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Euphoria - Bilan saison 1

Bilan saison 1 ©

Présentation :
Adaptation d’une série israélienne (que je n’ai pas vue), Euphoria est produite par Sam Levinson et Drake. Le premier a écrit entièrement la première saison. Il a aussi travaillé aux côtés des créateurs de la série israélienne. La version américaine d’Euphoria est considérée comme une adaptation libre car Sam Levinson s’est beaucoup inspiré de sa propre jeunesse. Je conseille à tout le monde de regarder cette interview du cast pensant la présentation de la série au ATX Festival.
J’ai trouvé l’équipe et en particulier Levinson et Zendaya très touchants dans leur inspiration et volonté d’offrir une expérience à la fois marquante artistiquement et socialement. Le but de la série n’est pas de « guérir » ou d’apporter la réponse ultime face à l’addiction, simplement de poser un sujet sur la table et oser le regarder en face. Si elle n’a reçu aucune nomination ou victoire, on peut noter qu’elle est devenue la série d’HBO la plus commentée sur Twitter après GOT.

Réalisation et soundtrack :
Sam Levinson a réussi à créer une esthétique visuelle autour des épisodes en s’entourant d’une équipe très intéressante. Il a lui-même dirigé plusieurs épisodes. J’ai adoré la scénographie et le travail sur la lumière dans cette série. Certaines séquences restent scotchées à la pupille. Pour aller au plus connu je citerai trois noms : Marcell Rév qui s’est chargé de la photographie sur tout le début de saison. On sent une véritable réflexion sur l’image dans la série. Les plans, les transitions, le montage… tout doit s’intercaler avec le scénario et parfois même l’approfondir. Ensuite nous avons Jennifer Morrison qui a réalisé l’épisode 5. Je conseille de lire son interview qui est très intéressante sur le travail de la caméra dans Euphoria. Enfin comment ne pas parler de cette incroyable séquence musicale dans le final ? Labrinth est le directeur musical de la série. Il a composé, écrit et chanté la chanson « All for us » avant de l’adapter pour le dernier épisode. Je crois qu’il y a toute l’essence de la série dans cette scène. C’est à la fois dramatique et tragique. C’est beau visuellement et puissant à entendre. La bande-son générale de la série est sympa mais cette séquence vaut vraiment le détour.

Scénario :
L’histoire est celle de nombreuses séries teen c’est à dire un personnage principal paumé qui tombe amoureux. Vous rajoutez à cela quelques sous arcs intéressant, pas mal de drama et la recette est terminée. Alors qu’est-ce qui différencie Euphoria des autres ? Ses sujets et surtout la façon dont ils sont abordés. Si tout n’est pas parfait dans ce scénario, le spectateur peut ressentir cette volonté de tout simplement bien faire. Pourtant on peut le dire la série présente beaucoup de thèmes sombres où le scénario aurait pu se vautrer : addiction, transgenre, abus, trafic de drogue…etc… Je pense que la force de la série est qu’elle n’a pas recours à plusieurs scénaristes. Sam Levinson écrit chacun des épisodes en mettant son expérience au profit du scénario. Je ne peux pas tout aborder donc voici les arcs qui m’ont le plus marqué :

— l’histoire de Rue tout d’abord. Un personnage magnifique portée par une grande actrice. Zendaya offre une magnifique performance de la première à la dernière minute. J’ai adoré le réalisme du personnage. Un effet encore plus mis en avant par ces remarques en voix off comme un récit raconté au passé (bonjour les théories). Son combat permanent contre ses démons est très touchant. On veut la voir se battre et être en paix. Le tour de force du scénario est d’une part de montrer les conséquences de l’addiction de Rue sur ses proches, d’autre part de ne pas oublier le pourquoi de ses choix.

— Jules et Nate sont pour moi les meilleurs personnages secondaires. Il y a l’ambiguïté de Nate qui aurait pu être un simple antagoniste si ce n’est pour la profondeur apportée au personnage. Je crois qu’il est le plus perdu de tous. L’écriture n’a pas besoin de forcer l’empathie. Malgré tous ses sales coups, il est difficile après certaines scènes de ne pas sentir une pointe de tristesse pour ce personnage. Jacob Elordi est incroyable autant dans ses phases de manipulateur violent que sa détresse face au secret de son père et sa propre sexualité. Quant à Jules… J’ai trouvé Hunter Schafer captivante. Bien castée déjà car elle-même transsexuelle. On retrouve ce soucis de vérité avec ce personnage : transmettre les bons messages, une vision qui ne soit pas caricaturée même si on reste dans le contexte d’une série. Son duo avec Zendaya crève l’écran et crée une histoire d’amour touchante dans ses trop nombreuses imperfections.

Je pourrai aussi citer l’évolution de Kat, la complexité de Maddi car la majorité des personnages méritent leur propre paragraphe mais il est temps de passer aux défauts. Il y a cette scène dans le final où le scénario s’oublie pour laisser à la place parler de belles images. Ce n’est pas très logique ces « retrouvailles » entre filles mais cela permet de réunir tout le monde autour d’une table. Je peux aussi citer l’arc de Fezco qui part en vrille un peu trop brutalement. Il y a une espèce d’accélération dans le final qui semble présente uniquement pour le drama. Il fallait terminer sur une note dramatique et l’overdose (à mon avis) de Rue ne suffisait pas. Il y aussi le rôle des parents qui sont trop absents. C’est un défaut lié au genre teen drama mais je pense que la série pourrait mieux utiliser certains personnages comme la mère de Rue ou le père de Nate.

Note : 9.5/10

9/10

Bilan

Une pépite ! Avec certes quelques imperfections mais dans l’ensemble Euphoria est une claque qu’il faut se prendre sans attendre. Du casting à la réalisation, la série possède beaucoup de talent sur lesquels s’appuyer. La saison 2 est confirmée donc il faut juste un peu de patience maintenant.

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