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The Prisoner (2009) - Bilan The Prisoner (2009)

Résumé

Un Londonien est kidnappé et se réveille dans un étrange village où il est connu sous le nom de "Numéro 6". Interrogation, manipulation, lavage de cerveau, des membres du village feront tout pour découvrir pourquoi il a quitté son travail en tant qu'agent secret.

Bilan The Prisoner (2009) © 2009 AMC

The Prisoner (2009) est la mini-série (six épisodes) récemment diffusée sur AMC (en partenariat avec ITV) et créée par Bill Gallagher. Remake de la série anglaise The Prisoner (1967), celle-ci s’offre un casting de rêve avec en tête d’affiche un Ian McKellen bien en forme dans son personnage, Numéro 2. En s’attaquant à un des plus gros mythes télévisuels, The Prisoner (2009) n’a pas une tâche facile. Quoi qu’il en soit, avec 2,2 millions de téléspectateurs pour les deux premiers épisodes, il est clair que la mini-série intrigue. Retour sur une série hors du commun.

Une histoire étrange.

Tout comme son modèle, The Prisoner (2009) évoque l’histoire d’un homme, espion un peu spécial, qui atterrit, après avoir démissionné, dans un village dont le nom est The Village. Un lieu presque idyllique où tout est beau et où tout le monde est gentil. Petit hic, les gens s’appellent par des numéros et on ne sort de ce village. Alors que les habitants semblent vivre une vie tout à fait délicieuse, ce n’est pas le cas de Numéro 6, fraîchement arrivé. Entre défier Numéro 2, chef du village qui contrôle tout, et comprendre ce qui se passe, 6 essaiera de s’enfuir. Mais l’amour sera un obstacle, tout comme ses souvenirs d’un autre monde, qu’il oublie peu à peu.

Une réinterprétation.

The Prisoner (2009) fait bien plus que copier The Prisoner (1967). Obligé, allez-vous me dire, le premier Prisoner ayant été réalisé dans un contexte bien précis. Les années 60 en Angleterre, développement de l’administration, développement des « numéros » attribués aux personnes (sécu etc…), la possibilité pour Patrick McGoohan et George Markstein de faire une critique universelle et intemporelle d’une société qui s’individualise. Et c’était réussi.
La nouvelle mini-série plante le même décor mais avec un but légèrement différent. Le format y fait beaucoup, alors que la série originale s’étendait sur dix-sept épisodes, celle-ci se restreint à six. Néanmoins, elle a le mérite de finir réellement la série, contrairement à son aînée qui nous avait laissé dans un flou total.
La marque de la nouvelle série se retrouve aussi dans sa contemporanéité. Des éléments d’aujourd’hui se retrouvent projetés dans cette fiction et ajoutent une valeur non négligeable. La technologie mais aussi les habits ou encore, plus spirituel, les comportements des gens. Intéressant donc, d’apercevoir notre monde à travers les yeux de personnes ayant une réelle critique à émettre sur notre société.

Une ambiance particulière.

Les décors et l’ambiance sont un trait important de cette nouvelle mini-série. Outre les costumes différents pour notre monde et pour le village, l’accent est mis sur l’esthétique du village en lui-même. Complètement hors du temps, on retrouve une vie paisible qui se définit par des couleurs douces, une harmonie des lignes ou encore un paysage admirable. C’est le cas du désert mais aussi de l’océan. Le décor fait très années 50 et une référence est fortement imprégnée dans cette ambiance. Je pense notamment au film Pleasantville. Que ce soit dans le décor en lui-même ou même dans le fait qu’il n’y ait rien après ou avant le village (dans le film, une fois que l’on avait traversé la ville, on revenait au début), Pleasantville est vraiment présent dans la mini-série. De même pour la musique qui rappelle clairement celle de la série Carnivàle. Mystérieuse et chaleureuse à la fois, la musique accompagne parfaitement l’ambiance et c’est ce qui fait aussi le succès de The Prisoner (2009).

Des acteurs plus ou moins performants.

Ian McKellen et Jim Caviezel sont les acteurs principaux de la série. Même si leur interprétation est faite avec justesse, surtout pour McKellen, les critiques sont restés tout de même gentils avec eux. Caviezel n’a pas vraiment de charisme et un acteur d’une meilleure envergure aurait peut-être pu donner une image différence du personnage Numéro 6. McKellen est bon, mais il aurait pu l’être davantage. Un peu subjectif, je vous l’accorde. En ce qui concerne le reste du casting, on retrouve une Ruth Wilson un peu trop cliché, même si la fin lui donne un meilleur rôle, ou encore un Lennie James plutôt en forme.
Ian McKellen guide largement tout ce beau monde et ça se ressent réellement.

Des confusions.

Pour un grand nombre d’entre nous, The Prisoner (2009), tout comme l’original, peut dérouter fortement. La série se sert de confusions de toute sorte pour implanter un univers et, comme un puzzle, le téléspectateur n’est pas là pour simplement recevoir mais pour s’impliquer dans la compréhension de ce qu’on lui propose. Pour les amateurs de Lynch, la série plaira. Quoi que The Prisoner semble plus accessible. Même si les éléments nous sont donnés dans le désordre et de façon complètement déstructurée (en apparence du moins), l’histoire se construit au fur et à mesure et nous mène vers une fin assez explicite. Du brouillage, donc, mais des indices, malgré tout.

Une philosophie. (/ !\ SPOILERS ! SPOILERS ! SPOILERS !)

Et ce qui est bien avec ce genre de série, c’est qu’elle n’est qu’une devanture pour la mise en avant d’un message souvent porteur de sens. Si certains ne voient en The Prisoner qu’une suite non logique d’événements, je vais essayer de vous donner mon point de vue et ce que j’ai compris de la série, peut-être cela vous permettra de donner un peu de sens à ce désordre (merci à JB qui a permis de coucher l’idée sur papier).
Le village, comme vous avez pu le comprendre, n’est pas un lieu réel. Il vient de l’inconscient d’une femme, la femme de Numéro 2. Le dernier épisode est assez précis sur la création du village, il est là pour « réparer les gens ». Alors, comment expliquer l’impact du Village sur les gens ? En fait,  les gens ne se rendraient pas vraiment compte de leur appartenance au village. Bien qu’ils aient conscience de Numéro 2 (le chauffeur en parle à Numéro 6 dans le monde réel), le village agirait sur eux entre leur subconscience et leur conscience. Il porterait ses fruits dans le subconscient pour agir, indirectement, sur leur conscience et donc, le monde réel. Le village serait donc tenu par un hébergeur (la femme de 2) qui consacrerait sa vie à sa réalisation.
Le village serait alors un lieu totalement imaginaire où les gens, qui sont cadrés par des numéros mais aussi par une limite d’espace (l’inconscient de l’hébergeur) remettraient leur vie en ordre.
Le problème arrive quand tous se rendent compte que ce n’est pas la vraie vie.
Une philosophie bien construite, donc, qui fait aussi penser à la théorie de la caverne. Les habitants du village ne veulent pas en savoir plus sur le monde extérieur, et lorsque Numéro 6 essaie de les persuader qu’il existe un monde ailleurs, personne ne le croit.
The Prisoner s’appuie sur plusieurs théories, toutes plus intéressantes les unes que les autres, et c’est surtout cela qui lui apporte une telle valeur.

Une fin réussie.

La fin de la série répond à presque toutes nos questions. Après nous avoir embrouillé avec des événements qui dépassent parfois les limites de la compréhension, The Prisoner s’impose une fin digne de ce nom, contrairement à l’original qui laissait place à l’imagination. Bien sûr, toutes les réponses ne sont pas données mais c’est ce qui fait le charme d’une série. Après tout, elle est là pour nous faire réfléchir.

7/10

Bilan

The Prisoner (2009) est, selon moi, une bonne série. Remake d’un monstre télévisuel, elle réussit néanmoins à se démarquer et à créer un univers qui lui est propre. Alors que l’original a inspiré des films tels que The Truman Show ou encore Pleasantville, la nouvelle mini-série s’inspire directement de ces films pour se les réapproprier. Parfois un peu longue, souvent intrigante, la série se laisse regarder, agréablement.

1 Commentaire

  • JB
    Le 29/11/2009 à 08h31

    Cette mini-série m'a bluffé. J'ai dévoré les deux premiers épisodes, mais il m'a fallu quelques jours pour digérer ce que j'ai vu. C'était confus, passionnant, complexe, incompréhensible. Et surtout, je n'avais encore aucune idée de là où ça irait, ni comment. Je me suis laisser guider par n°6, j'ai suivi son parcours intellectuel quant à ce qui se passait, et comme lui je me suis fait berner !

    Les deux épisodes centraux m'ont perdu un peu plus encore, ils étaient plus centrés sur les personnages et la vie du village que vraiment sur l'investigation quant à ce qui se passe, je trouve. Important, mais pas primordial..

    Les deux derniers épisodes... je pense que je n'ai enfin à peu prêt compris ce qui se passait seulement dans la dernière demi-heure, et encore, il m'a fallu y penser après. Vraiment une série qui marque, d'une manière ou d'une autre, comme un très bon film qui vous fait parler après.

    L'impact d'une mini-série comme celle-ci n'a rien à voir avec l'influence/le rapport que l'on a avec une série qui nous emmène sur plusieurs saisons.

    Un très bon film de 4h30 !

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Note de la série :
6/10