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Rétro SerieAddict N.17 : Babylon 5, un chef-d’oeuvre de narration

Rétro SerieAddict N.17 : Babylon 5, un chef-d’oeuvre de narration 1993 - Syndicated

Tous les jeudis revenons sur une série qui a marqué l’histoire de la télé ou nos mémoires. Aujourd'hui : Babylon 5.

Nous allons maintenant parler d’une série qui parle de paix, de diplomatie, de problèmes géopolitiques, de guerres, d’esclavage, d’exactions, de montée du fascisme, de spiritualité, d’unions, de tolérance, de philosophie, etc. Étonnamment c’est d’une série de science-fiction des années 90 dont il question. Babylon 5 est une véritable pépite trop peu connue, et pourtant adulée par les fans du genre.

Voilà son générique :



Babylon 5 est le projet d’un seul homme : J. Michael Straczynski. Dès les années 80 il a l’idée de sa série et couche sur papier l'intégralité de l’histoire, déjà découpée en 5 chapitres / saisons. Malheureusement, au vu des coûts exorbitants d’une série de space opéra, aucune chaîne ne souhaite financer son projet. Il obtiendra malgré tout l’accord pour un pilote en syndication au début des années 90, son argument étant de miser sur des effets spéciaux numériques, plutôt que de passer par des maquettes relativement coûteuses. Ces effets spéciaux, novateurs pour l’époque, deviendront la marque de fabrique du show. Babylon 5 : The Gathering sera diffusé courant 1993, avant qu’en janvier 1994 débute enfin la première saison d’une épopée galactique.

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Raconter le synopsis de Babylon 5 est une vraie gageure, car il faut comprendre d’entrée de jeu que cette série est un véritable roman télévisuel, une oeuvre complète et aboutie.
Le point de départ est la station Babylon 5 en 2257. Cette station, dirigée par l’Alliance Terrienne, est un lieu neutre où se joue la diplomatie de toute la galaxie. A la tête de la structure nous retrouvons le commandant Jeffrey Sinclair (Michael O'Hare), remplacé plus tard par le capitaine John Sheridan (Bruce Boxleitner), son lieutenant Susan Ivanova (Claudia Christian), le chef de la sécurité Michael Garibaldi (Jerry Doyle), le médecin Stephen Franklin (Richard Biggs) et la télépathe Talia Winters (Andrea Thompson). Au sein du conseil principal nous retrouvons l’ambassadrice minbari Delenn (Mira Furlan), l’ambassadeur centauri Lando Molari (Peter Jurasik), l’ambassadeur des Narns G’Kar (Andreas Katsulas), et l’énigmatique Kosh, ambassadeur d’un peuple mystérieux, les Vorlons. Autour d’eux gravitent aussi les représentants des Mondes Non-Alignés. Dit ainsi, cela peut paraître dense, et c’est le cas. Babylon 5, bien plus qu’une série de science fiction, est souvent considérée comme une excellente série politique. Car vous vous doutez bien que tous ces peuples ne cohabitent pas en paix, loin de là. D’ailleurs, dans le générique de la saison 1, Sinclair nous dit bien que la station représente le dernier espoir de paix. Paix qui sera forcément vite mise à mal et brisée.

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J. Michael Straczyski nous relate une histoire qui se déroule sur 5 ans, 5 ans qui vont bouleverser l’équilibre même de toute la galaxie. Véritable quête de longue haleine, Babylon 5 est une série qui a la chance de prendre son temps. Son plus gros défaut et en même temps sa plus grande qualité est de se permettre d’avoir une saison complète qui sert d’introduction. Avec des épisodes plus ou moins en stand-alone, on peut penser au visionnage de la saison 1 que nous avons affaire à une série de SF commune. Mais dès le début de la saison 2 le rythme s’accélère et les épisodes deviennent plus feuilletonnants. Nous comprenons alors que chaque information qui a été donnée ou même suggérée, à l’image du fusil de Tchekhov, est une pierre qui sert la narration. D’ailleurs c’est clairement le genre de série à voir une deuxième fois pour comprendre l’ampleur de l’histoire, car dès le pilote, toute la série est déjà prévue jusqu’à son final. Et si l’auteur (Straczyski a écrit seul quasiment tous les épisodes) a dû parfois faire face à des imprévus comme des départs d’acteurs ou le risque d’annulation à la fin de la quatrième saison, il a toujours su reconstruire son récit sans incohérence, et sans que cela ne se voit à l’écran. L’un des plus grands bouleversement de la ligne narrative étant l’éviction de l’acteur principal. Il faut savoir qu’au terme de la première saison, la production a demandé à avoir un héros plus jeune. C’est ainsi que le fringant Bruce Boxleitner pris la place du sage Michael O'Hare. Et si après avoir passé une saison à s’attacher au personnage de Sinclair, il est déconcertant de le voir remplacer par Sheridan, au final Straczyski arrive à donner un sens incroyable à cet événement. Mais je ne peux pas trop en dire, Babylon 5 étant un roman télévisuel, il serait vraiment criminel de spoiler son intrigue.

Instant de grâce :


Au-delà des grands enjeux politiques, les personnages au coeur de la trame ne sont pas effacés au bénéfice de l’Histoire, avec un H majuscule. Chacun est parfaitement exploité, avec son passé, son futur, ses qualités et ses faiblesses. Surtout les faiblesses, car aucun manichéisme n’est permis, même chez un personnage comme Sheridan, qui pourrait au premier abord passer pour un chevalier blanc, ou bien Lando Molari, que l’on apprend à aimer malgré ses décisions plus que discutables. Au fil des saisons, nous nous attachons à ces êtres qui luttent contre eux-même mais aussi au coeur d’événements plus grands qu’eux.

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B5 est une épique, l’auteur disant clairement s’être inspiré du Seigneur des Anneaux, cohérente d’un bout à l’autre, bouleversante, très intelligente et parfois extrêmement drôle. Chaque saison se découpe comme un chapitre, chacune avec son propre titre et sa propre ambiance. Signs and portents (Symboles et présages) est donc l’introduction de l’histoire, mettant un à un les rouages en place. The Coming of Shadows (La Venue des Ombres) nous narre les prémices de la Guerre des Ombres. Points of no Returns (Point de non Retour) est la saison paroxystique autour du conflit galactique en cours. No Surrender, No Retraits (Ni Reddition, Ni Retraite) conclut la guerre. Et enfin The Wheel of Fire (La Spirale Infernale) s’attarde sur les conséquences de la saison 4, avant de conclure le show magistralement.
En plus des cinqs saisons et du pilote, il existe 5 téléfilms qui complètent l’univers dense de la série, comme par exemple In The Beginning qui sert de préquel et nous raconte la fameuse guerre Terre-Minbari.

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Vous comprendrez à la lecture de cette chronique que se lancer dans Babylon 5 est une aventure certes, mais vu la qualité de l’histoire, du traitement profond des personnages, du très bon jeu des acteurs, des maquillages extrêmement soignées, de son humour qui arrive toujours au bon moment, c’est une expérience qui en vaut largement la peine.
Véritable pépite des séries SF, bien trop souvent oubliée voire méconnue, B5 est un chef-d’oeuvre dont Joe Michael Straczynski a dit “Je sais que Babylon 5 sera mon épitaphe, que c’est pour ce travail que l’on se souviendra de moi. Et cela me va très bien.”
Et quoi qu’il en soit, si vous connaissez la série, ou si vous souhaitez vous y mettre, n’oubliez jamais le mantra de la station : “Ivanova is God”.

[B5’s Mantra :
]

Et vous, connaissiez-vous Babylon 5 ?

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