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Rétro SeriesAddict n.6 : Little House on the Prairie à la rescousse de l'Amérique

Rétro SeriesAddict n.6 : Little House on the Prairie à la rescousse de l'Amérique 1974 - NBC

Tous les jeudis revenons sur une série qui a marqué l’histoire de la télé ou nos mémoires. Aujourd'hui : Little House on the Prairie.

Championne des rediffusions, référence populaire incontournable, nous avons tous été en contact un jour ou l’autre avec La Petite Maison dans la Prairie. Nous connaissons malgré nous le générique, et quand nous tombons sur un épisode des Routes du Paradis, voir Michael Landon qui ne coupe pas du bois nous semble anachronique.



Retour à l’innocence perdue

Little House on the Prairie débarque en septembre 1974 sur NBC après le succès d’un téléfilm éponyme faisant office de pilote. Derrière le projet il y a Michael Landon que les américains connaissent bien puisque ce dernier a joué durant 14 ans Little Joe Cartwright dans la célèbre série Bonanza, annulée l’année précédente. Après 20 ans à squatter l’antenne, les séries western semblent définitivement dépassées.

Pourtant Michael y croit encore. Il veut offrir à l’Amérique lessivée par le fiasco du Vietnam et en plein Watergate, une série familiale qui défendrait les grandes valeurs de son pays. Et contre toutes attentes ça marche, dès le début le show est un succès. Librement adaptée d’une série de livres autobiographiques écrits par Laura Ingalls Wilder, La Petite Maison dans la Prairie se situe dans un Ouest fantasmé et idéal, illustrant un retour à l’innocence perdue en ces périodes de troubles. Le pitch est celui de la famille Ingalls qui s’installe à proximité de Walnut Grove, une petite ville du Minnesota. Tout au long des saisons nous suivons les aventures des parents Charles (Michael Landon) et Caroline (Karen Grassle), de leurs enfants, Marie (Melissa Sue Anderson), Laura surtout (Melissa Gilbert), Albert (Matthew Laborteaux) (Carrie et Grace faisaient avant tout de la figuration) et de tous leurs voisins et amis, en passant par le bourru Mr Edwards (Victor French), le Dr Baker, ou bien encore les vipères favorites des téléspectateurs : Mme Oleson (Katherine MacGregor) et sa fille Nellie (Alison Arngrim)… Les historiettes se suivent, se ressemblent, toujours pleines de bonne morale, et de sermons de Charles, sacro sainte image du père idéal pour une nation en proie au doute.

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Charles Ingalls héros néoconservateur

En tant que sériephiles avertis des années 2010, nous ne pouvons nous empêcher de lever les yeux au ciel face à tant de mièvrerie, et notre regard peut se durcir sur la série quant à ses messages conservateurs.
Walnut Grove est une société patriarcale où Charles Ingalls incarne l’ordre et la sagesse. Il dirige avec bienveillance les femmes de sa famille, et guide ses fils sur la voie de la bonté. Face à cette image de famille harmonieuse on nous oppose souvent les Oleson en effet miroir, nous prouvant que non, l’argent ne rend pas meilleur, seul le travail est récompensé. Et surtout lorsqu'une femme porte la culotte, c’est la voie à la catastrophe puisque Harriet et Nellie sont souvent à la base des problèmes de la ville. Pour que les choses reviennent dans l’ordre, il faut que Nels (Richard Bull) se masculinise et hausse le ton pour remettre les femmes de sa maisonnée à leur place. Même si plus tard Laura saura tenir tête à Almanzo (Dean Butler), elle aussi devra laisser tomber sa carrière d’institutrice qui, dans l’univers de la Petite Maison dans la Prairie, est bien un des rares métiers honorables qu’une femme puisse exercer.
Nous sommes loin des discours féministes des années 70, et cela fait grincer des dents vu les autres points de vue anachroniques que le show prendra régulièrement que cela soit sur le racisme, la violence ou l’alcool.
La série se démarque aussi par son message religieux, accumulant sans cesse les références bibliques, et militant pour une morale chrétienne (mais tolérante). Certains épisodes iront loin dans le mysticisme à l’image de celui où Charles part dans une sorte de pèlerinage pour sauver James de la paralysie. La religion était un sujet qui tenait vraiment à coeur à Michael Landon, puisque plus tard il créa la série Highway to Heaven qui racontait la vie d’un ange sur Terre.

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Un phénomène planétaire

Malgré tous ces détails qui peuvent nous hérisser le poil aujourd’hui, Little House on the Prairie a été un véritable succès avec 9 saisons et 3 téléfilms de conclusion. Elle est rediffusée continuellement aux Etats-Unis depuis son annulation.
Le plus étonnant, c’est qu’une série aussi ancrée dans la culture américaine ait pu aussi bien s’exporter. Elle a été diffusée dans quasiment le monde entier, et toujours avec un accueil chaleureux et enthousiaste. Il faut croire que nous sommes tous touchés par sa naïveté et sa fraîcheur. Un de ses points fort est son casting réunissant beaucoup d’enfants qui jouaient de façon très naturelle. Michael Landon avait un don pour les diriger, et obtenir d’eux le meilleur. En échange ce dernier leur a permit d’évoluer dans un environnement protégé et sain, loin des excès des adultes.
Un des pays où Little House on the Prairie a le mieux marché c’est la France, où ses nombreuses rediffusions attirent toujours une bonne audience. Pour preuve de son succès chez nous, l’actrice Alison Arngrim, qui fait aujourd’hui du stand-up, est venue à plusieurs reprises jouer des spectacles où elle et le public s’amusent autour de la série. C'est même elle qui nous révélait, avec beaucoup de malice, que pour garantir un peu de sexy au show, Michael Landon n’avait pas de slip sous ses pantalons moulants. Oui, Charles Ingalls ne portait pas de sous-vêtements pour émoustiller les téléspectatrices. Maintenant que vous savez cela, je vous laisse vous ruer sur une des nombreuses rediffusions de la série afin que vous ne la voyez plus jamais de la même façon.

Et vous, quel est votre rapport à la Petite Maison dans la Prairie ? Définitivement écœuré, ou bien nostalgique à la vue du générique ?

1 Commentaire

  • gattous01
    Le 09/10/2016 à 00h57

    Cette série c'est toute mon enfance. J'ai beaucoup aimé les valeurs de cette famille, même si aujourd'hui ça ne " colle" plus vraiment à notre époque. Mais je crois que ce qu'il faut vraiment retenir de cette belle série, c'est l'esprit de famille. C'est toujours mieux de voir des familles unies et avec des principes que des familles qui se manipulent et se tuent entre eux. La petite maison dans la prairie restera un modèle de non violence et de morale.

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