minutes, alors qu'elle à gagnée, ben non, ça c'est un truc de psychopathe, au sens clinique du terme.
    On ne nous a jamais présenté le perso comme étant une psychopathe. D'ailleurs je trouve ça un peu facile de ne plus montrer le perso à partir du moment ou elle commence son barbecue géant. Tout comme pour l'annonce de Jon de son statut de Targaryen à ses soeurs, la série skip sur des moments importants. Du coup elle rigole comme une tarée, elle pleure, elle est super vénèr...on saura jamais!

    D'une manière générale, dans cet épisode beaucoup de personnages évoluent à rebours de leurs développement durant 8 saisons. Il y a un côté tragédie grecque "on ne peut échapper à son destin/passé/héritage".

    Jaime retour auprès de Cersei niant tout l'arc de rédemption du perso (du coup tout ce qui se passe avec Brienne apparaît rétrospectivement comme du pur fan service).

    Dany devient folle parce qu'elle vient d'une famille de fous et qu'on échappe pas à ses gènes.

    Jon aussi idiot, naïf et sans sens politique que Ned, Robb et Catelyn Stark. (Heureusement que Sansa, Arya et Bran rattrapent le coup).

    Quand on y pense toute cette situation découle de la volonté de Bran de faire savoir à son frère son véritable héritage, sa vraie identité. C'est Bran qui informe Samwell Tarly de ce fait, c'est lui qui l'encourage à le dire à Jon déclenchant toute la suite d'événements de cette saison 8. Quelle est sa motivation? Si on image cette saison sans cette encombrante révélation on à tout autre chose du coup. Enfin on verra la fin.

    @SukaiChan il n'y a pas de souci, on discute entre "séries addicted" c'est tout! :)

  • Yazid
    Le 19/05/2019 à 16h03

    @SukaiChan : merci pour ton éternel enthousiasme. Bilan de la saison oui, mais de la série pas sûr. J'écris pour le site depuis la saison 6 seulement et je n'ai pas fait ce travail d'analyse sur les saisons précédentes pour lesquelles je n'avais pas encore les outils/reflexes d'analyse.

    @Pascal : je comprends ton amertume, et j'ai pu la partager ici et là dans mes reviews. On sait que c'est compliqué d'écrire une fin de série (encore plus ici vu le développement des intrigues) et Benioff et Weiss n'y échappe pas. Au delà de ça, certains de leurs choix restent clairement questionnables.

    @Toff63 : on ne peut pas être toujours d'accord ^^ J'entends tes arguments ceci-dit et en partage pas mal, j'imagine que la qualité technique de l'épisode a permis de dissimuler à mes yeux les manquements évidents en terme d'écriture.

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