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Rétro SériesAddict n.8 : Dallas, la mal-aimée

Rétro SériesAddict n.8 : Dallas, la mal-aimée 1978 - CBS

Tous les jeudis revenons sur une série qui a marqué l’histoire de la télé ou nos mémoires. Aujourd'hui : Dallas.

Un stetson, une paire de santiag, des dollars et surtout du pétrole. Avec ces quelques mots, la majorités des gens vous diront : Dallas. Fortement ancrée dans la culture populaire, particulièrement mal-aimée en France, Dallas est pourtant une révolution télévisuelle.



Le début des prime-time soaps

Lorsque David Jacobs contacte CBS pour une idée de série, il souhaite faire un programme qui racontera les déboires de couples de la classe moyenne. CBS lui demande à la place quelque chose de plus punchy, se déroulant dans milieu de riches sans scrupules. C’est ainsi qu’en 1978 arrivera sur la chaîne les premiers épisodes de Dallas, qui est à la base une sorte de version de Roméo et Juliette à la sauce texane. Au bout des six épisodes qui composent la première saison les audiences ne sont pas faramineuses, mais CBS décide malgré tout d’en commander une seconde.
A cet instant les auteurs décident de faire une chose inédite dans le monde des séries hebdomadaires : avoir une histoire continue d’un épisode à l’autre, faisant confiance à la mémoire des spectateurs. Avant cela les seules séries qui faisaient cela étaient les soaps quotidiens de l’après-midi. Et la recette sera payante; ouvrant alors la porte à cette catégorie que l’on nomme les prime-time soaps dans laquelle viendra se ranger plus tard Dynasty, ou bien Knots Landing (Côte Ouest) spin-off de DallasDavid Jacobs aura la liberté de traiter son pitch initial.

Dallas va alors passionner les Américains avec l’histoire des Ewing, richissime famille à la tête d’un ranch et d’une entreprise d’exploitation de pétrole. Tout commence lorsque le plus jeune des fils, Bobby (Patrick Duffy), décide de se marier à Pamela Barnes (Victoria Principal) la fille de la famille rivale, depuis que le patriarche Jock Ewing (Jim Davis) a volé l’entreprise et la fiancée de Digger Barnes. Va s’en suivre alors durant plus de 14 ans un bras de fer musclé entre l’aîné des Ewings, le manipulateur J.R. (Larry Hagman) et le frère de Pamela, Cliff (Ken Kercheval), déchirant au passage les deux clans. Le tout se fera à grands coups de trahisons, de chantages et de retournements de situations face aux spectateurs ébahis devant autant d’argent et de vices.

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L’avènement des anti-héros

Dallas n’aurait pas été Dallas sans ses héros aussi vicieux que tordus. A la base le sympathique couple Bobby / Pamela devait être au coeur de l’action, Patrick Duffy dans le rôle du chevalier blanc. Mais deux personnages secondaires de la première saison leur ont ravi la place avec talent, J.R. et son épouse Sue Ellen (Linda Gray). Alors que leur couple se délite au rythme des liaisons de John Ross et de l’alcoolisme de sa femme, les deux crèvent l’écran au point devenir les véritables stars de la série, faisant d’eux les premiers anti-héros de la télé. J.R. en particulier, qui est devenu plus qu’un personnage de télévision. Icône de culture pop, il renvoie l’image de ce que le capitalisme représente de pire. Il est l’archétype même du méchant que l’on adore, au point d’avoir paralysé l’Amérique entière en 1980.

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L’art du cliffhanger

Comment être sûr, quand on raconte une histoire en continu, que les spectateurs reviendront la semaine prochaine, ou même la saison prochaine ? Les auteurs de Dallas furent les premiers à user (et même abuser) du cliffhanger, devenant la marque de fabrique de la série.
En 1980, la troisième saison du show est un succès, et pour le season finale, les scénaristes prévoient quelque chose de grandiose. A la fin de l’épisode, J.R. arrive le soir dans son bureau, une arme sort de l’ombre, le coup part, générique. Les téléspectateurs sont hystériques. J.R. est-il mort ? Et qui lui a tiré dessus ? Durant les mois qui ont précédé la reprise de la quatrième saison, une campagne de marketing gigantesque et inédite va se mettre en place derrière ce simple slogan “Who shot J.R. ?” Tout le monde y va de sa théorie, des publications fleurissent sur le sujet, sans compter le merchandising, les affiches publicitaires, etc. Pendant ce temps Larry Hagman va en profiter pour mener une négociation musclée auprès de la production afin d’augmenter son salaire. En tout cas personne n'échappera à ce suspense et c’est près de 90 millions d’américains qui seront devant leurs téléviseurs pour voir l’épisode révélant le nom du tireur.
Même si un tel succès ne se réitérera pas, la machine était lancée, et chaque fin de saison verra son cliffhanger, dont un autre mémorable dans l’histoire de la télé n’est autre que Patrick Duffy sortant de la douche, alors que le personnage de Bobby était mort la saison précédente.

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Pourquoi tant de haine en France ?

Si la série a connu un succès phénoménal dans le monde entier, la rumeur dit même que c’était l’émission préférée de Nicolae Ceausescu qui en avait autorisé la diffusion en Roumanie, en France il s’est passé un phénomène assez étrange. Alors que Dallas avait le droit à son prime-time, le show qui prônait le pire des années Reagan fut pris au premier degré, déclenchant toute une polémique autour des séries américaines en général, accusée de n’être que des produits de sous-culture. Pour rappel, la France venait d’élire son premier président socialiste, et cet étalage de richesses et de vices était du plus mauvais effet. Face à la puissance des critiques, les chaînes françaises décidèrent de reléguer les séries étrangères aux après-midis et il fallut attendre les années 90 pour que l’on nous en propose à nouveau en prime-time. Mais le mal était fait. Ce ne sera que dans les années 2000 que ces aprioris s’effaceront en France face à l’engouement du public pour des séries prouvant la qualité et la profondeur de ce média.

Dans tous les cas, Dallas continua son bonhomme de chemin durant 14 saisons, 2 téléfilms, et quelque part sa résurrection sur TNT en 2012 ne fut une surprise pour personne. Il est juste drôle de noter que cette franchise n’a pas pu survivre à la mort de Larry Hagman. De fait Dallas et J.R. n’ont jamais fait qu’un.

Et vous, quel est votre avis sur Dallas ?

3 Commentaires

  • dune
    Le 23/10/2016 à 15h10

    DAAAAALLAS TON UNIVERS IMPTOYABLE....!

  • vava45
    Le 21/02/2017 à 09h19

    je dirais beauté luxe argent pouvoir!!!!!!!et manipulation wouah!!!!!!!!!!!

  • vava45
    Le 21/02/2017 à 09h22

    tous ça diriger par de grands commédiens!!!!!!!

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