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Seriesaddict.fr  par | 1

Fear The Walking Dead - 5x2 : The Hurt That Will Happen

Résumé

Alors qu’ils recherchent Althea, Morgan et Alicia font la rencontre d’une survivante qui les informe d’une sérieuse menace.

5x2 : The Hurt That Will Happen © AMC - 2019

Attention : vous devez avoir vu l’épisode avant de lire cette critique.

The Hurt That Will Happen prend la suite directe du solide et maîtrisé season premiere pour rapidement installer un certain rythme de croisière. Le groupe constitué d’une bonne dizaine de personnes se retrouve éparpillé pour des aventures différentes en majorité évoquées dans ce second épisode.

Commençons par cette courte introduction qui voit Victor Strand retrouver le mystérieux Skidmark qui se trouve être Daniel Salazar. La relation entre les deux hommes ayant toujours été épineuse, Victor assure ses arrières et enregistre une cassette aux allures de testament pour prévenir ses amis en cas de mauvaise tournure des choses. Intrigué, Daniel laisse Victor pénétrer dans son refuge qui paraît bien luxueux en ces jours d’apocalypse. L’ex-mercenaire semble avoir amassé assez de vivres et de matériel pour vivre paisiblement pendant de longs mois. Il possède également toute une série de véhicules et d’armes qu’il dissimule à l’abri des regards. Au fur et à mesure du temps, le propriétaire des lieux baisse la garde face au « serpent » Strand, l’autorisant même à contacter le reste du groupe. Mais c’est sans compter la méfiance de Salazar à l’égard de son visiteur trop bavard. Il accuse ce dernier de perpétuellement tout gâcher et ne l’estime pas digne de confiance pour lui confier son avion. Un twist habilement amené qui voit Strand laissé sur le carreau et les chances de secours du reste du groupe fortement diminuer.

Fear the Walking Dead maîtrise savamment le retour d’un de ses personnages historiques parmi ce casting largement renouvelé. Si l’épisode ne montre pas comment Daniel est arrivé jusqu’ici depuis le Mexique (une autre histoire pour un autre jour peut-être), il suscite de l’intérêt autour de l’arsenal qu’il s’est bâti ou qu’il a subtilisé. On apprécie d’ailleurs les piquantes joutes verbales entre Victor et Daniel, les deux personnages évoluant en permanence dans un champ de mines prêtes à exploser. Ce qui impose une tension immédiate dès lors que les deux se retrouvent face à face à l’écran grâce à l’alchimie entre les comédiens Colman Domingo et Rubén Blades qui ne cachent pas leur amour l’un pour l’autre sur les plateaux.

The Hurt That Will Happen place son intrigue principale à proximité du site du crash de l’avion. À la recherche d’Althea portée disparue, Alicia et Morgan font la rencontre d’une survivante à l’allure peu commune : la jeune femme arbore une combinaison hermétique et poursuit un objectif bien particulier. On comprend plus tard que Grace est une responsable d’une centrale nucléaire dont un des réacteurs est entré en fusion après la fin du monde connu. Sans savoir ce qu’il se passait réellement à l’extérieur, elle a poussé les employés de l'installation à continuer à faire fonctionner celle-ci. Transformés en rôdeurs radioactifs après la fusion du noyau du réacteur, elle sillonne désormais le secteur à leur recherche pour stopper la contamination d’éventuels survivants. Un background original pour ce nouveau personnage prometteur si l’intrigue qu’il apporte est intelligemment développée. Les showrunners Ian Goldberg et Andrew Chambliss n’ont pas été chercher bien loin pour ce nouvel ajout au casting puisque Karen David a travaillé sous leur direction sur Once Upon a Time (2011) où elle interprétait Jasmine.

On comprend ainsi beaucoup mieux la menace de cette zone inhospitalière teasée depuis le season premiere. Ou est-ce une autre menace dont il est question ? Peut-être celle évoquée par le petit groupe d’enfants qui semblaient sur les dents à l’idée de l’évoquer. Nul besoin d’attendre plus longtemps pour en avoir la confirmation. De retour au relais routier sans Althea, le groupe découvre des têtes de rôdeurs accrochées à un panneau publicitaire. Un premier coup de semonce lourd de sens : ils ne sont pas les bienvenus ici.

Fear the Walking Dead poursuit sa mission de poser les bases de cette cinquième saison. Entre ce mystérieux et menaçant groupe de survivants, les enfants et la radioactivité de la centrale nucléaire, la série tisse une toile de fond efficace pour son nouveau terrain de jeu. On regrettera rapidement le design pas si révolutionnaire des zombies radioactifs en même temps que la présence dispensable de June et John. En filigrane, la série semble également introduire le côté obscur d’Alicia qui pourrait avoir été happée par une spirale infernale de vengeance. Un comportement étroitement surveillé par Morgan qui, une de fois de plus, intervient avec toute son expérience sur le sujet pour tenter d’arranger les choses. Si les tirades de sagesse de l’homme au bâton sont toujours aussi bien écrites, elles ne sont que redondantes et enterrent le personnage dans un unique et même rôle qui ne sert plus sa caractérisation.

Côté technique, l’épisode souffre d’un montage qui se contente de passer d’un décor à l’autre sans réellement construire une narration attractive. Les sous-intrigues de John et June ainsi que celle de Luciana passent par ailleurs pour des séquences de remplissages. Le scénario d’Alex Delyle, habituée des salles d’écriture de la série, aurait mérité d’étoffer l’intrigue principale du nouveau personnage Grace. On sent la scénariste à bout de souffle qui a peiné à remplir les quarante minutes (générique inclus) de ce second épisode plutôt court. Derrière la caméra, c’est une toute jeune réalisatrice qui signe une mise en scène efficace notamment pour les séquences de dialogue. Une première réalisation prometteuse sur une « grosse » série pour Jessica Lowrey jusqu’ici assistante réalisatrice de noms aussi variés que Suburgatory, Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor ou encore Mad Men. Pour ses premiers pas dans l’apocalypse zombie, elle fait équipe avec le directeur de la photographie Jalaludin Trautmann. Le créatif offre notamment des séquences de nuit léchées qui apportent une réelle plus value à l’intrigue. Des débuts tout aussi prometteurs qui rassurent quant au talent de celui-ci qui prendra en charge la photographie de l’équivalent de la moitié de la saison. Niveau audiences, Fear subit une légère perte par rapport à la semaine dernière. La série compte néanmoins sur son troisième épisode avec l’arrivée d’une tête connue de la franchise pour rebooster ces chiffres.

7/10

Bilan

Épisode plutôt solide qui souffre néanmoins d’un scénario inégal.

1 Commentaire

  • Toff63
    Le 19/06/2019 à 13h55

    L'idée des zombies radioactifs est vraiment ce qui fait le sel de cet épisode. C'est malheureusement tout ce qui fonctionne. Le reste m'a globalement déçu, avec Luciana qui est transparente, le duo June-John qui a perdu beaucoup de son charme de la saison 4, Morgan qui distille les mêmes conseils que d'habitude (cette fois-ci à Alicia) sur "tuer ou ne pas tuer" et un duo Salazar-Strand qui m'horripile, tant je déteste ces 2 protagonistes et tant la série n'en dit pas assez à mon goût.

    Je partage ton opinion, l'épisode a beau être court, le scénario ne tient pas la distance. 6/10

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