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Seriesaddict.fr  par | 1

Fear The Walking Dead - 5x3 : Humbug's Gulch

Résumé

Alors qu’ils nettoient les routes de leurs barricades, June et John sont pris pour cible par un mystérieux tireur.

5x3 : Humbug's Gulch © AMC - 2019

Attention : vous devez avoir vu l’épisode avant de lire cette critique.

Humbugh’s Gulch débute par la riposte immédiate de notre groupe de survivant aux menaces morbides dont ils ont été destinataires à la toute fin de l’épisode précédent. Les barricades de rôdeurs liés par leurs entrailles tombent une à une à l’issue d’une battue méthodique. Reportées sur une carte, il semblerait bien que ces barrages de fortune forment un périmètre autour d’une mystérieuse localisation.

À cette occasion, June et John sont pris à partie par un tireur embusqué qui les force à prendre la fuite. Le couple se réfugie quelques kilomètres plus loin dans un lieu pour le moins insolite : un parc d’attraction au thème Far West qui donne son nom à ce troisième épisode. Un lieu particulier rempli de souvenirs pour John Dorie qui officiait dans un parc de la même franchise avant l’apocalypse. On appréciera au passage d’en apprendre un peu plus sur le passé du gentil cow-boy qui partage une réelle complicité avec June. Alors qu’une tempête de sable les empêche de quitter les lieux, le tireur refait son apparition. Dans un simulacre de duel tout droit sorti d’un western spaghetti, le cow-boy fait mouche et neutralise sa cible qui s’avère être Dwight (Austin Amelio), ex-lieutenant du fameux Negan, qui se retrouve ici au Texas à mille lieues de sa Géorgie d’origine.

Fear détaille rapidement les objectifs de Dwight à la recherche de sa femme Sherry depuis une année environ. Une quête qui semble avoir largement fragilisé sa santé mentale et qui pousse June et John à redoubler d’efforts pour le raisonner. De longues, très longues séquences qui vont s’étaler sur une bonne partie de l’épisode sans réelle plus value pour l’intrigue. Pire, le scénario tourne en rond et met en scène à deux occasions le schéma Dwight fait n’importe quoi – on le tire d’affaire – on le raisonne – il refait n’importe quoi. Une redite qui vient plomber un scénario déjà trop léger et une narration qui s’est enlisée depuis un bail dans cette factice ville de Far West. L’action atteint le comble du ridicule quand Dwight se fait écraser par le corps d’un rôdeur à qui il vient d’asséner un coup de hache dans la tête. Il met ainsi en péril ses deux sauveurs qui avaient déjà fort à faire avec la vingtaine de rôdeurs qui les encerclaient. Ses retrouvailles avec Morgan un peu plus tard suscitent davantage l’intérêt notamment grâce à la seconde chance offerte par l’homme au bâton et la possibilité de comprendre enfin comment les deux hommes ont pu suivre la même route et finir par atterrir au Texas.

Pour ses premiers pas dans la série, Dwight passe pour un boulet et rien d’autre. Fear choisit probablement la pire des manières pour introduire le personnage dans son casting régulier. Comme si faire ses preuves et convaincre les téléspectateurs n’était pas assez, il part en plus avec un handicap. Je suis personnellement dubitatif quant au choix de ce personnage pour renforcer les liens avec The Walking Dead dans le grand dessein d’AMC de créer un univers partagé. J’étais tout aussi divisé par l’arrivée de Morgan qui s’est avérée être maîtrisée et qualitative ; c’est pourquoi j’attendrai au moins la mi-saison pour juger du bien fondé de ce choix créatif. De manière anecdotique, et pour souligner ce grand rapprochement, la franchise s’amuse à mettre en parallèle les différences entre les deux séries. C’est le cas avec l’appellation propre à chacun des zombies : ce sont de simples « morts » pour John Dorie alors que Dwight préfère « rôdeurs », terme largement utilisé par les protagonistes de The Walking Dead.

L’intrigue secondaire de Humbug’s Gulch ne viendra malheureusement pas relever le niveau. Sur la forme tout du moins. On y suit Alicia et Luciana désespérément poursuivre les enfants rencontrés peu après le crash de l’avion. Une traque infructueuse jusqu’à un mystérieux appel de l’un d’entre eux qui pousse le groupe à retourner à toute vitesse au relais routier. Sur le chemin, ils découvrent le plus jeune des enfants, Dylan, enfermé dans son van et couvert de sang. Fear the Walking Dead dévoile qu’il s’agit en fait d’une mise en scène des deux autres adolescents bien décidés à faire fuir Alicia & Co. Un twist inattendu qui termine ce troisième épisode sur une bonne note après quarante longues minutes laborieuses, le tout dans une atmosphère nocturne aux airs de film d’horreur hautement appréciable.

Vous l’aurez compris, Humbug’s Gulch ne constitue pas réellement ce que l’on peut appeler un bon épisode. Et le naturel sympathique de Garret Dillahunt ne peut rien face à un scénario beaucoup trop léger. Si on apprécie le décor original du parc d’attraction (un des points forts de la série au passage), il n’est que trop peu exploité. Le script tire la code de la rencontre avec Dwight jusqu’au point de rupture en s’enlisant dans des dialogues superflus et des situations redondantes. Le manque d’expérience d’Ashley Cardiff y est sûrement pour quelque chose. La scénariste à la page IMDb quasi-vierge s’est pourtant vue confier l’écriture d’un épisode alors qu’elle vient d'intégrer la writing room pour toute cette première partie de saison. Colman Domingo quitte son costume de Victor Strand et passe derrière la caméra pour s’occuper de la mise en scène de ce troisième épisode. Il signe une copie scolaire ni bonne ni mauvaise sur un scénario aux enjeux inexistants ou presque. Le comédien joue de malchance puisqu’il avait fait ses premiers pas de réalisateur la saison dernière sur Weak, un épisode au scénario aussi léger que celui-ci sur lequel il s’adonne aujourd’hui.

Ce troisième épisode est une malheureuse sortie de route qui fait exploser en plein vol un début de saison prometteur. De manière générale, Fear échoue à créer une véritable tension alors que le peu de situations qu’elle met en scène le permettent. Ce qui nous interroge sur la place accordée à cet épisode alors que la saison opère une montée en puissance de ses nouvelles intrigues. Au delà de ses évidentes faiblesses scénaristiques et narratives, Humbug’s Gulch n’avait pas sa place à ce moment de la saison. Un choix stratégique catastrophique pour Ian Goldberg et Andrew Chambliss alors que le show affiche des audiences en berne en cette période cruciale où il aspire à un destin d’envergure.

3/10

Bilan

Scénario creux et faible qui constitue une sortie de route catastrophique à ce moment de la saison.

1 Commentaire

  • Toff63
    Le 02/07/2019 à 13h55

    Je suis assez d'accord avec toi sur cet épisode, dont le principal défaut est de très mal exploiter Dwight. Ce dernier, qui s'est fait très progressivement une bonne place dans The Walking Dead, n'a pas l'impact espéré, faisant beaucoup de stupidités (comment a t-il fait pour tenir 1 an seul en étant si bête?), n'évoquant pas assez son passé et manquant une opportunité de parler de Rick.
    Un parallèle entre Rick le shérif et John aussi shérif de far west dans cet épisode aurait été habile pour faire le lien entre les 2 séries. Les retrouvailles Morgan-Dwight réparent un peu cela, sans susciter non plus l'enthousiasme général.
    Pour le reste de cette partie, il faut reconnaître que l'épisode soigne le style et que c'est appréciable d'en savoir plus sur John, même si les scénaristes auraient pu aller plus loin.

    Concernant Alicia et les enfants, la séquence où elle partage son vécu tragique par le biais du talkie est malheureusement affligeante de banalité. Le petit twist final sauve la mise.

    Bilan: un visuel réussi ne suffit pas à masquer les grosses faiblesses scénaristiques. 4/10

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Note de la série :
7.6/10