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Seriesaddict.fr  par | 1

Legends of Tomorrow - 5x1 : Crisis on Infinite Earths (5)

5x1 : Crisis on Infinite Earths (5) © 2020 - CW

Il faut avoir vu le crossover avant de lire le bilan, risque de spoilers.

Vous pouvez relire mon analyse complète des trois premiers épisodes, ici.

Arrow : La fin d'une ère

Nous débutons cette quatrième partie 10 000 ans auparavant, alors que Mar-Novu tente une expérience temporelle avec sa femme. Débarqué à l'aube du temps et à l'anti-matière/univers, celui qu'on appelle aujourd'hui Le Monitor est confronté à l'Anti-Monitor, qui deviendra son ennemi juré. Après un flashback mémorable (notez mon ironie), nous retrouvons nos héros piégés au sein du Point de Fuite. Plusieurs mois se sont écoulés depuis leur défaite et chacun semble avoir perdu espoir. Mais c'était sans compter ce bon vieux Oliver Queen. Devenu le Spectre avec une légendaire rapidité, le ressuscité apparaît pour ouvrir une issue à nos héros. Direction, la Force Véloce...

. La Force Véloce : Un piège insoupçonnable

Le soucis principal de cet épisode réside dans sa structure narrative et notamment dans le quart d'heure passé dans la Force Véloce.
L'idée que l'Anti-Monitor ait piégé certains des Paragons était en soi un parti pris logique et offrait la possibilité d'une confrontation psychologique effrayante, comme ce fût le cas dans un des épisodes de la série Doom Patrol. L'idée de revoir certains moments forts du Arrowverse à la façon d'un Avengers Endgame était également une excellente idée. Les scénaristes pouvaient y ajouter à leur guise des enjeux émotionnels forts. Mais, là où les frères Russo ont été intelligents selon moi, c'est d'avoir donné un but clair à la «  rétrospective » de leur propre univers. Ce n'était en aucun cas une succession de fan-service, sans objectif, chacun des héros ayant une mission précise à accomplir dans le passé. Ici, outre le fait que Barry doive récupérer Batwoman, Supergirl, Sara, Oliver et Martian (sans une once de logique entre chaque scène, par ailleurs), aucun des protagonistes n'a de réelles missions. Ils observent. Ils attendent. Davantage spectateurs qu'acteurs. On aurait pu penser que chaque Paragon devrait sortir de la Force Véloce en accomplissant une mission liée à son attribut, que nenni. Quelques tirades moralisatrices (cf. Batwoman face à Arrow), peu d'émotions (à l'inverse, Endgame était truffé de séquences émotionnelles poignantes : Thor & Freya, Tony Stark & Howard Stark, Steve Rogers & Peggy...) et les voilà sortis du pétrin.
Maladroit, facile, cette intrigue vélocienne est un ratage total. Au lieu d'accentuer sur les sentiments des personnages, les confronter à des challenges puissants, leur donner une raison d'exister en tant que Paragon, les scénaristes ont préféré étirer leurs scènes avec du blabla superflu, d'un profond ennui. Sans oublier l'ajout d'un caméo improbable. L'apparition d'Ezra Miller, alias le Flash du DCEU, fut tout bonnement ridicule. Son arrivée dans le DCTVU est un exploit certes remarquable, mais contraste avec le ton sérieux et sombre employé depuis le début de l'épisode. Faire de l'humour sur la matière des costumes, really ?! D'autant que celui de Miller est d'une abominable qualité.

Le choix d'avoir intégré les bandes-noires horizontales dans ces scènes-ci est cependant intéressant à analyser. Ces dernières ne sont pas là par hasard. En effet, ces bandes-noires viennent littéralement écraser les personnages sous le poids de leur propre destin. Elles renforcent aussi la sensation d'enfermement que ressentent les personnages et accentuent une tension dramatique à des scènes importantes pour nos héros.

En somme, l'histoire des Paragons fut totalement futile, voire inutile.
Inutile.
Un adjectif qui sied à merveille au Paragon de l'Humanité, le Dr. Choi, intégré au crossover pour une raison jusque là inconnue. Il était censé être le Paragon le plus important des 7, un Paragon central, pilier rassembleur, représentant des humains normaux, ceux sans pouvoirs ou habilités physiques extraordinaires. À la place, les scénaristes nous ont servi un protagoniste qui subit plus ou moins l'action, les événements et n'est jamais réellement décisif sur l'avenir du multiverse.

Paragons, vaste fumisterie.
L'Amour, l'Honneur, L'Espoir, Le Courage et tout le tintouin, à quel moment l'équipe en charge du crossover ont-ils donné un vrai pouvoir à ces adjectifs ? Lorsque nos héros regardent le ciel bêtement tandis qu'Oliver se sacrifie pour la naissance d'un nouvel univers ?

. You fail this universe

Concernant la seconde mort d'Oliver, je l'avais prédit (car je suis un critique omniscient). Si la mise en scène de son sacrifice est un poil plus émouvante que la première, cette séquence n'en reste pas moins peu pertinente. Avoir teasé la mort de Green Arrow un an plutôt était une erreur considérable. Son décès aurait été mille fois plus choquant, perturbant, larmoyant, si les scénaristes n'en avaient pas révélé l'existence, si la surprise avait été gardée. D'autant que les nombreuses tentatives pour le ramener à la vie ou le déni de Sara et Barry sur la mort d'Oliver deviennent lassantes et troublent le peu d'émotions que le spectateur ressentirait.
Toutefois, l'hommage qui lui a été conféré est d'une belle intensité. Le discours de la Présidente des États-Unis et ceux des super-héros furent touchants. Des mots simples, justes, et qui nous ramènent à une réalité brutale, la mort d'un héros avec lequel tout a commencé. La fin d'une ère...

Legends of Tomorrow : Peluche & Mascarade

Après un moment émouvant dans la Arrowcave, nos héros comprennent qu'ils cohabitent désormais sur une seule et même Terre, la Terre-Prime. Un épisode dans lequel la future Justice League gère cette information - qui ne semble pas les perturber plus que cela -, et va combattre à nouveau l'Anti-Monitor, décidément tenace.
Un épisode qui va vite et où les scénaristes semblent être en roue libre. On ignore la cohérence, au détriment d'un spectacle nanardesque, à l'image du running-gag Beebo -, qui m'avait convaincu à l'époque d'arrêter la série Legends of Tomorrow. Lourdingue, pas marrant - alors que les scénaristes tentent de rendre ça crédible et sérieux -, cette introduction n'est pas le plus dramatique de cet épisode. En effet, vingt minutes se sont écoulés depuis le début de la partie V et des questions me hante :
- Pourquoi n'y-a-t-il aucune scène de retrouvaille entre Barry et Iris ? (alors que le drama du début de la saison 6 de The Flash était axé sur la peur de perdre l'être aimé)
- Où est Cisco ? L’Homme-Élastique ?
- Où est la fille d'Oliver Queen ?
- Où est la femme de Diggle ? Et pourquoi réapparaît-elle à la fin sans explication ? Comment s'est-elle débarrassée de l'entité qui avait pris possession de son corps ?
- Pourquoi Lex Luthor n'a-t-il plus de scènes, après la remise de son Prix Nobel ?

Oui, on est dans l'expéditive et, les scénaristes ne s’embarrassent pas de détails.

Peut-être aurons-nous plus de chance dans la bataille finale ? Non. Outre le fait que Superman version Tyler Hoechlin réapparaît lui aussi comme par magie, qu'Alex se joigne au côté des héros sans aucun soutien de la DEO et, qu'elle et Nia semblent désormais comprendre la situation (sans scène explicative), le dernier acte est bâclé et ennuyeux. Rien ne fonctionne, toutes les lois de la physique sont discréditées (comment peut-on tuer une ombre, un fantôme, avec un seul coup de pied ou une misérable matraque?) et même les acteurs ne semblent pas y croire.
On assiste là à un spectacle décevant, sans âme, sans ambition.
Restera néanmoins des caméos de fins étonnants (cf. Green Lantern), amusants (cf. Doom Patrol), une conclusion d'une grande tendresse et la formation d'une Justice League dont on désespérée en voir la couleur un jour.

5/10

Bilan

Un crossover ambitieux avec des qualités mais malheureusement trop de défauts pour en apprécier toute la saveur. Le manque de moyens financiers et la pauvreté des enjeux ont eu raison de chaque crossover qu'a lancé la CW. Si on peut pardonner les erreurs liées à un budget limité, on ne peut pardonner les faiblesses scénaristiques. Néanmoins, on soulignera la volonté d'unir l'histoire de la DCTV dans leur globalité, ce qu'on ne peut que saluer, ainsi que l'amour indéniable que portent les producteurs à ce vaste et incroyable univers qu'est DC.

La fin d'une ère et le début d'une autre prometteuse où, désormais, la fusion des Terres devra tenir ses promesses...

1 Commentaire

  • Toff63
    Le 15/02/2020 à 13h38

    Il faut bien dire la vérité, ce crossover est complètement idiot. On nous tease la fin du monde, des gens meurent, Oliver aussi et tout le monde ne pense qu'à faire des blagues ridicules ou s'offrir un caméo à la noix.
    Pendant ce temps-là, c'est le désert scénaristique, avec énormément de flou (les Paragons, que c'est bordélique et ça arrive comme un cheveu sur la soupe) et des créateurs qui n'ont toujours pas compris qu'il fallait arrêter de mixer les intrigues de chacun des séries avec celles du crossover. Résultat??? On se paye les redondances chiantes Barry-Iris, la nullité totale de Lena Luthor dans Supergirl, les pitreries gonflantes de Legends of Tomorrow, le zéro créativité de Arrow et la médiocrité totale de Batwoman...

    Enfin, j'aurais préféré que Black Lightning ne soit pas mêlé à ce crossover, qui a clairement coupé l'élan de la belle saison de la seule série de la CW bien écrite à l'heure actuelle. 2/10

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Note de la série :
7.5/10