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Rétro SerieAddict N.31 : Batman, la perle pop-art

Rétro SerieAddict N.31 : Batman, la perle pop-art ABC - 2017

Tous les jeudis revenons sur une série qui a marqué l’histoire de la télé ou nos mémoires. Aujourd'hui : Batman.

Une fois encore notre chronique hebdomadaire va être dictée par une triste actualité, la disparition d’Adam West. L’occasion pour nous de revenir sur le show phare de sa carrière, une véritable perle du pop-art à la télévision, à savoir Batman.
Na na na na na na na na na na na na na na na na...



Milieu des années 60, Etats-Unis, les soirées télévisées sont déjà envahies de séries. On essaye d’attirer le public le plus large possible sur son network. Et quoi de mieux que les super-héros de comics pour rassembler la famille ? Le choix de ABC se porte alors sur Batman et demande à William Dozier une série amusante et divertissante. Il va aller bien plus loin en proposant à la chaîne un projet totalement burlesque, avec un humour très second degrés et à l’iconographie pop-art très marquée.
ABC est d’abord réticente sur ce pilote d’une heure qui coûte cher en décors et effets spéciaux. Seconde réticence de la chaîne, ils n’ont plus de créneau d’une heure sur la grille des programmes, il n’en reste que deux de trente minutes. Mais plutôt que de perdre l’argent ainsi engagé ils tentent le tout pour le tout. La série sera bien programmée, mais coupée en deux, la première partie de l’épisode le mercredi soir et sa suite le lendemain.

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Le show raconte les aventures de Bruce Wayne (Adam West) et de son pupille Dick Grayson (Burt Ward) qui combattent des super-vilains sous leur identité secrète de Batman et Robin. Et si le scénario d’un épisode tient sur un post-it ce n’est pas un problème, car le plaisir du spectateur vient d’ailleurs. Batman est une série totalement loufoque et qui s’assume à 200%. Les acteurs surjouent atrocement, les situations sont parodiques au possible. Chaque vilain, inspiré directement du comic, est interprété par une célébrité du Hollywood des années 60. Ils endossent leur rôle avec jouissance et cabotinent comme jamais. Par exemple l’acteur Cesar Romero incarne un Joker survolté et jouissif.

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La production n’est pas en reste. Costumes bariolés, abus de filtres de couleurs, angles de caméra improbables, les créateurs s’amusent comme des petits fous. Les combats font aussi partie de la signature de la série. Si vous avez déjà eu l’occasion de voir un épisode ou des extraits, on peut noter les bruits de coups amplifiés, accompagnés en rythme par la musique. Sans compter les fameux onomatopées (à base de "POW et autre "BAM") du plus bel effet qui s’affichent à l’écran, en surimpression pendant la première saison, puis sur des écrans à part afin de limiter les coûts. Batman a la particularité d'être kitsch dès sa sortie. Par conséquence, quand on regarde un épisode aujourd'hui, le plaisir est toujours là, à condition d'aimer le burlesque et la bouffonnerie.

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Le mode de diffusion d’un épisode sur deux jours va avoir aussi un gros impact sur la narration et sur la marque de fabrique de la série. Chaque mercredi soir nous allons laisser nos héros dans une situation périlleuse, bien souvent dans un piège mortel tendu par le vilain de la semaine. William Dozier lui-même conclut l’épisode avec une série de questions pleines d’humour sur l’avenir des protagonistes avant d’inviter le spectateur à les retrouver dès le lendemain, même bat-heure, même bat-chaîne. Malheureusement ce cliffhanger a dû être abandonné en troisième saison. La série coûte cher à produire, les audiences baissent, il n’y a plus qu’un seul créneau de 30 minutes de disponible sur la grille de ABC, alors les auteurs tendent à faire plus d’épisodes stand-alone. On essaye aussi d’injecter du sang neuf avec un personnage féminin, Batgirl, qui n’est autre que la fille du commissaire Gordon, Barbara.

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Ces efforts n'empêchent pas l’annulation du show en 1968. Pourtant le potentiel étant là, CBS est sur les rangs pour racheter la série. Mais en apprenant que la maison de production, la 20th Century Fox, avait déjà détruit le décor dispendieux de la Batcave, le projet tomba à l’eau.
Mais Batman va acquérir au fil du temps cet étrange statut de série culte, devenant une véritable icône de la culture pop. Si des séries animées firent suite, Adam West, lui, accepta de bon coeur de rester à jamais attaché à l’homme chauve-souris multipliant les caméos ici et là.

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Et pour vous, ça vous inspira quoi la série Batman de 1966 ?

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