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Fear The Walking Dead - 5x10 : 210 Words Per Minute

Résumé

Grace et Morgan viennent en aide à un survivant pour réaliser ses dernières volontés. Dwight quant à lui poursuit sa quête de rédemption.

5x10 : 210 Words Per Minute © AMC - 2019

Attention : vous devez avoir vu l’épisode avant de lire cette critique.

Se posait déjà la question de faire de Channel 4 un mid-season premiere, et ce en dépit de la forme singulière du reportage qu’il adoptait. Cette semaine encore, il y a de quoi s’interroger sur les choix narratifs d’Andrew Chambliss et Ian Goldberg : alors que cette cinquième saison peine à sortir de l’enlisement, les deux showrunners ne proposent ni plus ni moins qu’un standalone alors que les intrigues de la série sont au point mort. Une stratégie discutable à l’heure où le public déserte Fear the Walking Dead presque aussi vite qu’à la vue d’une horde de rôdeurs.

L’intrigue principale met en avant le duo Grace/Morgan dans le cadre d’une mission atypique : réaliser les dernières volontés de Chuck (Charlie Bodin – Good Trouble), un survivant réfugié dans un centre commercial du secteur. L’appel à l’aide du jeune homme, qui fait l’objet de l’introduction de l’épisode, est touchant. Ce dernier, mordu par un rôdeur, espère pouvoir être enterré sous les étoiles et ne pas devenir un mort-vivant. Si le décor du centre commercial et de ses différents magasins et plutôt bien exploité, toute l’intrigue s’y déroulant l’est beaucoup moins : les rebondissements sont au pire prévisibles et au mieux classiques.

Le personnage de Grace (Karen David) hérite du diplôme de boulet de la semaine avec ses actes irréfléchi trop éloignés de son comportement habituel. Un traitement dont avait été victime Dwight lors de son introduction dans la série dans Humbug’s Gulch. On apprend par ailleurs que l’ingénieure nucléaire subit les premières effets des radiations sans pour autant être certaine de la cause de ses maux. Fear profite de ce quasi-huis clos pour caractériser son nouveau personnage mais use de ficelles trop évidentes. Les échanges de souvenirs avec Morgan tirent en longueur et ne suffisent pas à nous attacher aux personnages. Au passage, la série remet le couvert sur la famille de Morgan et remue le couteau dans la plaie d’une manière redondante pas du tout nécessaire.

En parallèle, nous suivons Dwight pour une intrigue secondaire dénuée de tout intérêt de par son manque d’originalité. Dans une tentative risquée d’éloigner Logan du reste du groupe, Dwight tombe sur l’un de ses hommes. On passera sur le fait que ce dernier soit seul et ne prévienne pas son chef à l’occasion de la capture d’un ennemi. Fear nous rejoue le coup du méchant passé dans le camp des gentils en quête de rédemption. Un thème vu et revu dans la franchise qui ne sert pas le personnage. Son petit jeu de provocation et la morale qui en découle exaspèrent. Au détour d’une conversation, on apprend que les gentils ont mis la main sur les puits de pétrole de Clayton. Une phase de l’intrigue que la série a gentiment - et malheureusement - zappé dans le court saut dans le temps opéré à l’occasion de la mi-saison.

Alors que 210 Words Per Minute entame sa séquence de fin, l’impression de ne pas avoir avancé du tout se fait de plus en plus persistante. Et s’il y a bien une chose dont Fear a besoin, c’est d’avancer. La conclusion de l’épisode n’ira pas réellement dans ce sens puisqu’elle n’offre aucun cliffhanger. La caravane fait simplement un détour par le centre commercial pour le vider de ses vivres alors qu’elle se dirige vers un ranch pour s’y installer. Morgan décide rejoindre Althea, apparemment seule quelque part dans le secteur. Les adieux à Grace sont larmoyants mais ne parviennent pas à nous toucher. Si l’alchimie entre les deux personnages fonctionne bien, leur relation n’est pas assez avancée pour que cette séparation ait l’effet d’un réel déchirement.

Ce dixième épisode, signé par les deux showrunners eux-mêmes, peine à faire repartir cette saison qui tourne en rond. Oubliable dès son générique de fin, 210 Words Per Minute souffre d’un manque de rythme évident. Derrière la caméra, Ron Underwood qui a travaillé avec Chambliss et Goldberg sur Once Upon a Time (2011) propose une mise en scène scolaire de ce standalone. À force de préparer le grand changement dont ils ne cessent de parler pour la prochaine saison, les showrunneurs semblent avoir oublié de s’occuper de celle-ci. L’écart créatif entre la saison dernière, placée sous le signe du renouveau, et celle-ci est tel qu’on en vient à se demander s’il reste encore un directeur artistique à la barre de Fear the Walking Dead.

3/10

Bilan

Standalone dénué d’intérêt qui souffre d’un sérieux manque de rythme.

1 Commentaire

  • Toff63
    Le 10/09/2019 à 10h20

    Fear the Walking Dead continue de naviguer à vue sans réel enjeu dramatique et sans qu'on comprenne trop ce que chaque personnage fait dans la série (le retour de Daniel était dispensable, quid d'Althéa et d'Alicia, etc...). En bonus, la menace Logan est d'une faiblesse hallucinante.

    Reste donc comme tu l'as dit un standalone à l'émotion éparse, alternant les scènes de zombies plus ou moins plaisantes (la voiture téléguidée, l'escalator) et les passages plus intimistes qui tirent largement sur la corde et vers une psychologie à 2 balles. La relation Grace-Morgan a du potentiel mais la finalité ruine tout sur le fond comme sur la forme (le départ de Morgan pour aider Althéa est très mal amené car on ne sait rien de ce que fait Althéa).

    Concernant Dwight, on part sur une rédemption très classique qui tient malheureusement plus de la naïveté qu'autre chose. Lui et Morgan risquent de sérieusement déchanter quand ils verront que Logan n'est guère enclin à rigoler. 3/10

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Note de la série :
7.6/10