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Rétro SerieAddict N.26 : Seinfeld, le nouvel âge d’or des sitcoms

Rétro SerieAddict N.26 : Seinfeld, le nouvel âge d’or des sitcoms 1989 - NBC

Tous les jeudis revenons sur une série qui a marqué l’histoire de la télé ou nos mémoires. Aujourd'hui : Seinfeld.

Seinfeld est un monument parmi les séries américaines, succès surprise de NBC, fer de lance du nouvel essor des sitcoms dans les années 90, nouveau mètre étalon de la comédie à la télé, nous allons découvrir ensemble pourquoi aujourd’hui encore ce show est considéré comme l’un des meilleurs toutes époques confondues.



Après avoir acquis une certaine notoriété pour ses stand-up, NBC contacta Jerry Seinfeld pour créer une sitcom, mais le projet ne pu aboutir qu’à la suite de sa rencontre avec Larry David, un autre acteur de stand-up. A eux deux, sans le savoir, ils allaient créer un nouveau mouvement parti d’une idée toute simple : “a show about nothing” (une série à propos de rien). La série, sobrement appelé Seinfeld, arrive sur la chaîne en 1989. Et durant 9 saisons nous allons suivre la vie de quatre new-yorkais au travers des choses insignifiantes du quotidien transformant cela en exercice loufoque et amoral.
En tête d’affiche nous trouvons Jerry Seinfeld dans son propre rôle. Son personnage utilise les événements de sa vie pour trouver l’inspiration de ses sketchs de stand-up. Sous une apparente normalité Jerry est un personnage profondément immature et égocentrique, fuyant pour la moindre futilité le risque de s’engager avec une femme. A ses côtés nous trouvons son ami d’enfance, George Costanza (Jason Alexander), un personnage calqué sur Larry David lui-même. C’est un être détestable, névrosé, paranoïaque, lâche, égoïste, prêt à bousculer des personnes âgées et des enfants pour fuir un incendie. Ensuite il y a Elaine Benes (Julia Louis-Dreyfus) qui a toujours le chic d’attirer à elle les hommes qu’il ne faut pas. Et pour finir il y a Kramer (Michael Richards), le voisin complètement allumé de Jerry avec sa coiffure improbable, qui dit tout haut ce qu’il pense et qui finit toujours par se casser la figure.
Ce ne sont pas des personnages attachants. Ils ne pensent qu’à eux, ils sont superficiels et nous renvoient à ce qu’il y a de pire en nous. Mais la série séduit grâce à son intelligence et ses dialogues parfaitement ciselés qui s’enchaînent avec rapidité et aisance. L’autre point fort du show reste son d’audace, comme oser faire un épisode entier qui traite de la masturbation sans jamais prononcer le mot à l’écran.

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Étonnamment lorsque NBC commande la série, elle ne croit pas au succès public de cette dernière. Elle souhaite miser sur ce qu’on appelle un programme de prestige à audience limitée, le genre de programme sophistiqué qui récolte de bonnes critiques et des prix, afin de promouvoir l’image de la chaîne.
Le lancement de la série va dans ce sens, le pilote est diffusé durant l’été 1989 et les quatres épisodes suivants lors de l’été 1990. Il faut attendre janvier 1991 pour avoir une deuxième saison composée seulement de 12 épisodes. Mais encouragée par le bon accueil de la comédie, NBC décide de lancer une troisième saison complète à la rentrée de la même année, reprenant dans la grille des programmes la place de Cheers, une sitcom adulte extrêmement réputée. La machine Seinfeld est alors lancée, et cette dernière remporte non seulement un excellent succès critique, mais figure parmi les meilleures audiences de la chaîne durant les années suivantes, au coude à coude avec E.R.

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Seinfeld apportait un vent de fraîcheur et de nouveauté sur les grands networks. Exit les histoires de familles classiques, les enfants et la vie de couple, elle osait un humour juif new-yorkais, noir, cynique qui ne s’encombre pas d’une quelconque message. Larry David expliqua plus tard que leur crédo était “No learning, no hugging” (Pas de leçon, pas de câlin). La série est juste une succession de situations gênantes, hilarantes qui partent toutes de choses terriblement banales (attendre dans une file, garer sa voiture, etc). À aucun moment on ne vient suggérer une morale à tout cela, non, ici point de salut et le final de la série nous le fera bien comprendre. Final qui est d’ailleurs entré dans l’histoire faisant partie du top quatre des fins de séries les plus vues de tous les temps (plus de 70 millions de spectateurs !).

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Seinfeld et David à eux deux ont donné l’impulsion qui a dépoussiéré le genre de la sitcom. Grâce à cette porte ouverte, NBC peut lancer en 1993 le projet de Paul Reiser Mad about you et un an plus tard ce fut au tour de Friends de débarquer.
Arriva alors une énorme vague de comédies de situation, de la meilleure à la plus insipide, toutes taillées sur le même modèle, utilisant les mêmes histoires jusqu’à la lie. Elles vont alors noyer les grilles des programmes jusqu’à saturation et surtout jusqu’à l’arrivée de la télé réalité. Il faudra attendre le début des années 2000 pour retrouver enfin des comédies percutantes et qui osent enfin reprendre le chemin de l’audace et de la nouveauté. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que dès 1999 nous retrouvons Larry David sur HBO qui, jusqu’en 2011, va nous enchanter avec son Curb Your Enthusiasm, digne héritier de Seinfeld.

Et vous, que pensez-vous de la réussite de Seinfeld ?

3 Commentaires

  • TedMosby
    Le 30/03/2017 à 23h32

    C'est la meilleure Sitcom encore à ce jour, je ne me lasse pas de la voir et la revoir, je n'ai pas encore vu autant d'intelligence et d'ingéniosité dans les situations et l'humour ailleurs que dans Seinfeld.

  • TedMosby
    Le 30/03/2017 à 23h35

    A voir absolument en version originale, les doublages français sont catastrophiques et vous ferais passer à côté d'un bijou ;)

  • dune
    Le 31/03/2017 à 09h11

    Pour ma part j'étais accro, je n'ai loupé aucun des 181 épisodes de cette incroyable série.
    Et mon personnage préféré est Cosmo Kramer avec ses entrées mémorables dans l'appartement de Jerry.

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