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Game of Thrones - 8x6 : The Iron Throne

Résumé

Port-Réal détruite et le Trône de Fer enfin remporté, Daenerys entreprend d’asseoir son pouvoir sur le Royaume des Sept Couronnes.

8x6 : The Iron Throne © HBO - 2019

Attention : vous devez avoir vu l’épisode avant de lire cette critique.

Disclaimer : Le fait que ce soit une critique implique une vision totalement subjective, et donc personnelle, en plus de ne pas être exhaustive. Vous êtes donc libres de partager votre point de vue, en accord ou non avec le mien, dans la partie « Commentaires » ci-dessous. Vos critiques constructives ou vos avis seront toujours les bienvenus. Bonne saison et bonne lecture !

Le 5 Juin 2011 était diffusé le premier épisode de ce qui allait être la plus grande saga fantastique du petit écran. Huit ans plus tard, elle s’achève non sans une certaine pression : attendu pendant près de vingt mois, le dénouement de Game of Thrones déchaîne les passions. The Iron Throne, qui fait office de series finale, cristallise les espoirs de dizaines de millions de fans à travers le monde entier qui espèrent des showrunners David Benioff et D.B. Weiss LA fin que la série mérite. Alors, défi relevé ou regrettable déconvenue ?

The Iron Throne nous plonge directement dans les séquelles du déluge de feu qui vient de s’abattre sur Port-Réal. Dans un silence de plomb et arborant une mine inquiète de circonstance, Tyrion s’avance dans les rues carbonisées de ce qui fut sa demeure autrefois. Quelques rares survivants brûlés ou couverts de sangs errent, hagards, au milieu des tas de cadavres recouverts par les cendres charriées par le vent. Un peu plus loin, Vers-Gris et ses Immaculés s’affairent à exécuter le maigre reliquat de soldats Lannister qui s’étaient pourtant rendus, et ce malgré les protestations d’un Jon Snow décidément impuissant face à la volonté de la Mère des Dragons. Un drame plus personnel se joue dans les souterrains de la Capitale où Tyrion finit par découvrir les cadavres de Jaime et Cersei qui n’ont pas réussi à fuir. Un rare moment d’émotion pour le personnage qui nous a habitué à une attitude contrôlée de tous temps et qui peut se lâcher à l’abri des regards.

Au terme de cette introduction - silencieuse ou presque - d’une dizaine de minutes, Game of Thrones tourne la page et met en scène le tout début du règne prophétique de Daenerys Targaryen. La jeune femme embrasse pleinement sa désormais nouvelle figure de Mad Queen, sous l’égide d’un Drogon triomphant surplombant la cité qu’il vient de terrasser. La Mère des Dragons s’adresse aux Dothrakis dans leur langue comme pour souligner la victoire des « étrangers » sur les Westerosis. Vu leur nombre, les cavaliers n’ont donc visiblement pas tous péris dans la Longue Nuit. La foule galvanisée nourrit ce discours aux airs dictatoriaux de cris à la gloire de l’orateur. On est loin des tirades enflammées des dictateurs du siècle précédent qu’Emilia Clarke a étudiées pour tenter de rendre crédible cette prise de pouvoir. La comédienne parvient néanmoins à sauver les meubles malgré des conditions de tournage peu propices à savoir un fond vert comme unique partenaire de jeu auquel elle s’adressait dans une langue étrangère.

Daenerys en profite pour rappeler d’où elle vient : elle se remémore la promesse de Drogo, devenue sienne à la mort du Khal, d’écraser les Sept Couronnes et son système corrompu. Elle exprime clairement où elle va dorénavant : comme si mettre la main sur le Trône de Fer n’était pas suffisant, c’est une véritable guerre globale teintée de vendetta personnelle qui se profile pour Westeros. La Briseuse de Chaînes est belle est bien devenue un tyran au même titre que ceux qu’elle a destitué au cours de son épopée. Dans une fulgurance de courage, ou peut-être par simple désenchantement, Tyrion affronte publiquement sa Reine aveuglée par le pouvoir. Si cette dernière semble échapper une lueur de pitié pour son conseiller, elle fait preuve de rigueur sous les yeux de Jon Snow paralysé par la situation qui lui a échappé des mains il y a déjà fort longtemps. La séquence de dix minutes, dirigée par les showrunners eux-mêmes, ne fera pas dans la dentelle : quelques plans symboliques et jeux de regards bien placés feront le travail sans réellement fournir l’envergure méritée à ce coup d’État emblématique.

La séquence suivante, autrement moins symbolique, peine à relever le niveau d’un series finale qui s’enlise au fur et à mesure que le temps passe. Si l’échange entre Jon et Tyrion dans la geôle de ce dernier revêt une importance particulière dans la caractérisation des personnages, il finit par se perdre en blablas. La conversation ne semble exister que pour clarifier - s’il le fallait - le dilemme autour d’une Mad Queen devenue une évidente menace. On peine à comprendre le choix de ce rappel trop long et peu subtil alors que cette saison mettait un point d’honneur à favoriser le langage non verbal de ses personnages grâce à des jeux de regards et de postures lourds de sens. S’il était si important d’entendre ces mots de la bouche des protagonistes, pourquoi ne pas les avoir distillés précédemment plutôt que de grossièrement les amalgamer dans une unique séquence ? Peter Dinklage parvient à apporter un peu de légèreté grâce aux célèbres piques ironiques de Tyrion face à un Jon Snow mono-expressif noyé dans le déni, offrant une fenêtre de jeu beaucoup trop restreinte à Kit Harington.

Au bout d’une demi-heure, le series finale réintroduit le Trône de Fer qui s’était fait discret ces dernières saisons malgré avoir été au cœur de toutes les convoitises. Daenerys traverse la salle du Trône qui baigne dans une atmosphère post-apocalyptique aux allures de prophétie. Mesurant chacun de ses pas, la jeune femme s’approche de son destin sans le quitter du regard, obnubilée par son aura. Elle se contentera de le toucher délicatement sans s’y asseoir, comme si elle avait besoin de l’apprivoiser tout en s’assurant qu’il ne s’agisse pas d’une illusion : le season two finale Valar Morghulis avait montré une vision quasi-identique éprouvée par ce qui n’était alors qu’une jeune fille fragile. Là aussi elle se fait interrompre, non plus par les pleurs de son enfant à naître mais par son amant Jon Snow venu demander des comptes. Tiraillé par son éternel dilemme, ce dernier qui s’est avéré être un Targaryen également finit par assassiner la Reine des Dragons en profitant d’un moment de proximité intime. Le choix d’un futur moins sombre plutôt que de l’amour mis en scène à la sauce tragédie grecque par le biais de l’émotion, à grands renforts d’instruments à cordes et de larmes. La relation entre les deux personnages n’ayant jamais été correctement traitée, on peine à ressentir le sacrifice de Jon Snow et la vague de sentiments contraires qui le submergent. Aussi décevante qu’a pu être l’issue du couple Cersei/Jaime pour une partie des fans, le comportement de ces personnages était au moins justifié par plusieurs années de caractérisation suivies.

Benioff et Weiss ont donc raté le coche. Il faut attendre l’intervention d’un tiers extérieur surprenant pour que la séquence atteigne enfin l’intensité qu’elle mérite. Alors que Daenerys vient de relâcher son ultime souffle, le dernier de ses enfants débarque pour affronter un Jon Snow prêt à mourir en martyr. Contre toute attente, ce dernier est épargné par Drogon qui, après avoir déchiré le ciel de la Capitale d’un cri de douleur, déchaîne toute sa puissance de feu sur le symbolique Trône de Fer. Les mille épées qui le constituent ne résistent pas à l’ardent chagrin de la bête qui ne laissera qu’une vulgaire masse de métal en fusion de ce qui était l’image d’un pouvoir gangréné. Le Trône, forgé grâce au feu d’un dragon, subit d’ailleurs le même sort qu’un fameux Anneau Unique dans un univers pas si éloigné que ça. Ramin Djawadi offre une partition aussi épique que délicate pour l’ultime climax de la série. Celui-ci se conclut sur Drogon emportant le corps de la Mère des Dragons dans le ciel trouble de Port-Réal qui aura vu la consécration puis la chute de cette extraordinaire destinée.

On aurait pu s’arrêter là, fermer le rideau et digérer le dénouement de huit années d’aventures. Mais nous ne sommes qu’à la moitié de The Iron Throne qui va maintenant s’activer à poser les nouvelles bases de cet univers dans une seconde partie qui aura fait grincer plus d’un téléspectateur. Pourquoi ? Parce que les showrunners ont décidé de ne pas conclure leur série sur un coup d’éclat et ont préféré nous donner quelques idées du futur qui prend désormais place après huit saisons de développement. Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson ne s’est pas terminé sur la destruction de l’Anneau et le couronnement d’Aragorn. Nous avons pu voir nos héros, quatre ans plus tard, entamer leur nouvelle vie grâce à une séquence quasi-onirique. Autre saga au succès planétaire, Harry Potter ne s’est pas arrêtée sur l’anéantissement de Voldemort et nous a offert son célèbre « Dix-neuf ans plus tard ». Dans leur perpétuelle volonté de boucler la boucle à coups de références, clins d’œil et autres séquences filmées au plan similaire près, Benioff et Weiss proposent une espèce de prolongement de conclusion au parfum de nostalgie des premières heures de la série. Une technique narrative classique qui ne nous empêche pas de prêter attention à sa mise en œuvre.

Et on ne va pas se mentir, tout n’est pas bon à prendre. Le fondu au noir qui articule les deux parties du series finale cache une ellipse qui, à en croire l’état de Tyrion croupissant dans un coin de sa cellule, représente un bon bout de temps. « Quelques semaines » (on n’en saura pas plus) pendant lesquelles Port-Réal est devenue une junte militaire confrontée par la coalition du Nord qui réclame la libération de Jon Snow fait prisonnier. On regrette l’utilisation peu pertinente de cette ficelle scénaristique tant les questions qu’elle occulte suscitent notre curiosité. On aurait aimé voir les conséquences directes de la mort de Daenerys, chez ses hommes comme chez ses rivaux, par exemple. Sans provoquer une énième bataille, le siège de la Capitale par les Nordiens et les diverses manœuvres politiques auraient donné plus de sens au sommet qui se tient à Fossedragon.

En effet, The Iron Throne réunit les leaders de Westeros, le nouveau prince de Dorne y compris, dans les ruines de la fosse aux dragons vue la saison dernière. Au programme, pourparlers avec Vers-Gris (devenu Torgo Nudho) en vue de libérer Tyrion et Jon Snow. Timide passe d’armes sans saveur dans l’assemblée entre les pro et anti-Daenerys avant que Tyrion ne prenne la parole et insuffle l’idée d’élire un nouveau leader. On saluera l’intervention diplomate du très juste Davos alors qu’on passera aisément sur le fou rire général provoqué par la proposition de Sam de fonder une démocratie. Un court changement de ton qui en aura déstabilisé plus d’un mais qui aurait eu le même effet chez nous au Moyen-Âge. Quant au flottement qui suit l’humiliation d’Edmure Tully par sa nièce Sansa Stark, il rappelle que Game of Thrones a aussi bâtie sa légende sur des séquences d’humour noir ou ironique mémorables et ce même dans les pires moments.

Face à l’impossibilité des lords de soumettre un nom, Tyrion se lance et en vient, après une biographie dispensable, à proposer celui de Bran Stark. De quoi faire bondir pas mal de téléspectateurs devant leur écran. Et pourtant, celui qui est à présent la Corneille à trois yeux est investi à l’unanimité… ou presque ! L’indomptable Sansa Stark réclame et obtient le rétablissement de l’indépendance historique du Nord. À mon sens, le choix de Bran n’est pas si étonnant puisqu’il permet tout de même de briser le cercle vicieux du système corrompu contre lequel Daenerys s’est battu. Qui de mieux que celui qui transcende l’espace et le temps, sans aucune avidité pour le pouvoir, pour porter la couronne sur de ce qui s’appelle désormais les Six Royaumes ? Les showrunners ont donc choisi un « non-souverain », déjouant par la même occasion un certain nombre de paris des fans. Là où le bât blesse, c’est au niveau de la réaction des autres leaders. Comment expliquer qu’un Vers-Gris consumé par la rage et la vengeance accepte la situation sans sourciller ? Pourquoi personne d’autre ne réclame l’indépendance de sa Maison ? Aucune remarque face au fait qu’un jeune homme qui n’est plus vraiment lui-même, quand bien même il est le fils du jadis respecté Ned Stark, dirige Westeros ? Étrangement, HBO ne diffuse aucune vidéo coulisses « Inside the Episode » où les créatifs de la série reviennent habituellement sur leurs choix scénaristiques. Le sujet est délicat certes, mais les questions restant sans explications dans l’épisode en lui-même, on aurait pu espérer quelques éléments de réponse ailleurs.

Au rang des incohérences, la sentence de Jon Snow se taille une place de choix. Vers-Gris n’en démord pas, celui qui a assassiné sa Reine doit être puni. Et ce sera le cas puisque Jon est banni du côté du Mur où se reconstitue la Garde de Nuit décimée par l’Armée des Morts. Si le projet n’est pas à remettre en cause (mieux vaut prévenir que guérir la prochaine fois que les ténèbres du Nord donneront naissance à une abomination) force est de constater que le tout sonne creux. Admettons que Bran le Brisé veuille faire plaisir aux Immaculés en quête de justice, pourquoi Jon Snow n’est pas libéré à la seconde où ils quittent Port-Réal pour leur nouveau futur sur l’île de Naath ? Rongé par le meurtre de sa bien-aimée, le grand héros sans qui le royaume n’existerait probablement plus accepte la sentence non sans amertume après ses multiples sacrifices. Le personnage de Jon Snow est victime d’une caractérisation peu ou pas soignée cette saison qui ne nous permet pas de bien saisir cette fulgurante descente aux enfers après des années d’une ascension tortueuse soigneusement construite. Un tort directement imputable aux deux showrunners qui, plus largement, payent des facilités scénaristiques pas toujours justifiées dans leur rush final vers le dénouement de la saga. C’est ici que toute la déception d’une partie des fans prend forme, dans une conclusion qui repose sur des bases fragiles et qui ne permet donc pas d’atteindre son ambition.

Après une réunion improvisée de la fratrie Stark, The Iron Throne va s’employer à mettre en scène le début d’un nouveau cycle après avoir clôt celui de la saga que nous connaissons. L’Hiver tant redouté est un lointain souvenir tandis que Port-Réal se montre sous un nouveau jour : les parties les plus importantes semblent avoir été rapidement reconstruites après l’apocalypse de feu déclenché par Daenerys plus tôt. Quant à Brienne, elle en profite pour écrire la légende de Jaime Lannister avant de se consacrer à ses nouvelles fonctions de chevalier. Éternelle Main des reines et rois, Tyrion lui réunit son nouveau Conseil restreint autour d’une table où se sont jouées certaines des plus grandes heures de la série. On y trouvera Brienne en tant que protectrice de Bran le Brisé, le bon Davos nommé Grand Amiral, Bronn en tant que Grand Argentier (et seigneur de Hautjardin à l’issue d’un long running gag) ainsi que Sam dans les habits de Grand Mestre. Piquante, la séquence est une manière d’honorer les seconds couteaux qui ont toujours été des figures incontournables dans l’ombre des grands leaders.

À travers un montage parallèle, Arya, Sansa et Jon sont montrés en route vers leurs nouvelles destinées. Des aventures vers des mondes inconnus pour la jeune tueuse (HBO a d’ailleurs écarté toute idée d’un sequel centré sur le futur du personnage), Reine du Nord pour la seconde et simple Frère Noir pour Jon Snow. Ce dernier arrive au Nord l’air dépité, autant que nous téléspectateurs qui peinons toujours à comprendre le sort réservé au personnage. Le leader de la lutte contre le Night King et son Armée des Morts subit ici le châtiment de n’importe quel petit criminel du royaume. À Châteaunoir, Jon Snow retrouve son loup Fantôme et Tormund avant de guider le Peuple Libre vers ses contrées d’origine débarrassées de la menace des Marcheurs Blancs. Un long passage contemplatif pas réellement justifié hormis le fait qu’il est un miroir direct aux premières images de la série.

Carton noir, générique. Ça y est, la fin est belle est bien arrivée et on peine à y croire. Le premier sentiment qui nous envahit est-il une véritable déception ou juste le déni de voir la fin de huit ans d’investissement dans ces intrigues et protagonistes devenus si familiers ? Personnellement, ce series finale ne m’a pas réellement emporté avec lui. J’en viens alors à me demander si c’était son rôle : et si ces soixante-quinze minutes de dénouement n’étaient qu’une partie de conclusion qui serait en fait cette huitième saison toute entière ? The Iron Throne aurait gagné à être raconté sous la forme d’un two-parter finale mais cela n’y change rien. Il y a eu assez de climax épiques dans les épisodes précédents pour que ce series finale soit plus posé. La destination uniquement compterait-elle ? Quid du voyage, certes inégal, des cinq épisodes précédents jusqu’ici ? À mon sens, cette ultime saison sert de grande conclusion à la série. Réduire le dénouement de sept années d’intrigues à un seul épisode n’étant pas concevable pour moi. Si je peux aisément comprendre la déception de certains fans, il est inutile de préciser qu’il était évidemment impossible pour David Benioff et D.B. Weiss de proposer un final qui satisferait tout le monde.

Reste que, malgré tout, ce series finale souffre de problèmes qui ne peuvent être excusés. Je m’en fais l’écho un peu plus haut mais The Iron Throne se démarque par un manque de subtilité inhabituel pour le show, en plus d’une écriture globale qui se résume à un insipide enchaînement de séquences. Sur le papier, cet ultime épisode fait son travail de conclure une saison, et une série par la même occasion. Dans les faits, on est loin de la qualité de narration et de mise en scène qui a prouvé que Game of Thrones n’était pas seulement qu’un divertissement grand public aux airs de blockbuster. Quand on sait que Benioff et Weiss eux-mêmes ont pondu le scénario de ce series finale (choix compréhensible) il ne faut pas chercher plus loin pour comprendre les faiblesses narratives de ce dernier. Le talentueux Bryan Cogman aurait eu tout le loisir de nous proposer un formidable dénouement dans la lignée du fin mais pas moins puissant A Knight of the Seven Kingdoms. Même schéma pour la réalisation, les showrunners signant une copie classique pour ne pas dire scolaire. Derrière la caméra, Jonathan Freeman propose une image qui ne marquera pas les esprits. Loin du Nord où il nous aura offert deux magnifiques épisodes (The Door, Beyond the Wall), le directeur de la photographie quitte la série sur une note plutôt banale. On aura néanmoins apprécié retrouver la lumière particulière qui baigne Port-Réal après deux saisons presque exclusivement passées dans le froid.

Côté chiffres, Game of Thrones finit sur un nouveau record d’audience pour la série comme pour la chaîne. Tous canaux confondus, 19,3 millions de téléspectateurs américains ont regardé l’épisode lors de sa diffusion. Sur HBO douze ans auparavant, le final de The Sopranos avait attiré 13,4 millions de fans. En comparaison, le series finale de The Big Bang Theory diffusé la semaine dernière sur CBS avait réuni 18 millions de téléspectateurs. Carton plein pour la chaîne à péage donc, qui risque néanmoins de voir son nombre d’abonnés fondre aussi aisément que le Trône de Fer sa figure de proue maintenant terminée. Pour prolonger le plaisir, HBO (et OCS en France) diffusera un documentaire de deux heures sur les coulisses de cette ultime saison dimanche soir à l’horaire habituel de la série. Quant à moi je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour un bilan qui reviendra sur ce qui a fait (ou pas) ce huitième et ultime volet de la saga.

5/10

Bilan

Si l’on met de côté les choix créatifs pour se concentrer sur l’épisode en lui-même, Game of Thrones se conclut sur un series finale bancal qui paye le prix du rush narratif entreprit par les showrunners cette saison. Ces derniers livrent un scénario laborieux à la mise en scène scolaire loin d’être à la hauteur de l’ambition affichée par le show pour son grand dénouement.

9 Commentaires

  • negeil
    Le 24/05/2019 à 15h59

    Isaac Hempstead Wright (Bran Stark) :
    "J'ai sincèrement cru à une blague dans le script et que Benioff et Weiss avaient envoyé à tout le monde une version du scénario dans laquelle leur personnage finissait sur le Trône de Fer. Elle est bien bonne celle-là, les gars. Oh merde, c'est pour de vrai ?"

    Maisie Williams (Arya Stark):
    "En lisant le script de la scène finale de Cersei et Jaime, je me suis dit : 'Jaime va révéler son véritable visage' et on comprendra que c'est Arya' et ils vont mourir ensemble. J'ai toujours pensé que c'était le moteur d'Arya de tuer Cersei"

    Conleth Hill (Varys):
    "C'est dans l'ensemble brillant, mais je crois que ces dernières saisons ne sont pas mes préférées."

  • Bougrea
    Le 24/05/2019 à 19h50

    Très déçu par cette dernière saison. Au final le point le plus important qui ne m'a pas fait me sentir impliqué est l'histoire d'amour entre Jon et daeneris.;le jeu d'acteur en particulier celui d'harrington ne m'a jamais convaincu. Du coup la scène de la mort de daeneris ne m'a fait aucun effet.
    Sinon le seul point positif de cet episode est la scène entre le nouveau conseil qui m'a rappelé l'humour que pouvait avoir GOT.
    Par contre, Bran mais WTF !!!! Il raconte des belles histoires donc il sera un bon souverain. Mais le mec a le charisme d'une huître quoi !!! Enfin avec l'épisode d'avant et le petage de plomb de daeneris, qui allait s'asseoir sur le trône n'avait presque plus d'intérêt.
    Une grosse déception...

  • LPF
    Le 24/05/2019 à 21h49

    Le choix de Bran est un non-choix, c'est un peu le "par défaut" qui fait que personne n'est content, mais pas au point de déclencher une guerre civile. En cela on peut dire que c'est une idée "Tyrionesque", voire "Varysienne" même (qui mettait les Royaumes avant les souverains).

    Ce qui me chagrine dans les deux dernières saisons (et plus encore dans la 8), c'est le changement de narration. Là où G.R.R. Martin écrit avant tout ses personnages et fait arriver l'histoire en fonction de comment ils vont réagir (donc sans scénario pré-établi), ce qui amène une profondeur et une "réalité" aux destins, les showrunners ont écrit un synopsis (et donc vers une fin qu'ils voulaient) et ont fait réagir les personnages pour y arriver. Et c'est assez mal foutu, parce que la densité des personnages et les backgrounds sont passés pour beaucoup à la trappe, parce qu'on verse dans le manichéisme de bas étage et même l'essentialisme (Daenerys devient Mad Queen _parce que_ Targaryenne, Jaimie meurt dans les bras de sa soeur/amante _parce que_ son amour déviant transcende tout, y compris tout ce qu'il a traversé comme épreuves et comme sentiments à l'égard de Brienne, Jon finit au Mur _parce que_ c'est un Targaryen qui a fait le voeu de la Garde de Nuit et hop, référence à Aemon...).

    Bref, on parcourt un synopsis D&D, et non une évolution de l'histoire _à cause_ des actions/réactions des personnages, dictées par leurs caractères/états d'esprit/background. Le tout avec un rythme absolument inégal.

    C'est pas mauvais, c'est juste super convenu et expédié. On est passé du 3 étoiles au Michelin à un MacDo : ça se mange, on sait ce qu'on va y trouver, mais on reste sur sa faim.

  • Pascal
    Le 24/05/2019 à 22h32

    Quelle catastrophe d'un point de vue purement scénaristique !
    Rien n'est crédible dans cet épisode hormis le fait de voir Jon tuer Dany : et encore c'est tellement mal amené.
    Alors oui il n'y avait que 6 épisodes donc passons sur les pouvoirs de téléportation des personnages mais pour le reste !!??

    - Bran sur le Trône parce que c'est un livre ouvert ? On leur dit que le mec était au courant de tout ce qui allait se passer et qu'il n'a rien dit ? Son règne va se résumer à ne rien faire du coup ?
    - Sansa qui obtient l'indépendance du Nord en 3 secondes devant tous les autres Royaumes et pas un autre ne proteste ou en profite pour demander la sienne ( Yara ? Le Prince de Dorne dont personne ne connait le nom ? )
    Et si le Nord ne fait plus partie de Royaume pourquoi un Stark pourrait être Roi des 6 Couronnes ?
    - Et quid de Gendry qui devait logiquement passer juste derrière Jon ?
    - Quid de Jon d'ailleurs ? Même pas envie de revenir sur tous les foreshadowings jeté à la poubelle
    D'ailleurs là on a donc une République qui se crée : Quand Bran mourra que se passera t-il ? M'étonnerait que ça se résolve pacifiquement et le Nord reste longtemps indépendant...

    Je vais terminer par le " Consei " qui se compose d'un Grand argentier qui ne sait ni lire ni compter si on s'en réfère à la saison 3 et qui est récompensé parce qu'il a menacé Tyrion ? Ou serait-ce parce les fans l'adorent ?
    Et donc Sam devient Mestre sans avoir fait la moindre étude sur le sujet tout en étant marié ?

    On est plus dans la fanfiction et le fanservice qu'autre chose et ça résume bien la paresse et la médiocrité des deux showrunners.
    Et dire qu'on a attendu deux ans pour ça.

    Vivement la fin des livres et le remake qui viendra sûrement avec dans 10/15 ans !

  • LPF
    Le 25/05/2019 à 13h34

    Pascal : "D'ailleurs là on a donc une République qui se crée : Quand Bran mourra que se passera t-il ? " Heu non, on reste en monarchie, mais c'est une monarchie élective, comme celle du Saint Empire Romain Germanique, où l'empereur était élu parmi ses pairs.

  • Pascal
    Le 25/05/2019 à 16h39

    LPF oui effectivement je ne sais pas pourquoi j'ai parlé de République ;)
    Le problème est toujours le même par contre.
    Des grands conseils ont déjà été organisé dans la passé ( dans l'univers de Martin ) et à chaque fois une Rébellion est arrivée...

  • kiteuf
    Le 29/05/2019 à 23h20

    = Pfff tout ça pour ça?!!!

  • SukaiChan
    Le 02/06/2019 à 18h09

    Merci Mestre Yazid Doudou pour cette dernière critique de la saison 8.

    Ce dernier épisode et cette dernière saison à réussi - pour moi en tout cas - à conclure la série. Alors bien évidemment je ne l'imaginais pas de la sorte... étant fleur bleue je voyais déjà un couronnement de Jon & Daenerys... avec plein de bambins...des dragonneaux et des louveteaux... mais on a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.

    Ce series finale m'aura touché à de nombreux moments : Tyrion qui découvre sa sœur et son frère dans les décombres de la crypte. Jon qui doit choisir entre son devoir et son amour... scène qui n'était pas sans rappeler celle de Ned emprisonné où Varys lui demanda si la vie de ses filles avaient de l'importance à ses yeux. Jon est condamné à rejoindre le Mur comme cela aurait dû être le cas pour Ned si Joffrey ne s'était pas montré cruel. Le chagrin de Drogon. Le destin parallèle des derniers Stark.

    Le choix de Bran sur le Trône... où plus exactement de la Corneille à Trois Yeux m'a surpris mais avec le recul je le trouve logique et très intéressant. Ce n'est pas Bran qui a été couronné mais bel et bien la Corneille. Bran est mort dans la grotte comme énoncé par Meera Reed la saison précédente. Sa tenue de souverain, sombre et brodée de plumes, symbolise la Corneille et non le loup des Stark. Il en va de même pour le plastron de sa Garde Royale. C'est le seul qu'on ne voit pas à la fin... car ce n'est plus un Stark.

    Alors la Corneille avait-elle tout prévu depuis la chute de Bran ? Sur une photo promotionnelle de la saison 1 on voit Ned Stark sur le Trône de Fer... et sur un des pommeau se trouve la Corneille à Trois Yeux. Un signe ? Osha semblait également se méfier de la Corneille à Trois Yeux... pourquoi ?

    Quand Tyrion et Sansa énonce que Bran n'aura pas de descendance... ce dernier semble avoir un sourire. Est-ce parce qu'il sait que son règne sera " Éternel "... se transmettant de génération en génération aux prochaines Corneilles ? Tel est la magie de Game of Thrones... malgré la fin, les spéculations et les théories ont encore de beaux jours devant eux !

    Les décors de Port-Réal complètement en ruine m'ont sidéré. J'avais comparé la puissance de Drogon à la bombe atomique... et là on était en plein dedans. Ville dévastée... survivants hagards, brûlés et totalement perdus. La vision de Daenerys triomphante devant ses armées. Les costumes... notamment la robe du couronnement de Sansa emprunte de symbolisme. Les musiques toujours aussi fabuleuses.

    Merci encore pour ta critique Yazid même si je ne partage pas ton avis.
    En espérant lire dans les prochains jours ta critique globale sur la saison :)

  • Fabz
    Le 10/06/2019 à 10h34

    Mitigé pour cette fin de série. On sent l'absence de Martin, un scénario plus faible qu'ils tentent de compenser par des effets visuels plus importants (sauf que comme tout se passe dans le noir, ben ... ce serait pas un peu gâché par hasard? :D ). Néanmoins, une fin "logique" à mon avis : la fin d'une ère avec des créatures fantastique et le début de l'ère des Hommes.

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Game of Thrones
Note de la série :
9.4/10